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NOUVELLES HOSTILITÉS A VILLEMARIE

extraordinaire de M. Lemaître, dit-il, c'eft que le sauvage qui emportait sa tête, l'ayant enveloppée dans le mouchoir du défunt, ce linge reçut tellement l'impression de son visage, que l'image en était parfaitement gravée dessus, & que voyant le mouchoir l'on reconnaissait M. Lemaître. Lavigne, ancien habitant de ce lieu, homme des plus résolus, comme on l'a vu dans cette hiftoire, m"a dit avoir vu le mouchoir imprimé, comme je viens de le dire, lorsque, étant prisonnier chez les Iroquois, ces malheureux retournèrent chez eux après avoir fait ce méchant coup. Il assure qu'à leur arrivée, le capitaine de ce parti ayant tiré le mouchoir de M. Lemaître , & lui Lavigne reconaissant ce visage, cria de la sorte au capitaine : « Ah ! malheureux, tu as donc tué Aaouandio (c'était le nom que les Iroquois donnaient à M. Lemaître), car je vois sa face sur ce mouchoir? » Alors, ces sauvages, honteux &. confus, resserrèrent le mouchoir, sans que depuis ils aient voulu le donner, ni même le montrer à personne, & même au R. P. Le Moyne, qui, sachant la chose, fit tout son possible pour l'avoir. On m'a rapporté, ajoute M. DoUier de Casson, bien d'autres particularités assez extraordinaires touchant M. Lemaître, dont je serais assez autorisé à parler si je voulais en dire quelque chose. Mais je laisse le tout entre les mains de Celui qui eft le maître des temps, des événements &. des cœurs, & qui en donne la connaissance anticipée à qui il lui plaît (i). »

Le Religieux dont il vient de parler, le P. Le Moyne, était allé, comme on l'a dit, au pays des Iroquois; & Ton n'était pas sans inquiétude à Québec sur le succès de sa mission. On avait craint pour lui avant son départ; les craintes allèrent toujours croissant lorsqu'on vit expirer le terme que les Iroquois avaient marqué pour revenir à Villemarie, avec les vingt-cinq Français captifs. « lis « n'avaient demandé que quarante jours de délai, dit « l'auteur de la relation, & en voilà déjà quatre-vingts de

4'' GUERRE. GARACONTIÉ. 1661. 44g

« passés sans qu'ils paraissent (i;. » Bien plus, le 28 sep- (i)Reiationde iC6i, tembre 1661, un mois après la mort de M. Lemaître & f' "• celle de Gabriel de Rié, des Iroquois tuèrent un soldat de la garnison de Villemarie, François Bertrand, sieur de la Frémillière, sur la mort duquel on n'a aucun détail. On lit seulement dans le regiftre mortuaire qu'il était natif ^^n Regiftrc morde Thouars, en Poitou, âgé d'environ vingt-trois ans, & tuaire de la paroisse qu'il fut enterré le lendemain au cimetière (2). devniemarie.^gsept.

Cependant un capitaine Iroquois des nations supé- caracontié part pour rieures, nommé Garacontié, qui aimait les Français, & villemarie, ou il

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en avait recueilli jusqu à vingt dans son bourg, en les so.nmers. tirant des feux des Agniers, entreprit de négocier la délivrance de ces captifs, par un traité de paix entre sa nation & la colonie Française. Il avait même disposé, dans sa propre cabane, une chapelle où les captifs pouvaient se réunir pour la prière, & participer aux autres exercices de la religion (3). Par la médiation de Garacontié, il fut donc (3) Relation de lOCi, résolu, entre les anciens de ces nations Iroquoises, qu'on P- ^-■ relâcherait sept prisonniers Français qui étaient à Onnontagué, & deux qui se trouvaient à OiSguen ; & que les autres refteraient avec le P. Le Moyne pendant l'hiver, parce qu'on jugeait leur détention encore nécessaire pour des raisons d'Etat; qu'entin Garacontié ramènerait luimême les captifs à Villemarie & serait le chef de l'ambassade qu'on enverrait au Gouverneur général, composée de députés Sonnontouans & Onnontagués (i). Les i4)Rciationdei66r, neuf Français s'embarquèrent vers la mi-septembre, à p- •^-■ Onnontagué, pleins de joie d'aller se réunir à leurs compatriotes; mais à leur grand étonnement ils rencontrèrent en chemin une bande de guerriers d'Onnontagué même, qui rapportaient comme en triomphe quelques chevelures Françaises, & dont l'un était même revêtu de la soutane de M. Lemaître, qu'il montrait avec orgueil comme un illuftre trophée.

A cette vue, comme s'ils eussent été frappés d'un malgré les instance,

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