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diction qu on avait exercée en Canada depuis vingt-cinq ans, & celle qu'on y exerçait encore alors au nom de l'archevêque de cette ville ; & ceci confirme ce que nous avons dit plus haut, savoir : que les Souverains Pontifes, informés tant de,fois de l'exercice de cette juridicfion, l'avaient
33o U" PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COMP. DE MONTRÉAL.
I ) Archives de l'archevêché de Québec, registre &, page 129.
A aie pour valider les professions des Religieux qui avaient fait des vœux ci - devant (du 2 mai 1661).
(2j Archives du miniftcre des affaires ctrangères,Rome,i37, 3 mars iCSg, Rome, :33, iodée. iG58.
RÉFLEXIONS SUR LES PRÉTENTIONS DE l'a R- CHEVÊOUE.
ratifiée tacitement pour le bien des tîmes, quoique les archevêques, qui se 1 étaient attribuée à eux-mêmes, n'en eussent jamais eu aucun titre rcel(i). Toutefois cette clause donna lieu à de nouveaux -troubles, qui agitèrent un instant le Canada ; car Farchevêque de Rouen, s'autorisant de là pour regarder le Canada comme faisant partie de son diocèse, en prit occasion de demander que sa jurididion y fût maintenue, sans préjudice de celle du vicaire apostolique; &, le 3 du mois de mars lôSg, il écrivit la lettre suivante au cardinal Mazarin : « M. Tévêque de Pétrée a une commission de Vicaire apoftolique pour le Canada; j'en suis l'Ordinaire : ma possession efi: confiante. J'en ferai voir, quand il vous plaira, mes titres à Votre Éminence : j'en ai rassemblé tous les acles, & je viens de recevoir des lettres de ce pays, par lesquelles j'apprends que les règlements que j'avais faits entre l'abbé de Queylus, qui eft mon grand vicaire dans l'île de Montréal, & le supérieur des Jésuites, qui a la même fonction, par mon autorité, dans Québec, ont été ponduellement exécutés. Cependant j'apprends que M. le chancelier a ordre d'expédier des lettres patentes à M. de Pétrée sur sa commission. Je ne veux ni ne puis l'empêcher; mais Votre Éminence doit considérer que, comme les facultés des légats n'empêchent pas celles des Ordinaires dans les royaumes où ils exercent leur pouvoir, ainsi la qualité de vicaire apoftolique ne doit pas empêcher celle d'Ordinaire dans le royaume de Canada ; de sorte que, pour raccommoder cette affaire, il faudrait que, dans les lettres patentes, il fût dit que M. l'évêque de Pétrée exercera librement sa fondion de Vicaire apoftolique danstoute laNouvelle-France, & qu'il prendra un vicariat de l'archevêque de Rouen pour y faire les fondions d'Ordinaire, jusqu'à ce qu'il plaise à Sa Sainteté de créer en ce pays un évèque titulaire, qui sera fait sulîragant de l'archevêque deu Rouen 1^2).»
Cette prétention de l'archevêque , en proposant de
M. DE LAVAL VICAIRE APOSTOLIQUE. l65c). 33 1
donner des pouvoirs ordinaires au Vicaire envoyé en Canada par le Pape, aurait été une véritable insulte faite au Saint-Siège, si la qualité de Vicaire apollolique eût été connue alors comme elle ïeû aujourd'hui. Mais, dans l'ignorance où l'on était encore en France touchant celte commission, on ne peut pas faire un crime à l'archevêque de Rouen d'avoir exprimé ce désir , afin de réunir par là, disait-il, tous les pouvoirs dans l'évêque de Pétrée. La comparaison qu'il faisait entre la commission de Vicaire apoftolique & celle d'un Légat à latere montre, en effet, qu'il ne comprenait pas la nature de la première. Le Légat à /a/ereefl envoyé, non pour gouverner le troupeau du diocèse, mais pour terminer des affaires majeures ou faire des règlements au nom du Souverain Pontife; aussi la juridiflion de l'Ordinaire persévère-t-elle toujours la piême tout le temps de la légation, à moins que le Pape n'en eût ordonné autrement pour quelque raison spéciale. Mais le Vicaire apoffolique, envoyé dans un pays nouveau, y eft établi pour exercer, au nom du Pape, les fondions de pafteur des âmes; & l'exercice de ce pouvoir apollolique eft incompatible avec un autre pouvoir qui serait indépendant du premier & aurait pourtant le même objet. C'eft ce qu'on ne comprit pas alors; & quoique l'arche êque se fût bientôt relâché de la prétention de donner au Vicaire apoftolique des lettres de grand vicaire, & que, de son côté, la Cour fût remplie des meilleures intentions, il fut cependant déclaré, dans les lettres patentes données le 27 mars de cette année i65g, que le Vicaire apoftolique ferait les fonctions épiscopales dans la Nouvelle-France, dti consentement irrévocable de l'Ordinaire & sans préjudice des droits de la juridiction de ce dernier. Ces lettres, données au nom du Roi, expriment des motifs trop honorables à la piété d'Anne d'Autriche, sa mère, pour ne pas les rapporter ici; elles sont d'ailleurs un monument inédit 6c fidèle de toute cette affaire, si peu connue jusqu'à ce jour. xvii.
LETTRtS PATENTES. Fl.N DE LA PU1S;A.NCE DE?
Les grâces & les bénédidions infinies que Dieu princes.
(( verse continuellement sur notre personne & sur notre « État, dit le jeune monarque, nous obligent, sur tous les « Souverains de la terre, de prendre un soin particulier (( d'employer pour l'avancement de sa gloire & de son i( honneur la puissance qu'il nous a donnée. C'eft pour- Il quoi, désirant rendre à Sa Majefté divine une partie des Il reconnaissances que nous lui devons pour tant de fa- II veurs, nous avons eltimé que nous ne pouvions mieux Il nous acquitter de ce devoir qu'en soutenant les intérêts (I de la religion, & en étendant même nos soins sur les Il nations barbares & infidèles, pour coopérer à ce qu'elles 'I soient appelées à la connaissance de son nom & dans Il le sein de son Église : sachant d'ailleurs que Dieu n'élève Il les Rois sur la terre, pour le gouvernement des peuples. Il que dans le dessein d'en faire les inrtruments de sa Pro- II vidence, en se servant de leur zèle & de leur autorisé Il pour établir son empire & étendre le culte de la Jvraie Il religion.. C'efl; à quoi nous sommes encore excité par les Il exemples de piété que nous a laissés le feu Roi, notre Il très-honoré seigneur & père, & par les inftrudions que Il nous a données, dès notre enfance, la Reine, notre très- II honorée dame <k mère , qui n'a pas eu plus de soins de (I maintenir notre autorité &la grandeur de cette couronne Il que de nous inspirer par sa vertu singulière, avec ces Il saintes maximes, le zèle du service de Dieu & la gloire Il de son Église.
RÉSUMÉ DES NÉGOCIA- TIONS POUR l'Établissement d'un évêque en canada.
« Ainsi , ayant été averti que la religion , qui commence à s'établir & à se répandre dans les provinces de Canada, ne peut être avancée ni maintenue qu'en y faisant l'érection d'un évêché, afin d'en pourvoir quelque personne d'un grand mérite, qui puisse, avec l'autorité de ce divin caratlère & par l'usage de sa juridiclion, donner la perfeclion à cet ouvrage si heureusement commencé : cette considération nous a porté à inviter notre Saint-Père le Pape à faire l'éredion d'un siège épiscopal dans ces provinces éloignées. Mais Sa Sainteté