POURSUIT SA ROUTE
DES SIENS du'iL REN" coup (Ic foudrc, Ics CEptifs jugèrent que toutes leurs espécoNTRE, GARAcoNTiÉ rauces allaient s'évanouir, &, de leur côté, les ambassadeurs ne furent pas moins déconcertés à cette rencontre. On fait halte, on tient conseil sur conseil, on délibère le jour & la nuit, (t Quelle assurance^ disent les députés Sonnon- (( touans, d'aller à Villemarie où le sang d'une robe noire, « tout fraîchement répandu, ne nous menace que des fers (I & de la prison? » Les députés Onnontagués avaient bien plus à craindre encore, puisque le meurtre de M. Lemaître avait été commis par ceux de leur nation. Pour se dégager donc d'une ambassade si périlleuse, les uns & les autres feignirent d'être malades; ce qui faisait craindre aux Français d'être ramenés au pays des Iroquois, & replongés au moins dans une dure captivité. Toutefois Garacontié, comme chef de l'ambassade, se détermina à passer outre, bien assuré que les Français qui reftaient à Onnontagué étaient une assez bonne caution pour mettre sa propre vie en assurance, attendu qu'il ramenait à Villemarie neuf Français. Cette résolution remplit de joie les captifs^ comme s'ils fussent sortis d'un naufrage. Ils continuèrent donc leur route, lorsqu'une nouvelle bande d'Iroquois Onneiouts, qui allaient faire la guerre aux Français, renouvela encore leurs inquiétudes. Garacontié, embarrassé lui-même, s'efforça de les détourner de leur dessein, jugeant bien que la paix qu'il allait négocier avec les Français serait assez mal accueillie si elle était mêlée de sang par cette nouvelle guerre ; & ce ne fut qu'à force de présents qu'il parvint à les déterminer à porter leurs armes ailleurs. S'étant ainsi ouvert un passage libre, il arriva enfin à Villemarie, le 5 octobre 1661, avec les neuf Français.