MANCE OBTIENT U.NE
bamt-Joseph, déjà agréées par M. Olier, se sentit encou- fondation pour ses ragée à leur procurer une fondation après ce miracle. Il hcspitalières.
(2) Hiftoire du Montrerai.
3lO II'' PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COMP. DE MONTRÉAL.
lit une grande sensation dans Paris; chacun en parlait avec admiration, désirait voir mademoiselle Mance pour en savoir les détails; & il y avait empressement parmi les dames à qui la posséderait quelques heures. L'eftime qu'on faisait d'elle lui était un grand sujet d'humilia- « tion, n'ayant, disait-elle, contribué de ma part à cette
(i) Annales Je iHô- « merveille que par ma misère & mon infirmité (i). » ptMÏsœïrMoHn.^' Madame de Bullion, qui en fut inftruite des premières, ne douta pas que Dieu n'eût opéré ce prodige pour procurer l'établissement des Filles de Saint-Joseph à Villemarie, & remit à mademoiselle Mance vingt-deux mille livres, dont vingt mille devaient être placées pour produire une rente annuelle de mille livres, deftinées à l'entretien de quatre sœurs. En outre, elle voulut payer tous les frais de voyage de mademoiselle Mance, lui fit quantité de présents, lui donna des ornements d'église & des bijoux pour qu'ils servissent au culte divin; enfin, diverses sommes pour les
{2)ibi.i. familles les moins aisées de 'Villemarie (2). Comme nous
n'aurons plus l'occasion de parler de cette généreuse bienfaitrice, nous dirons ici qu'elle fournit en tout, pour la Colonie de 'Vi:llemarie, soixante mille écus, somme qui représenterait aujourd'hui plus d'un million de notre monnaie; & qu'enfin madame de Bullion, Angélique Faure de Berlèze, si libérale envers les étrangers, était cependant mère de cinq enfants, quatre fils & une fille, ce qui eft le plus digne éloge qu'on puisse faire de son inépuisable charité (*).
LA soLu. BouRGEovs Pcudant que mademoiscUe Mancc faisait tous ks prc"
c.E TROIS coM- paratifs nécessaires pour amener avec elle des Sœurs de
Saint- Joseph à Villemarie, la Sœur Bourgeoys, de son côté,
PAGNES PCUR L AIDER A VXLEiVASIE
(*) L'un de ses fils, Pierre de Bullion, abbé de Saint- Pharan,
(3) Recueil d'épita- ^j gj^ ^,^^^ ^j ^^-^^^^ ^^^^^^ mourut, cette année lôSg, le 3o de
Phes; manuscrit de la j^Q^g^^^re, en réputation de vertu, & fut inhumé dans l'église des
sènarrîx 'art.' Buî'- Carmélites de la rue Saint-Jacques, à Paris, où ces Religieuses lui
lion. ' ■ ' ■ firent élever un tombeau, avec une épitaphe à sa louange (3).
LA SŒUR BOURGEOYS EN FRANCE. l65g. 3ll
réunissait à Troyes de zélées 8c ferventes compagnes destinées à former le noyau de son Inftitut. A son arrivée dans cette ville, elle alla se loger chez les Religieuses de la Congrégation, leur disant qu'elle se proposait d'emmener à Villemarie trois filles d'une assez forte santé pour Taider dans ses pénibles emplois. « Les trois filles qui s'offrirent, rapporte-t-elle elle-même, furent ma Sœur Aimé Cha- « tel (*), ma Sœur Catherine Crolo, & ma sœur Marie « Raisin, qui espérait obtenir le consentement de son « père, alors à Paris; car je n'en voulais emmener aucune « que du consentement de ses parents. J'ai admiré comme « M. Chatel, qui était notaire, m'a confié sa fille qu'il « aimait beaucoup. M'ayant demandé comment nous vi- « vrions à 'Villemarie, je lui montrai le contrat qui me « mettait en possession de l'étable; & ne voyant rien ic pour subsifler : — Eh bien ! me dit-il, voilà pour loger ; « mais pour le refte ? de quoi vivrez-vous ? — Je lui dis « que nous travaillerions pour gagner notre vie; & que je « leur promettais à toutes du pain & du potage; ce qui lui « tira les larmes des yeux 8c le fit pleurer. Il aimait beau- « coup sa fille; mais il ne voulait pas s'opposer au dessein Il de Dieu sur elle. Il prend conseil de l'évéque de Troyes, « car il était bon serviteur de Dieu ; & sur la réponse « affirmative du prélat, il accède au désir de sa fille. On « passa en son étude le contrat d'engagement, ainsi que Il celui de ma Sœur Crolo, qui avait eu le désir de venir « avec moi dès mon premier voyage; &, par ces contrats, « elles s'engagèrent pour demeurer ensemble & faire l'é- « cole à Villemarie. Ensuite M. Chatel voulut accommo- II der un coffre pour les hardes de sa fille, & une cassette Il pour son linge ; de plus, il fit coudre, proche la baleine
(*) La Sœur Bourgeoys écrit Aimé Chatel^ d'après la prononciation usuelle de ces noms; mais la compagne dont elle parle ici s'appelait Edmée Chastel, comme il parait par un acle du 3 avril i66r, que celle-ci a signé de sa main, & qu'on voit encore au greffe de Villemarie, parmi les minutes de Basset.
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(i) Ecrits autographes de la Sœur Bour-
geo3's,