‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 235 sur 428 · PP. JÉSUITES POUR ÊTRE ÉVÊQ.UE DU CA · texte numérisé non relu

PP. JÉSUITES POUR ÊTRE ÉVÊQ.UE DU CA

L'hiftoire des négociations qui amenèrent l'envoi m. de laval présenté d'un évêque en Canada n'a encore été écrite par personne; & quoique nous n'eussions pas eu d'abord le dessein de la rapporter en détail, nous croyons devoir nada l'exposer ici pour redifier ce qu'on a avancé d'inexad ou de faux sur cette matière (*). Comme il était à désirer.

(*) M. Bertrand de Latour, dans ses Mémoires sur M. de Laval, a parlé de ce point d'hiftoire. Mais cet écrivain, qu'on a accusé d'avoir ,^\ Biographies de abusé de sa facilité dans ses autres ouvrages (i), semble avoir traité Michaud/article Lacette matière en se jouant, par l'étrange liberté avec laquelle il donne tour.

ainsi qu'on Ta déjà dit, que le futur évêque fût agréable

aux révérends Pères Jésuites, seuls chargés de toutes les

missions du Canada, la Reine voulut d'abord qu'on

choisît Tun des anciens missionnaires, & Ton jeta, dit-on,

(i) Hiftoire de la les jcux sur le P. Paul le Jeune, retiré alors à Paris (i).

Nouvene-France^^par jyj^j^ j^^ Jésuitcs ayant représenté que leur Institut ne

liv. VIII, p. 339. ' leur permettait pas d'accepter TÉpiscopat, ils proposèrent

un très-vertueux prêtre, M. de Laval, déjà nommé dans

cette hiftoire. François de Laval de Montigny, alors âgé

(2)informationspour de trciite-cinq ans, licencié en droit canon (2), & issu de

■ ^ .f^j ' \^V l'une des nombreuses branches de Tilluffre maison de

manuscrit du séminaire de Québec. Montmorency, avait déjà été élu évêque, en i65i, pour

être envoyé, avec MM. Piquet & Pallu, dans le Tonquin & (3)GaiiiaChriftiana, la Cochinchine (3), & se disposait même à la consécration îcs ' '"■ °''°' '^°'" épiscopale, lorsque son dessein rencontra des obftacles auxquels il fut contraint de céder. Loin d'être refroidi par ce contre-temps, il témoigna dès lors le désir d'aller travailler au salut des peuples de la Nouvelle-France avec les . Pères Jésuites, ses anciens maîtres, précisément parce que, dans ce pays, il aurait à endurer de plus rudes privations. Sans faire partie de la Compagnie de Jésus, il lui était très-cordialement attaché ; & quoique naturellement rigide & auftère, il suivait volontiers les sentiments des Religieux de cette Société. Il eft même à remarquer que, dans les lettres de Louis XIV au pape Alexandre VII pour l'érection du nouveau siège, il fut présenté par erreur comme étant lui-même Religieux & apparemment Jésuite; du moins, fut-il qualifié par les secrétaires du Roi, le P. François de Lapai. Ces lettres, écrites au commencement de l'année lôSy (*), sont reftées inédites jusqu'à ce jour;

à ses lefleurs, comme autant de faits hiftoriques, ses propres conjectures, au lieu de recourir aux monuments contemporains, où toute cette hiftoire eft rapportée.

(*) Aux Archives du ministère des affaires étrangères, à Paris, dans les volumes relatifs à la correspondance avec la cour de Rome, on trouve deux copies de ces lettres, avec de légères variantes entre

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