M. DE LAVAL EXVOIE A ROME LA RELATION DES ÉVÉNEMENTS DE CETTE ANNÉE
(*) Nous lisons dans le regirtre mortuaire, sous la date de ce jour, 5 oiStobre 1661, cette note écrite de la main de M. Souart : i< Les « Iroquois, qui sont venus aujourd'hui en ambassade & ont ramené « neuf Français, nous ont dit que Pierre Goguet, âgé de trente-quatre « ans, qui avait été pris par les Onneiouts, le 25 février, a été tué « par eux d'un coup de fusil, étant à la chasse; & le R. P. Le Moyne, « qui eft en ce pays, nous a assurés par lettre de la mort de Pierre « Goguet. » Malgré tous ces témoignages, celte nouvelle fut trouvée fausse par la suite. Aussi M. Souart ajouta-t-il plus tard à cette note les paroles suivantes : « Pierre Goguet a depuis écrit de la NouvcUeic Hollande à sa femme, & j'ai vu la lettre. >
(i) Archives de la l'ropagande,voI.^»!é- ) icj, 3, Canada, 2 56.
cpift. 2 I, oclob. ih'ii, f.l. 26.
n,\NSSA RELATION, M. DE LAVAL PASSE SOUS SI- LENCE LA MORT DE M. LE.MAITRE.
L'un des missionnaires a été envoyé au milieu des Iroquois, nos ennemis, malgré Tincertitude & le péril de rissue de son voyage, ces barbares n'ayant jamais gardé avec nous aucune fidélité. Trois députés des ennemis étaient venus pour nous rendre quatre Français qu'ils a\aient faits prisonniers, en demandant que nous leur remissions réciproquement huit de leurs compagnons que nous tenions captifs; ils nous donnaient l'espérance certaine que, si l'un des missionnaires voulait aller au pays des Iroquois, ils ne le renverraient pas seul, mais lui rendraient plus de vingt captifs, & que tous reviendraient avant l'hiver. Ils ajoutaient qu'il y avait en captivité chez eux des Hurons chrétiens qui demandaient un prêtre pour les inftruire, & que plusieurs Iroquois désiraient aussi d'être inftruits. Enfin, les prisonniers Français détenus par eux nous écrivaient la même chose, & assuraient pieusement que les épis blanchissants attendaient la moisson. Mettant notre confiance en Dieu, & espérant contre toute espérance, nous avons envoyé un prêtre dans ce pays. Il a été reçu avec beaucoup d'atfeélion par ces barbares nos ennemis, & n'elf pas revenu chez nous ; mais il inrtruit en toute liberté les Hurons chrétiens, aussi bien que les Français, & même beaucoup d'Iroquois des deux sexes. La parole que ces barbares nous avaient donnée relativement aux captifs Français n'a pas été cependant tout à fait vaine ; il efi vrai qu'ils ne les ont pas renvoyés tous; ils en ont rendu la moitié, en promettant le refte pour le commencement du printemps de l'année prochaine. Quel sera l'événement? Dieu le sait. Nous espérons pourtant que les travaux de cet ouvrier de la vigne du Seigneur procureront la gloire de Dieu au milieu des ennemis, pendant tout l'hiver, & que la foi chrétienne y fera de nouveaux progrès (i). »
En racontant ainsi, le 21 odobre 1661, les nouvelles intéressantes de cette année, entre autres le retour à Ville-