‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 274 sur 428 · SAIRES POUR PRO- CURER LA SÛRETÉ DE QUÉBEC. PAUVRETÉDU PAYS · texte numérisé non relu

SAIRES POUR PRO- CURER LA SÛRETÉ DE QUÉBEC. PAUVRETÉDU PAYS

(2) Emplois du YÎcomte d'Argenson , fol. 36.

(0 Ibid., fol. ?t<.

i3)/iùf.,fol. 36,37.

(4) Ibid., fol. 3«.

XVUI.

FAIBLESSE OU M. d'aR- GENSON SE VOIT RÉ- DUIT.

(5) Marie de l'Incarnation, 4 o<îl. i658, lettre SG', p. 53S.

(I Mais les Iroquois me donneraient peu d'inquiétude^ si nous avions, dans le magasin^ de quoi fournir à la dépense. Voulez-vous que. je vous dise, en un mot, ce qui nous serait absolument nécessaire pour bien établir le pays & l'empêcher de craindre les Iroquois? Il nous faudrait cent hommes de travail transportés ici & entretenus. C'eft le plus grand secours que Ton pût donner à ce pays & le vrai moyen d'appuyer l'Évangile (i). Un fléau aussi dangereux que la guerre eft la pauvreté, sans laquelle nous ne serions guère en crainte ; car si nous avions de quoi entretenir quelques hommes, je ferais couper tous les bois les plus proches qui empêchent la communication de plusieurs habitations. Je prévois une grande difficulté à pouvoir subsifter dans ce pays, & il m'eft difficile d'aller bien loin avec mes appointements (2). Vous ne pouvez vous imaginer la cherté des vivres, outre la difficulté qu'il y a d'en avoir. Les habitants sont dans une extrême pauvreté & tous insolvables aux marchands (3j. Cette pauvreté procède, en partie, de l'avilissement de la traite; & il faut absolument y remédier, en obligeant de faire la traite en commun (4). » .

Dans cet état de choses, il était difficile à M. d'Argenson d'opposer aux Iroquois une vigoureuse résilfance ; il avait cependant, dans ses prisons, vingt & un des plus fameux des Agniers, qui, tous, étaient fort impatients de se voir ainsi à l'étroit, quoiqu'on eût soin de les bien traiter. Ils le prièrent d'envoyer l'un d'eux dans leur pays pour renouer la paix & y ramener les missionnaires (5) ; & il y renvoya, en effet, deux Agniers avec quatre présents. Par l'un de ces présents, il assurait la vie des prisonniers ; par le second, il se plaignait de ce qu'ils n'étaient pas venus au pourparler assigné à Villemarie ; le troisième était pour se plaindre de ce qu'au lieu de renvoyer les j?risonniers Français, ils étaient, au contraire, venus en guerre ; enfin, par le quatrième, il leur témoignait que la

4° GUERRE. ÉTAT DE VILLEMARIE. l65g. 38:

retraite d'Onnonta^ué avait été faite sans animosité fi). (0 Emplois du vi-

C, ,^ V ^ ^ ■ ■• r 11 . j ,- , , comte d'Arscnson.

était tout ce que pouvait M. d Argenson, dans 1 état de Le», du s sept. iG5s.

faiblesse où se trouvait alors la colonie. Vers ce temps, loi. 47.

Villemarie remporta cependant quelque léger avantage

sur des Iroquois d'Onnontagué, venus en guerre avec le

chef de cette bourgade.

liTAT DE VILLEMARIE .

Seize de ces barbares s'étant mis en embuscade près de Villemarie, on les découvrit, &, après quelques dé- ""-"=" °== "^ "«scharges de mousqueterie, on leur dit, pour les attirer, qu'on avait de leurs gens au Fort. La chose était -vraie dans un sens; car, depuis un an, M. de Maisonneuve y retenait prisonnier un Onnontagué & sa femme. Les autres furent assez crédules pour approcher; on fondit alors sur eux : deux demeurèrent sur la place, & quelques autres furent pris. Le surlendemain, des ambassadeurs de cette même nation arrivèrent à Villemarie, ramenant deux Français; en échange, M. de Maisonneuve leur rendit l'ancien prisonnier & sa femme, avec une petite fille née en prison, ^c retint tous les autres (2). Ces hoftilités journalières, qui ^-^ Emplois du vi-

,. , ,. ... . comte dArgenson.

rendaient la culture des terres pleine de périls, pouvaient Lett. du5 sept. i658, exposer les colons à manquer des vivres nécessaires à leur *°}- +7- Journal des subsiftance; & c'eft ce qui serait arrivé Tannée i658, si bre i658. ' ^'^^"^ les prêtres de Saint-Sulpice eussent conduit avec eux, dans leur premier embarquement, un grand nombre d'hommes, comme ils lavaient d'abord résolu. M. de la Dauversière, qui connaissait mieux que personne les besoins de la colonie, les assura, par un pieux stratagème, qu'ils y trouveraient autant d'hommes qu'ils voudraient en employer au travail, & qu'ils eussent à y porter plutôt des étoffes & des vivres : ce qu'ils firent en effet. La Providence pourvut par là à la conservation de Villemarie, qui se trouvait dans un si pressant besoin de ces choses que, sans cela, dit M. DoUier, il n'y eût pas eu moyen pour elle de subsifler (3). Nonoblfant ce secours, arrivé si à propos, elle (? Hiiioiredu.Montaurait beaucoup souffert le refle de cette année i658, si r.^ai.de io.->SàibD9. M. d'Argenson, à son arrivée de France, ne l'eût appro-

visionnée. « M. Fabbé de Queylus pourra vous témoigner, écrivait-il au baron de P'ancamp, que je n'ai pas eu plus d'affection pour Québec que poLir Montréal, & que j'ai donné à M. d'Ailleboull les hommes & les vivres dont il m'a dit avoir besoin, & qui leur ont été nécessaires (i). »

^i) Emplois du vicomte d'Argenson, ? sept. i658, fol. 42.

PRISONNIERS iRocLuois Nous iguorons les coups qui eurent lieu vers ce temps

QUI s'Échappent de . ..,, . , 1 t i

viLLEMARiE ET DE ^ Villemarie; seulement nous apprenons, par le Journal CLUÉBEC. des Jésuites, qu'au mois d'odobre il y avait, dans les pri-

sons du Fort, onze prisonniers Onnontagués, & que ceuxci, craignant le jufte châtiment que méritait leur trahison, rompirent deux barreaux de fer de leur prison & s'échappèrent tous par la fenêtre, le 19 octobre de cette an- (2) Emplois du -vi- née i658 (2). L'année suivante, des Iroquois détenus dans tTl i(£th\T''- les prisons du château Saint-Louis, à Québec, en firent Journal des Jcsuites, autant. « Notre Gouvcmeur efi: en campagne, écrivait la Snov. x558. „ Mère Marie de l'Incarnation; ce qui l'a fait sortir eft

(I que les Iroquois qu'il tenait prisonniers entre de bons <i murs, fermés de portes de fer, ayant appris que leur « nation a^•ait rompu la paix, & croyant qu'on ne man- (I querait pas de les brûler tout vifs, ont forcé cette nuit « leur prison & sauté les murailles du Fort. La sentinelle, (I les voyant, a fait le signal pour avertir, & aussitôt l'on (1 a couru après eux; je ne sais pas encore si on les a pris : (3)Lettre57sp. 543. « car ces gens-là courent comme des cerfs (3). » Dans cette même lettre, elle disait que les Iroquois avaient déjà pris ou tué neuf Français aux Trois -Rivières, en une rencontre où l'on ne les attendait pas & où même on ne

(4) ibid., p. D4:, croyait pag qu'ils eussent de mauvais desseins, & que de-

(5) Lettres de Marie puis 011 avait tué ouzc de Icurs geus (4). Aussi, ajoutederincarnation, 1659. t-ellc, « les affaires de ce pays sont comme elles étaient i±^]^ '' ' ^ ^'' " avant que les Iroquois eussent fait la paix (5) »

PENDANT DEUX ANS ET II eft blcu étouuant que, la guerre étant ainsi allumée,

DEMI viLiEMARiE NE ^ jgg Qolons dc Villemarie, plus exposés que tous les autres

Page 1