‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 312 sur 428 · SCÈNE BOUFFONNE DES · texte numérisé non relu

SCÈNE BOUFFONNE DES

Nous avons fait remarquer plusieurs fois que la guerre

DES CEREMONtES DE

l'Église.

4° GUERRE. MORT DE M. LEMAÎTRE. i66i. 445

des Iroquois contre les Français était, à bien des égards^ iroq.loisendérisio

une véritable guerre de religion; & ce qui suivit immédia

tement le trépas de M. Lemaître nous en fournit une nou

velle preuve. Après l'avoir ainsi cruellement tué, ces

Iroquois firent des huées extraordinaires, pour marque de

la joie qu'ils avaient d'avoir vu tomber sous leurs coups

une 7'obe noire. Ensuite un renégat de leur troupe dépouilla

le corps de M. Lemaître, se revêtit de sa soutane, & ayant

mis une chemise par-dessus en forme de surplis, faisait la

procession autour du corps, en dérision de ce qu'il avait

vu faire dans l'église aux obsèques des défunts (i). La (i) Marie de rincar-

relation ajoute que ce misérable apoftat marchait pompeu- "*"°"' p- ^^^•

sèment, couvert de cette précieuse dépouille, à la vue de

Montréal, qu'il bravait avec insolence.

La Sœur Bourgeoys, en rapportant les circonftances meurtriers de m. lede la mort de M. Lemaître, ajoute qu'on regardait comme maure.

un fait confiant que ce saint prêtre avait parlé après que sa tête eut été séparée de son corps. Sans doute qu'à l'exemple du premier martyr saint Etienne, il demanda grâce pour ses meurtriers : car le sauvage qui lui avait tranché la tête, & qui s'appelait Hoandoron, eut le bonheur de se convertir & de mourir à la Mission des prêtres de Saint-Sulpice , aussi chétiennement qu'il avait vécu depuis son baptême, ainsi que l'attefte M. de Belmont, chargé lui-même de cette Mission, qui fut établie plus tard à la Montagne (2). Ce sauvage doit être différent du capi- j,?) Éloge de queitaine Outreouati, qui, au rapport du P. de Charlevoix, ques personnes moiétait chargé de chevelures & de dépouilles, & faisait sur- ietéT Montréal! ^m"tout parade de la soutane de M. Lemaître (3). Quoi qu'il nuscrit, p. 125. en soit, il eft certain qu'après l'avoir mis à mort, les Iro- NoSeik-F°rInce'!l t quois en eurent un sensible regret, & que leur capitaine, Hv. vm.p. ;i54. qui avait commis le meurtre, en fut blâmé des siens. Ils ne pouvaient s'empêcher de lui dire qu'il avait fait un beau coup en tuant celui-là même qui les nourrissait lorsqu'ils se trouvaient à Villemarie. Aussi le capitaine dont nous parlons reçut-il des sjens des avanies publiques, jusque-là

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