LES HOSPITALIÈRES PAR- TENT ENFIN POUR VILLEMARIE
Durant ces débats, les Filles de Saint-Joseph restèrent près d'un mois à Québec, toujours incertaines de leur avenir. Sans entrer dans le détail des difficultés qu'elles rencontrèrent, M. DoUier de Casson dit, avec sa manière enjouée : « Après les efforts de la maladie & les vagues de « la mer essuyés, voilà enfin le navire arrivé à Québec. « Que si ces Religieuses croyaient être au bout de toutes « les tempêtes, elles se trompaient fort; car elles en es- « suyèrent une si grande dans ce lieu, qu'elles eurent de « la peine à y mettre pied à terre, & ne l'eussent peut-être « jamais fait, si l'affre nouveau, qui depuis ce temps éclaire « notre Église, ne leur eût été assez favorable pour dissi- K per l'orage qui causait cette violente agitation. De quoi « le Montréal lui fut bien obligé, parce qu'il contribua à K lui donner ainsi ces bonnes Filles (2). » M. de Laval (2)HiftoireduMont invita donc les deux Hospitalières de Québec qui étaient à "Villemarie de retourner à leur communauté, & le 2 odobre, donna enfin à celles de Saint-Joseph l'autorisation, par
rcal, i658 à lôSg.
36o II'' PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COMP. DE MONTRÉAL.
écrit, d'aller exercer dans ce lieu leurs fondions jusqu'à I) Archives du se- ^e qu'il en eût ordonné autrement (i). Elles remontèrent
minaire de Québec. , n ,-, ..-.-lu ■ •.. • ^ m
Pièces relatives à l'Hô- ^^ ileuve & rencontrèrent la barque qui ramenait a Québec tel-Dieu Saint-Joseph, les deux Hospitalières dont on a parlé, accompagnées de M. de Saint-Sauveur, leur Chapelain. M Souart se trouvait aussi dans cette barque & allait chercher les trois autres, que conduisait M. Vignal. A leur arrivée à Villemarie, celui-ci les mit en possession de THôtel-Dieu; & le 20 du mois suivant, M. cie Maisonneuve, en qualité de Gouverneur, leur donna de cette prise de possession un ade, par écrit, daté du Fort où il faisait sa résidence.
AVANTAGES Q.UE CETTE MademoiscUe Mance refta encore trois semaines à
RECCTJE PRocrE.\ A Québec, avec q ueloues demoisellcs de Qualité , cutre Butrcs
VILLEMARIE. ^ i ■ /^ 1 r-v • • lT-.in 111
Catherine Gauchet &: Perrine Picoté de Beleure, qu elle avait amenées de France, & qui étaient aussi malades des suites de la contagion. Enfin elle remonta avec elles à Villemarie, & alla prendre part à la joie commune que l'arrivée d'un si puissant renfort avait fait éclater parmi les colons. Personne n'en éprouvait une plus vive ni plus douce que celle qu'elle goûtait elle-même après ce voyage, qui a-sait procuré au pays les Sœurs de Saint-Joseph, si longtemps attendues & si ardemment demandées (*). « Dieu a donné depuis, dit M. Dollier, une grande béné- 'I didion à ces bonnes Filles. Plusieurs Iroquois & quan- « tité d'autres sauvages ont été convertis, tant par leurs « charitables soins que par le miniftère des Ecclésiaftiques
(*) Nous avons raconté qu'en partant pour la France, mademoiselle Mance avait chargé du soin de ses malades & de l'adminiftration de l'hôpital mademoiselle de la Bardillière, qui, avec l'aide de quelques filles, s'acquitta dignement de ce double emploi. Il paraît que cette charitable auxiliaire était veuve, quoique qualifiée demoiselle, selon l'usage de ce temps, où l'on donnait ce titre aux femm-es mariées qui n'étaient pas d'une grande extradion. Du moins, immédiatement après le retour de mademoiselle Mance à Villemarie, Marie Pournin, veuve de Guillaume de la Bardillière, sergent du régiment des gardes du roi, qui semble être celle dont nous parlons, se maria