‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 248 sur 428 · SAINT -JOSEPH SOIT DIFFÉRÉ · texte numérisé non relu

SAINT -JOSEPH SOIT DIFFÉRÉ

336 n'' PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COMP. DE MONTRÉAL.

le leur, quand il en serait informé; que d'ailleurs la Compagnie de Montréal, à qui appartenait le droit de choisir des Hospitalières, s'était déjà engagée, en i656, en faveur de celles de Saint- Joseph, .& qu'elle venait de contrader tput récemment avec elles le 29 de mars. Le prélat, persiflant néanmoins à demander que leur départ fût différé à l'année suivante, les Associés pensèrent que ce délai n'était que pour ménager les moyens d'attirer à Villemarie celles de Québec. Ils lui déclarèrent donc qu'ils n'avaient jamais eu en vue que les Hospitalières de la Flèche; que c'était pour elles seulement qu'avait été faite la fondation, & le supplièrent de trouver bon qu'elles partissent cette année même, THôtel-Dieu de Villemarie étant dans un extrême besoin de secours. On dit avec raison que la divergence d'opinions entre les gens de bien efl Tune des plus sensibles peines de la vie ; & il faut convenir que les désirs persévérants dti prélat, opposés à ceux des x\ssociés, devaient leur en fournir une extrêmement vive. On peut se rappeler que, si M. de la Dauversière avait songé à établir une colonie dans l'île de Montréal, c'était pour y envoyer des Hospitalières, qu'il avait reçu ordre d'initituer; & que ce fut ce motif même qui détermina les premiers Associés à s'unir en Compagnie, pour concourir par leurs largesses à l'accomplissement de ce dessein. Le succès inespéré de Villemarie depuis dix-huit ans, & la formation si prompte de flnflitut des Sœurs de Saint-Joseph par un simple laïque sans fortune, chargé de six enfants, étaient pour les Associés des preuves manifeftes de la vérité de l'ordre que Dieu lui avait donné d'envoyer de ces filles dans Tîle de Montréal, surtout après que la guérison si étonnante de mademoiselle Mance venait de leur procurer des ressources assurées pour leur entretien. Aussi crurent-ils devoir persévérer dans leur résolution, comme nous le dirons bientôt.

XXIU.

.„„, . LeVicaireapofl:olique,avec lesprêtresdont nousavons

ARRIVEE DE M.DELA\',\L r T ' T

A QUÉBEC. parlé & le P. Lallemant, s'étant rendus à la Rochelle,

LE VICAIRE APOSTOLIQUE EN CANADA. l65g. 337

s'embarquèrent le jour de Pâques, qui tomba cette année le i3 avril. Avec eux se trouvait un neveu de M. de P>ernière, trésorier de France à Caen, chef de la Société de V Ermitage, auprès duquel M. de Laval était demeuré quatre ans dans Texercice de la vie contemplative (ij. M. de Bernière (0 Mémoire sur

... , 1-1 1 • A ,-1 1 l'Ermitai^c de Caen,

lui avait envoyé ce neveu pour qu il le suivit en Canada, y ^Q,■M, in-V. p- 28. Bireçût les saints Ordres & se consacrât ensuite au service des biiothèque impériale, âmes (2). Mais il y mourut Tannée suivante, & fut cepen- " i-oTLcurerde Marie dant remplacé par un autre neveu de M. de Bernière, qui de rincamation, lettre arriva à Québec quelques années après, avec M. Dudouyt. ^7; p- -v- Avant de s'embarquer, M. de Laval avait donné commission à un vaisseau parti de France d'annoncer à Québec sa prochaine arrivée : ce vaisseau, ayant été retardé dans sa marche plus que tous les autres navires partis à cette saison, Tévèque surprit agréablement tout le monde en abordant à Québec le 16 juin (3), sans avoir été annoncé (3jReiaiiondei65Q, par personne. Comme il n'était pas attendu alors, il n'y ^' '' eut rien de prêt pour sa réception le jour de son arrivée (4) ; ce qui fut cause apparemment qu'on différa U) Lettres de Marie

\ I j ■ j, II I • I j j n de l'Incarnation. /*/./.

jusqu au lendemain d aller le recevoir au bord du fleuve, d'où on le conduisit processionnellement à l'église paroissiale (5). Après avoir passé d'abord quelques jours chez (5) 'oumai des Jeles Pères Jésuites, il occupa un appartement dépendant ^""'^''' "^ '7)"'" de l'hôpital, où il demeura près de trois mois avec les prêtres de sa suite (6) : &, de là, alla prendre son loge- ^''^ Hiftoire de ihô-

1 , TT 1- -NT 1 • A • . tel-Dieu de duébec,

ment chez les Ursulines. « Nous lui avons prêté, écrivait paria MèreJuchereau,

« la Mère Marie de l'Incarnation, notre séminaire (qui p-'i7, H'^-

« servait aux petites filles sauvages), situé à un coin de - Lettres de Marie

« notre enclos, tout proche de la paroisse; & afin que lui de rincamation. /*/<<.,

« & nous soyons logés selon les canons, il a fait faire une ^' '■*'■

« clôture de séparation (7). » Enfin, il prit une maison à ^^^''''

,.,, 1-11 ,• ^ tit-'ÉBEC, ON EST VN

titre de simple loyer, du prix de deux cents livres par an; instajjt partagé sur & ce fut là qu'il s'établit avec les trois ecclésiaffiques &: l'ai;toi<ité du vi-

1 ■ 1-1 ■ - 1 T^ ^r, CAIRE APOSTOLIQLE.

deux serviteurs qu il avait amenés de rrance (8).

^ ' (8) Archives de la

Propagande, v. .-lijif-

Quoique M. de La^'al eût été reçu avec toutes les mar- '''•■'^' '' ^f""'''^- ■^'^-

j, 11-.-, * • hitw, an 1 000, art. 2 .' ,

quesde la plus grande dillinaion comme le premier Prclat foi.q.

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