CLAUSES DES LETTRES PATENTES
M. DE LAVAL VICAIRE APOSTOLIQUE. l65g. 333
ayant jugé que les choses nécessaires à cet établissement ne se trouvaient pas encore en ce pays, & qu'il y avait danger que, la dignité épiscopale n'étant pas honorée avec le respeift qui lui est dû, l'Église n'en reçût quelque désavantage, nous avons fait initancepour qu'il plût à Sa Sainteté de donner ordre aux nécessités de cette Église naissante, par les voies qu'Elle jugerait les meilleures. Sur quoi, nous ayant offert de nommer "Vicaire apollolique le sieur de Laval de Montigny, pourvu de Févêché de Pétrée , pour faire toutes les fondions épiscopales dans l'étendue de la Nouvelle- France, nous l'avons accepté, & ensuite les Bulles lui ont été expédiées.
« Ayant donc mis cette affaire en délibération dans notre Conseil, où était la Reine, notre très-honorée Dame &Mère, notre très-cher & très-aimé Frère le duc d'Anjou, & autres princes & seigneurs, nous avons, de notre autorité royale, déclaré & nous déclarons par ces présentes, signées de notre main, que nous voulons & qu'il nous plaît que le sieur de Laval de Montigny, évêque de Pétrée, soit reconnu par tous nos sujets, dans lesdites provinces, pour faire les fondions épiscopales, sans préjudice des droits de la jurididion ordinaire; 8c cela, en attendant l'éredion d'un évéché, dont le titulaire sera suffragant de l'archevêque de Rouen, du consentement irrévocable duquel nous avons accepté ladite minaire de Québec disposition de notre Saint-Père le Pape ; car tel eft notre ''°'' 1"'""!^.' ■**'"'"
. . ^ o: dithcultes iivant
bon plaisir. 1720. Lettres patentes
« Louis (i). » du 27 mars ifiSg.
Quelque resped qu'on professât dans ces lettres pour ces cl «-ses donnaient le Souverain Pontife, les conditions qu'on mettait à l'ac- atteinte a l'al-toceptation d'un vicaire apoftolique étaient autant d'atteintes portées aux droits incoiiteftables du Saint-Siège, comme le nonce le lit remarquer au cardinal Mazarin , en le suppliant de les supprimer. Il lui représenta que déclarer
(1) Archives du se-
RI-TE Dl' SALST-SIEGE.
suffragant de l'archevêque de Rouen révéchéqu on devait ériger dans la Nouvelle-France, c'était vouloir imposer des lois au Pape dans une matière purement ecclésiaftique, que jusqu'alors tous les rois de France & les autres princes catholiques avaient toujours reconnue dépendre entièrement du Souverain Pontife. Rajouta qu'en disant dans ces lettres que le roi acceptait le vicaire apoftolique du consentement irrévocable de l'archevêque de Rouen, on portait une atteinte très-injurieuse tant à l'autorité du Pape qu'à celle du Roi, puisqu'on supposait que le Pape ne pouvait donner une telle mission, ni le roi la demander sans la permission de cet archevêque , surtout pour un pays où celui-ci prétendait, sans fondement raisonnable, avoir acquis droit de juridiction; qu'enfin la réserve sans préjudice des droits de la jurididion ordinaire revenait à donner à cet archevêque un droit qu'il n'avait pas , un droit que le Pape seul pouvait lui donner, & duquel il lui appartenait de juger. Mais, quelque bien fondées que fussent ces représentations , le cardinal Mazarin n'y eut
(l) Musée Bnt;in- ^ , ... r j •
nique, à Londres. BU alors aucun égard, & ht même dire au chancelier de mambhothèque Hari., col- ^g^^jj. jgg lettres patentes dans leur entier ; ce que ce magis-
leclion Scsuier, vol. • i, -n ^ i j r • / \
4492, Plut. Gi D, trat était d ailleurs résolu de taire (i).
loi. 78.
x>^i- Cependant, tous les obftacles au départ de M. de Laval
M. DE LAVAL SE DLs- ^ levés, cc prélat ne songea plus qu'aux préparatifs de
POSE A PARTIR. LES ' t O T T. r T
ASSOCIÉS DE MONT- l'embarquemeut. Déjà il avait obtenu du Général des Jésuites que le P. Charles Lallemant, revenu en France, & recfeur du collège de la Flèche depuis trois ans, l'accom- (21 Lettres de Marie pagnât en Canada (2). Il désirait aussi, conformément à denncarnation,i659. ^^ qu'avait écrit M. d'Argcuson après le retour de M. de Queylus à 'Villemarie, de conduire avec lui des prêtres séculiers pour les mettre à la tête de la paroisse de Québec, afin de ne pas détourner les Jésuites de la conduite (3) Archives de la dc leurs missions ; &, de concert avec ces Religieux (3), il rM"deTrIcy duTs ^hoisit deux excellents prêtres, M. Torcapel & M. Pèlerin, novembre 1604. auxqucls se joignit M. de Lauson-Charny, qui venait d'être
ordonné prêtre. Les Associés de Montréal avaient de-