NADA
lettre de cachet de la Reine Anne d'Autriche, en date du 3i mars de cette année, ordonnait à M. d'Argenson, à qui elle était adressée, d'empêcher qu'aucun ecclésiaftique exerçât quelque ade de juridiction sans le consentement du Vicaire apoftolique, &; même de faire repasser en France tous ceux qui refuseraient de se soumettre à son autorité. La Reine déclarait que telle était son intention (3) Archives de l'ar- g^ ^^gU^ ^^ j^qJ gQ^ ^\^ (-3) jy^ ^g Laval fut douc recounu
chevêche de Québec, • 1 j
rég. A, fol. 140. seul tk.ipéricur des deux communautés; K, pour écarter
LE VICAIRE APOSTOLIQUE EN CANADA. l65(J. '33g
tout doute à cet égard, il prit, dans les ades relatifs à ces maisons, le titre de leur Prélat Supérieur. En vertu des pouvoirs apoftoliques , il établit M. de Lauson-Charny son officiai (i), & donna la cure de Québec à M. Jean Torcapel, qui, le i3 août 1 65g, commença à signer sur les regiltres avec la qualité de curé de la paroisse (2j. Enfin, lajurididion de Tarchevéque de Rouen cessa tout à fait en Canada, & Ion n'y en exerça plus d'autre que celle du Vicaire apoftolique. Dès son début, Tévêque de Pétrée juftifia ridée qu'on avait conçue de son zèle & de son éminente vertu : « J'ai bien compris, écrivait la Mère de « l'Incarnation, ce que vous m'avez voulu dire de son « élection. Mais, qu'on dise ce que l'on voudra, ce ne sont « point les hommes qui l'ont choisi. Je ne dis pas que « c'eft un Saint, ce serait trop dire; je dirai avec vérité « qu'il vit saintement & en apôtre. 11 ne sait ce que c'eft « que le respeét humain. Il eft pour dire la vérité à tout « le monde, & dans les rencontres il la dit librement. Il « fallait ici un homme de cette sorte, pour extirper la mé- « disance, qui prenait un grand cours & jetait de profondes « racines ; en un mot, sa vie eft si exemplaire, qu'elle « tient tout le pays en admiration (3). »
Depuis son retour à Villemarie, M. de Queylus donnait ses soins au perfedionnement de cette colonie. Il avait fixé, d'une manière définitive, l'emplacement deftiné pour la ville, en faisant poser des bornes qui en déterminèrent les limites (4), & avait pris deux grandes concessions de terre, dont nous parlerons bientôt, l'une nommée Sainte-Marie, & l'autre qu'il appela, du nom de sonpatron, Saint-Gabriel. Il se proposait de placer, sur lune & sur l'autre, un certain nombre d'hommes qu'il attendait de France, afin d'avancer, par ce moyen, le défrichement des terres &. de défendre le pays contre les Iroquois (5). Enfin, au commencement du mois d'août, il résolut d'aller offrir ses hommages au Vicaire apoftolique, descendit à Québec, où il arriva le 7 de ce mois, & fut reçu au Fort Saint-
(i) Archives de la Propagande, ibid., art.
49 , fol. 12.
(2) Archives de la paroisse de Québec, Catalogue des balisés, i3 août i65q.
(3) Lettres de Marie de l'Incarnation, lettre 57«, p. 541.
M. DE (JUEVLUS RECON- NAIT l'autorité du
VICAIRE APOSTOUllUE.
(4) Grefte de Villemarié, 18 septembre i66i, concession à LirbainTessier, parM. de Maisonneuve.
(3; Hiftoiredu Montréal, par M. Dollierde Casson, ib5S à i65o.
— Notice de ^L de Q.ueylus, par Grandet.
(S) Jbui., l65r|.
(, Journal des Je- Louis (i) par M. d'Argensoii, qui luï témoignait uiic eftimc suites, 7 août lôro. particulière. Il paraît que M. de Queylus, dans les visites qu'il fit à M. de Laval, lui donna toute la satisfaction que ce Prélat pouvait désirer, & déclara, de la manière la plus précise, qu il ne reconnaissait plus, dans Tarchevêque de Rouen, aucune jurididion sur la Nouvelle-France; car nous lisons, dans le Journal des Jésuites, qu'il promit toute amitié à Mgr de Pétrée, proteftant même que, quelque lettre de pouvoir qui lui serait envoyée, il ne Fac-
('■) 'bid. cepterait pas (2). Ce qui, d'ailleurs, indique qu'il le satisfit
pleinement, c'eft que le jour de saint Auguflin, 28 de ce mois, Tévêque de Pétrée, officiant pontificalement à l'hôpital, M. de Queylus y prononça lui-même le sermon ""^ d'usage (3). On ne peut guère douter qu'il n'ait fait part alors au Prélat du projet qu'il avait formé précédemment d'établir les Hospitalières de Québec à Villemarie. Du moins, la Mère Juchereau dit à ce sujet : « Mgr de « Laval ne tarda guère à nous faire voir combien il « s'intéressait dans nos affaires. Il entra dans le dessein « qu'avait eu M. l'abbé de Queylus, de nous établir à « Montréal, jugeant qu'en effet ce serait un bien de
(4) Hifioire dci'Hè- „ n'avoir en Canada qu'un seul Institut d'Hospita-
tel-Dieu de Québec, , . ,
p. i.s. « lie'"es (4)- »
ORDRES coNTKAmc- Pendaut que M. de Queylus était ainsi à Québec, il
ToiREs DE LA COUR j gatisf^jÇ^on dc voir arriver, le 7 septembre, le vais-