‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 318 sur 428 · GUERRE. M. DE LAVAI, INFORME LE SAINT-SIKGF · texte numérisé non relu

GUERRE. M. DE LAVAI, INFORME LE SAINT-SIKGF

marie des neuf prisonniers, neuf jours auparavant, M. de Laval a jugé cependant à propos de garder un silence absolu touchant la merveille qui parut sur le mouchoir avec lequel on avait enveloppé la tète de M. Lemaître, & n'a même pas parlé de son cruel massacre par les Iroquois, arrivé le 29 août précédent, quoique ces deux circonstances eussent pu offrir à la Cour Romaine plus d'intérêt encore que beaucoup de menus détails dans lesquels il eft entré. Aussi, dans sa relation de Tannée précédente, avait-il rappelé le souvenir de ceux des RR. PP. Jésuites qui avaient péri précédemment , les uns par le fer, les autres par le feu des Iroquois, d'autres enfin au milieu des neiges (i). S'il a passé sous silence la mort de M. Lemaître, l'O Reuth misùoquoique arrivée tout récemment, c'eft sans doute qu'étant f''[' ,,' °' '"' ■"' ' toujours persuadé que l'établissement de Villemarie, 8c les prêtres deSaint-Sulpice qui en avaient la conduite, étaient un obftacle au bien de la religion, il aura cru devoir supprimer dans sa relation tout ce qui eût été à leur avantage; &ron conçoit aisément qu'il n'aurait pu raconter à Alexandre Villes circonflancesde cette mort, sans adoucir beaucoup le portrait assez peu iîatté qu'il lui faisait de ces ecclésiaftiques, de M. de Queylus, alors présent au Canada, & enfin de tout le séminaire de Saint-Sulpice de Paris; car ce fut surtout alors, comme nous le rapporterons dans la suite, qu'il lui exposa contre eux ses défiances & ses craintes. Il aurait d'ailleurs démenti celles qu'il lui avait déjà exprimées l'année précédente , lorsque, parlant de l'arrivée de M. Lemaître, venu avec M. Vignal, qui périt aussi peu après par le glaive des Iroquois, il avait jugé à propos de pj^'-* '^'^'■j'^'^!-/yf jeter de graves soupçons sur l'un & sur l'autre (2); mais 12 verso, n'° 3o. ' ces soupçons & ce silence semblent montrer de plus en ^"° "'" '""'° "'f^'

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plus le dessein de Dieu sur ces ecclesialnques , & n être Q,ieyius auxUium ve-

que la suite des conseils de sa providence sur l'œuvre de nere... qui nec satts

ulemane. S il permettait qu ils tussent ainsi exposes aux jcm irostoUaim auia

humiliations & aux mépris, c'était sans doute pour faire Abbjtis Je Qj^eyii^s

fruaifier avec plus d'abondance & rendre plus solides 8c '""'"'°^ '"""' '"""

^ ^ sere, eiquc siint co>i-

plus durables les travaux auxquels ils se livraient pour sa jwuJissimi.

gloire, avec tant de pureté d'intention, de sacrifices & de générosité.

pRÉcAurioNSPRisESPAR Nous avons dit que les prisonniers, à leur débarque-

liARD DE LEURS PRr- ^'^^^'^^> ^ Etaient cmpresscs d aller a 1 église pour témoigner soNNiERs. à Marie leur reconnaissance. C'eft que, d'ordinaire, au

moment de leur prise par les Iroquois^ les colons avaient coutume de lui faire quelque promesse, dans Tespérance d'obtenir par ce moyen leur liberté. L'un d'eux, qui n'était pas au nombre des neuf dont nous venons de parler, recouvra la sienne d'une manière bien providentielle, rapportée dans la relation de cette année. Les Iroquois, qui l'avaient deftiné au feu 8: qui le conduisaient dans leur paySj craignant qu'il ne s'échappât de leurs mains, avaient soin de le lier durant la nuit & de mettre, de plus, ses mains & ses pieds dans les fentes de grosses pièces de bois en forme d'entraves. Ces bois, ouverts avec violence, venant à se resserrer, étaient pour lui une torture des plus horribles, augmentée encore par la rigueur du froid; car, ayant été pris vers la fin de l'hiver, il n'avait pour lit que la neige. Enfin, de peur qu'il ne s'échappât, malgré ces entraves, l'Iroquois auquel ce prisonnier était échu avait coutume de se coucher sur les pieds de son captif, afin d'être réveillé si l'autre venait à faire le moindre mouvement. Ce tourment dura un temps considérable, les vainqueurs s' étant détournés de leur route pour se livrer à la chasse ; &, pendant le jour, le prisonnier était encore obligé de porter sur son dos leur bagage, comme s'il eût été une béte de charge, ce qui pourtant lui était plus tolérable que le repos de la nuit.

xxxm.

UN COLON, APRÈS AVOIR Qu approchalt du bourg où il devait terminer sa vie, ETE PRIS ET REPRIS, {Qj-gg^^'j] résolut de faire un dernier effort pour s'échapper,

ARRIVE ENFIN A VIL- ^ ^ r r /

LEMARiE. &, après avoir renouvelé ses vœux & ses promesses à

Marie, il fit si bien, une nuit, qu'il parvint à détourner doucement son maître de dessus ses pieds sans qu'il s'éveillât, &, s'étant heureusement dégagé de sa torture, il prit in-

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