‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 277 sur 428 · POUR PROTÉGER VILLE- MARIE, ON CONSTRUIT · texte numérisé non relu

POUR PROTÉGER VILLE- MARIE, ON CONSTRUIT

Mais un plus grand secours procuré aux travailleurs

& au pays par les prêtres de Saint-Sulpice, dès leur arri-

i.Es MAISONS FORTi- y^e^ fut l'établissemeiit de deux maisons deftinées à servir

Fli.ES DE SAINTE-

„.„,^ ^^ nrcMNT de logement & tout ensemble de défense aux hommes

M.iRIE hT L>L ?AII\r- O

GABRIEL. qu'ils employèrent à cultiver les t-erres situées tout autour.

N'ayant point succédé encore à la Compagnie de Montréal, ils prirent ces terres à titre de concessions, comme avait déjà fait de son côté M. d'Aillebouft, ainsi qu'il a été dit. « Ces deux terres, Sainte-Marie & Saint-Gabriel, (I situées aux deux extrémités de cette habitation, dit (I M. DoUier, servirent beaucoup à son soutien^ à cause « du grand nombre d'hommes que ces messieurs avaient (1 en l'un & en l'autre de ces deux lieux, qui étaient alors a comme les deux frontières de Montréal. Il eft vrai qu'il « leur en avait bien coûté, surtout les deux premières « années, les hommes étant alors très-rares & les vivres à a très-haut prix; mais, les années suivantes, ils attirèrent (5)HiftoireduMor,;- « de France quantité d'engagés (5), » qui, y faisant leur rdai, 1 0.-8-1 od:. résidence ordinaire, tenaient en assurance tout le pays. Ces deux bâtiments avaient été fortifiés^ comme pour servir de redoute ou de citadelle; & celui de Sainte-Marie était mieux en état de se défendre qu'aucune autre maison

4'" GUERRE. STE-MARIE, ST-GABRIEL, FIEFCLOSSE. iGSS-Sq. 387

qu'il y eût alors (i). Aussi aurons-nous à raconter, dans (O Hifioire du

la suite, plusieurs traits de valeur dont il fut le théâtre (*). "" ^"'^ ' ' '-*'

L'autre bâtiment fut conftruit dans une plaine, autrefois

inondée par un marais, & qu'on parvint à dessécher. On

le mit aussi en état de défense; ce qui fait dire à Grandet,

dans sa notice sur M. de Queylus : « ïl bâtit en Canada

•< un Fort, auquel il donna le nom de Saint-Gabriel, son

n patron, afin de se mettre à cou\'^rt des insultes des sau- , , ., ■ .

i ' (2; Manuscrits de

(I VageS (2). » Grandet. Vie de M. de

Queylus.

Toujours en vue de favoriser la culture des terres & ^'^^''

. ÉTABLISSEMENT DU FltF

la sûreté du pays, & aussi pour récompenser le mérite & ci.osse pour la déla bravoure, M. de Maisonneuve, au nom des Associés de fensedevillemarif. Montréal, donna à son Major^ Raphaël-Lambert Closse,, un fief de cent arpents de terre, à simple hommage & sans juftice, situés tout auprès de Villemarie (3). Il paraît que^ ,y c-efie de viiicpour honorer la vertu & le dévouement du Major, les As- marie. Ade du 2 fjv. sociés lui avaient obtenu du Roi des lettres de noblesse; '^^*^' car, tandis qu'auparavant il avait toujours été simplement qualifié, dans les ades publics, sergent-major de la garnison, nous voyons que, dans son contrat de mariage du 24 juillet 1657^ on lui donne pour la première fois»le titre d'écuyer, & qu'enfin, le g décembre suivant, après l'arrivée de M. de Maisonneuve & celle des prêtres de Samt- Sulpice, il eft dit : noble homme éciiyer, sergent-major au

(') M. de Queylus, avant son départ du Canada, avait établi les maisons de Saint-Gabriel & de Sainte-Marie. S'il rit conllruire cette dernière dans un lieu éloigné de plus d'une demi-lieue de Villemarie, & par conséquent si exposé aux pilleries des Iroquois, c'eft qu'apparemment il y avait là de grands espaces de terres, défrichées autrefois, probablement par les sauvages du village de Tutonagiiy , dont parle Jacques Cartier, & qu'on pouvait les remettre en culture plus aisément & avec moins de dépenses ; car le village de Tutonaguv semble avoir été situé dans le lieu même de Sainte-Marie (aujourd'hui en dehors de la barrière du Pied-du-Courant), puisque, d'après Cartier, ce village était environ à deux lieues au-dessous des Chutes d'eau, appelées ensuite de la Chine^ ce qui convient très-bien à la position de Sainte-Marie.

piiroitse de Villemarie.

\'('l. A. r)& 10 nov.

(i) Regiftfes de la Fort de Villemarie (ij. En devenant possesseur de ce fief, le premier qui ait été accordé dans Pile de Montréal, & qu'il appela de son propre nom, M. Closse quitta le Fort & s'établit sur son fief même , y fit des défrichements considérables, & y bâtit une maison fortifiée, pour se mettre à couvert des Iroquois. Mais, s"y voyant trop isolé pour être secouru en cas d'attaque, il vendit, vers la fin de l'année' suivante, à M. Souart, prêtre du séminaire, cinquante arpents de son iief, dont huit labourables à la charrue, & quatorze à la pioche, avec cette clause expresse, que M. Souart y ferait bâtir son logis principal proche & à la défense de celui du vendeur, qui, sans cette condition, n'aurait pas consenti à la j'ente (*).

xxvn.

FIICIERS DE MÉRITE ATTACHliS A LA GAR- NISON DE VILLEMARIE.

En quittant alors le Fort de Villemarie, sans cesser pourtant de remplir ses fonctions de Major, M. Closse fut remplacé au Fort par M. Zacharie Du Puis, déjà nommé dans cette hiftoire; & nous pouvons remarquer ici en passant que, dans la personne de ce dernier & dans celle de M. Closse, la Providence avait donné à M. de Maisonneuve, pour le suppléer, les deux aides que M. d'Argenson regrettait de ne pas avoir à Québec. Depuis la retraite des Français d'Onnontagué^ M. Du Puis s'était donné à Villemarie, pour la servir dans la profession des armes; & M. de Maisonneuve, qui elfimait ce gentilhomme pour sa haute piété & sa valeur, l'avait nommé aide-major; c'eft ce qui le fait qualifier, aussi bien que le Major lui-même, (2) Reg. de la pa- Commandant de l'île de Montréal (2). Ainsi, sans le sa- 'Ro!t^J11 !/T^^"k voir, M. de Maisonneuve prépara, dans la personne de

naptemes, 24 octob. ' r r " r

1659. Greffe. Ades M. Du Puis, un digne successeur de M. Closse, qui peu de^Basset, 23 oaohre ^p^^g p^j-jj ^.^^^ |g champ d'houueur, comme nous le ra-

.)N ,- a j ï-M (*; En faisant cet achat, M. Souart voulut favoriser l'établisse-

(i) (jrette de Ville- ^ ' , ,. .,, , „ ■■■ .-.s > -, -i k j ^

Marie. Aaesde Basset n^ent de la famille de Sailly (3). Aussi donna-t-il à madame Anne : nov. i65q. ' Bourduceau, épouse de M. Arthur de Sailly, ces cinquante arpents

(4) UiJ., i" juillet ^^c terre, sous la condition d'y bâtir le logement convenu &. de pa\er au séminaire une faible redevance annuelle (4).

22 nov. lOSQ (4)

nifio

4* GUERRE. OFFICIERS Di; MARQLi: A VII. LKMARIE. l(5r)0. 3S()

conterons dans la suite. 11 s'attacha aussi deux gentilshommes de mérite : Pierre Picoté de Béleftre, qu'il fit Fun des officiers ou des commandants de la garnison (i), 8i (o oreiTc. Aacsdî le brave Adam DoUard, sieur des Ormeaux, qui, malgré sa ^'''''' ^ ""^- "'"'°jeunesse, avait eu déjà en France quelque commandement dans l'armée. Il paraît que, dans son dernier séjour en France, M. de Maisonneuve s'était attaché ce jeune militaire & l'avait déterminée le suivre à ViUemarie, lorsqu'il y conduisit les prêtres de Saint-Sulpice. Du moins, après leur arrivée en Canada ;, 8: avant la fin de cette année, voyons-nous DoUard des Ormeaux, âgé de vingt-deux ans, faire partie de la garnison de M. de Maisonnevive, résider avec lui au Fort, & paraître souvent dans les ades comme témoin (2). En 1660, étant alors âgé de vingt-cinq ans, il (-^ ^''''^^ deViiiL--

n 1-z^' j 1 (! 11-^ r r I marie. Actes de Bas-

ait quahne, dans les actes publics, Commandant dans la s^t, 18 nov. 105-,

garnison du Fort de ViUemarie ; & assurément nul ne 5sept,i5sept.,8oa..

mérita jamais mieux ce titre que lui, puisque, par l'intré- o "déc" 1 6.^<s ns tJv '

pidité inouïe de son courage, il rehaussa magnifiquement i^^mars i65e,.

la gloire de cette colonie, dont il fut, sans contredit, l'un

des plus grands héros (*).

Cependant chacun s'attendait à voir toutes les nations premiers puits a vm.- Iroquoises s'unir entre elles pour fondre sur \'illemarie, le.m.^rie creuses

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