LAVAL POUR LÉVËCHÉ DU
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nous les rapporterons ici comme un monument précieux de rhiftoire de l'Amérique du Nord, puisqu'elles ont donné occasion à Téreclion du premier Siège épiscopal dans cette partie du Nouveau-Monde.
« Très-Saint Père,
(( Ceux qui, sous la proteclion de cette couronne, ont louis xiv nomme au entrepris de porter la Foi dans les pays septentrionaux de TAmérique, ont si heureusement réussi dans leur canada. pieux dessein, par le secours de la divine Bonté, que, pour y mettre la dernière main, ils ont cru être obligés de demander qu'il fût établi , dans ces pays , un Siège épiscopal & un évéque, afin que les âmes converties à la Foi pussent recevoir^ les sacrements conférés par ceux qui sont honorés de ce caractère. Sur quoi ils ont eu recours à nous pour solliciter, auprès de Votre Sainteté, cet établissement, qu'ils jugent absolument nécessaire ; &, nous ayant fait comprendre les avantages qui en reviendront à notre sainte religion, nous supplions Votre Sainteté de vouloir donner, par ce moyen, la dernière perfection à cette Église naissante. Et, d'autant
elles. Comme ces copies ne portaient point de date, les employés, charge's, longtemps après, de réunir en volumes les papiers du ministère, ont placé, par erreur, l'une de ces copies dans les trois derniers
mois de l'année 1644 (i), sans doute parce qu'il y ell fait mention (i) Archives étran-
de M. Bagny, qui, en effet, était alors nonce en France, & cette cir- gères, Rome 1644.
conrtance aura déterminé quelque ignorant à ajouter après coup, Trois derniers mois, sur cette pièce, la date de 1644, qu'on y voit encore écrite d'une
main toute différente de celle qui a peint le corps de la lettre. L'autre (2) Ibid., Rome
copie, par une méprise semblable, a été placée dans les pièces de i658. Supple'ment,
l'année 1668 (2), sans doute parce que, cette dernière année. Clé- voh iqS, p. 122.
ment IX avait fait dresser un projet de bulle d'éreftiondu Siège futur „^^' Z*"^'!-, ' '^''
de Québec (3), qui, pourtant, ne fut pas alors établi. Mais la date , «i, '. d-.
, . , , , ^ , ' ' , , ^ ' , ,, , -- ■ (4) Musée Britanni-
ventable de ces lettres elt le commencement de lannee iboj, puis- ^ Londres, vol.
qu'on voit, par la correspondance de M. Gueffier, conseiller d'Etat, ,5,1. Biblioth. Har-
résidant à Rome pour le roi de France, qu'on les avait déjà reçues loiane, collection Sé-
dans cette ville le 26 février de la même année (4). S"'^"") LXIV, p. 4?.
3l6 II*" PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COMP. DE MONTRÉAL.
que la conduite doit en être confiée à une personne de piété & de savoir, zélée pour TÉglise de Dieu, nous avons cru devoir supplier Votre Sainteté d'y engager le P. François de Laval de Montigny, dont les vertus l'ont rendu si recommandable, qu'il a été sollicité de plusieurs endroits d'aller travailler à la vigne du Seigneur. Il a paru toujours tellement disposé à y consacrer ses services, que, si Dieu n'eût voulu le réserver pour la Nouvelle-France, il fût parti pour le Tonkin : ses informations ayant été approuvées par le sieur Bagny, alors nonce de Votre Sainteté vers nous, & ensuite envoyées en cour de Rome pour vous être présentées. Mais, après avoir demandé qu'il fût fait des prières, afin qu'il plût a la divine Majesté de l'éclairer, il était prêt d'embrasser & de suivre cette carrière, lorsqu'il en fut empêché, sans y avoir contribué de sa part. Il avouait cependant qu'il se sentait porté, par des mouvements secrets, d'aller plutôt en un pays sauvage & rigoureux, comme la Nouvelle-France, où l'on ne trouve que difficilement les choses nécessaires à la vie, que dans un autre plus commode & plus civilisé, tel que lui parut celui qu'on lui avait proposé alors. Nous eussions pu présenter à Votre Sainteté d'autres personnes capables d'avancer cette bonne œuvre, si nous n'avions jugé celle dudit de Laval leur devoir être préférée, par les témoignages que nous ont rendus de sa piété insigne des personnes très-éclairées; en sorte que notre connaissance étant fortifiée de la leur, nous pouvons dire qu'il serait difficile de commettre à un sujet plus digne le soin d'un si vafie pays.
louis xiv prie le tape d'Ériger un siège épiscopal en ca- NADA.
« Les Rois nos prédécesseurs, ayant tant aidé à faire recevoir la religion chrétienne dans le Canada, soumis à la monarchie Française, comme leurs prédécesseurs l'avaient fait en plusieurs autres contrées du monde, nous sommes obligé, Très-Saint Père, de les imiter, & même de faire fonder une Église dans la Nouvelle-France,
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ainsi que plusieurs Églises Font été dans TAUemagne, par le soin qu'en prit Charles le Grand. Votre Sainteté voudra donc bien se servir de ce bon prêtre pour fonder cet établissement, puisqu'EUe n'a pas moins de zèle pour la gloire de Dieu que n'en ont toujours eu ses prédécesseurs, dont le soin & le travail ont appelé à la connaissance de Dieu des nations entières, & leur ont fait recevoir agréablement le joug de l'Évangile; & ainsi, comme tant d'âmes furent redevables de leur salut à vos prédécesseurs, celles de ce Nouveau-Monde devront à Votre Sainteté le même avantage. En retour, elles obtiendront de l'infinie miséricorde de Dieu non-seulement la durée de vos jours pour le bien de TÉglise, mais aussi, après que vous l'aurez longuement adminiftrée, la récompense
J ,. J 1 J /- 1 • I (i) Archives du mi
de vos travaux dans le royaume de Celui, par le moyen niiiiie des affaires duquel vous aurez travaillé. Nous joindrons, Très-Saint étrangères. Rome
T^ , ., , f. . ,, . , 1644. Trois derniers
Père nos prières aux leurs, afin qu elles soient exaucées „^oh. — ibid.,Rome, & que toute la chrétienté soit consolée (i). » '668. supplément,
vol. ig5, p. 122.
Quoique une demande si utile à la religion dût être ^.^^ ^„ Zi ^ov^ le favorablement accueillie à Rome, le Roi, qui en désirait succès de cette afvivement le succès, adressa les lettres que nous venons de ''■"'"^' rapporter au cardinal Bichi, son ambassadeur près du Saint-Siège, avec ordre de lès présenter lui-même au Souverain-Pontife, & d'appuyer la demande autant qu'il serait en son pouvoir. 11 fit plus encore : il écrivit dans le même sens d'autres lettres aux cardintiux Colonne, Aquaviva, Brancaccio, Ludovisio, Carpegna, Ginetti, qui tous reçurent avec beaucoup de joie l'honneur que ce prince leur faisait, de réclamer ainsi leur médiation auprès du Souverain-Pontife. Le cardinal Ginetti, en particulier, (2) Musée Bntann-.-
. .... que à Londres, coUec-
baisa respectueusement la lettre qui lui était adressée & la tion séguier, volume porta à sa tête avant de la lire. Le Roi écrivit aussi à son 4541- BiWioth. Hari. résident à Rome, M. Guetfier, Conseiller d'État, lui en- m* ouetiier^ résident joignant de faire toute sorte d'inftancespour obtenir l'érec- à Rome pour le Roi
^- j r ,.. o- ' - ■ 1 / \ T-' jz • A. àe France, du 26 fév.
tion du futur Siège episcopal (2). Enfin ce prince, ayant ^^5 fo, ^3^ j^j ^i„ appris que le cardinal Bichi, son ambassadeur, était alité 5 mars 1657, foi. 47.
3l8 II" PARTIE. LES CENTASSOC. ET LA COMP. DE MONTRÉAL.
(i) Musée Britannique à Londres. Colleélion Séguier, vol.
4541. Biblioth. Harl., LXIV. B. Lettre du iS mars lôSy. fol. 55.
Let. du I g mars 1657, fol. 57.