CURE , IT VEUT RETE
Depuis que ce dernier était en Canada, il n'avait reçu
aucune lettre de Rome en réponse à celles qu'il y avait
NiR m', de ctuEYLus A adrcssécs (5) ; cependant ses agents résidant en France
'i^"^''^'^- venaient de lui donner connaissance des Bulles dont
l'ro^i ande'' "ow ^- ^^ Queylus était le porteur, en ajoutant qu'elles
America, 3, Canada, avaient été obtcnucs par surprise. M. de Laval en jugea
200, foL 26. gjj^gj lui-même, quoique pourtant il n'eût pas de certitude
à cet égard. Aussi, pour s'en assurer, écrivit-il au Pape le
22 odobre suivant : « Je prie Votre Sainteté de me faire
« connaître quelle efl au vrai sa volonté sur cette contes-
11 tation, & je me soumettrai à tout ce qu'elle aura fta-
tué (*); » néanmoins, à l'arrivée de M. de Queylus, il se
prononça contre les Bulles ; &, voyant que l'archevêque
de Rouen, par le mandat qu'il lui avait envoyé, se con-
(*) « Sed aliundè ad me fescriptiim fuit subreptitias esse has lit-
^ , ,. , , terasRoma-'obtentas a D.abbate de Queylus. Roso itaqueSanditatem 0 Archives de la „ , ..... -^ .
r,„ , .... ... veftram, ut abs te rite intellieam quie sit mens tua super ea conten-
rropagande, ;i(rf.,(c . . -, -, , „ ^ ■ , ,r\
^3 verso ^ tione... quidquid demum Itdtuent, obsequens ero (b). »
M. DE ol'p:vll's a qukbec. \C)6i. 4^5
sidérait comme l'Ordinaire du Canada, établi par le Saint- Siège, il conclut que ces Bulles réservaient à ce Prélat la promotion du curé 8c refusa absolument d'y donner suite, ce qui devait rendre & rendit en effet inutile le voyage de M. de Queylus. Dans ce refus conseillé par la prudence pour prendre du temps, on ne peut qu'approuver la réserve du Vicaire apoflolique, & avec d'autant plus de raison que, de fait, M. de Queylus, après avoir obtenu de la Daterie Téredion de la Cure, était parti de Rome sans en informer la Propagande, qui trois mois après s'était pourvue à la Daterie pour s'y opposer , quoique trop tard (i). Mais ce qui eft plus difficile à expliquer dans le (" Archives de la
ty • ,1 1- ' ,t 1 Ti j j y-\ 1 Propagande. \'olume
Vicaire apoltolique, c eu que, sachant que M. de Queylus AmeHca, ?, Canada. avait dessein d'aller à Villemarie, non plus pour y prendre !ettredu24aoL-it loô?, possession de la Cure, puisqu'il lui refusait son concours, *"' ■ "'" " mais uniquement pour y revoir ses confrères & les hommes qu'il y avait envoyés de France, dont il était le soutien, M. de Laval ait fait toute sorte d'efforts pour le retenir à Québec jusqu'après l'arrivée des premiers navires qu'on attendait. M. de Queylus comprit que ce délai n'était qu'un prétexte pour le renvoyer immédiatement en France, si les vaisseaux apportaient quelque nouvelle lettre de cachet qu'on aurait obtenue contre lui. Il représenta donc à M. de Laval que sa demande lui paraissait être trop sévère; & M. d'Argenson , de son côté, fit à l'évéque les mêmes représentations. Néanmoins, dès le lendemain, ce Prélat défendit par lettre à M. de Queylus, sous peine de désobéissance, de sortir de Québec (*) (2); , - Y'-'"';'^* '^'•' ' '""'
■ Défense à .M. Table
,,, „ , , . de Q.uevlus d'aller au
( ) Sa lettre était conçue en ces termes : Montréal.+aoùt.ôô,,
« Jugeant que votre présence au Montréal, avant la venue des ,-egistre .4, page 140. « premiers navires qui doivent arriver de France dans peu de jours, «. serait nuisible au bien de notre Eglise ;& que, nonobltant la prière « que nous vous avons faite de n'y pas aller, vous êtes néanmoins « dans le dessein d"y monter au plus tôt : nous vous faisons défense, « sous peine de désobéissance, de quitter cette habitation de Québec; « & afin que vous n'en prétendiez cause d'ignorance, nous mandons a au premier clerc, ou prêtre, de vous signifier notre présente ordon- « nance. «
NOUVEAUX EFFORTS DE M. DE LAVAL POIR RETENIR M. DE QUEY- LUS A Q.UÉBEC.
& comme il craignait qu'il ne partît, malgré la défense qu'il venait de lui faire, il écrivit, le même jour 4 août, à M. d'Argenson, pour requérir main-forte contre lui, s'il passait outre (*), alléguant pour motif la lettre de cachet qui lui avait défendu précédemment d'aller en Canada. Ce Gouverneur, qui eflimait M. de Queylus, s'était porté malgré lui à l'exécution des ordres donnés en lôSg, pour le conduire sous escorte de Villemarie à Québec ; il alla donc à l'inrtant trouver l'évèque , pour lui représenter de nouveau la rigueur d'une telle mesure , & s'excusa d'y donner lui-même les mains.
Toutes ces représentations n'empêchèrent pas M. de Laval d'écrire, le lendemain, au Gouverneur une deuxième lettre, pour le presser de nouveau, en ajoutant que les intérêts des Majeltés divine & humaine lui faisaient une obligation de conscience de lui donner main-forte (**).I1 alléguait pour motif de ses inftances que, par le passé, M. de Queylus avait été la cause de beaucoup de désordres dans l'Église du Canada, sans spécifier pourtant en quoi auraient consifté ces désordres. Dans le journal privé des
(i) Archives de l'archevêché de Québec.
Défense à M. l'ahbé de Queylus d'aller au Montréal. 4 août i(i6i, regiflre A, p. 140.
(*) Lettre de M. de Laval à M. d'Argenson, du 4 août 1661 : « Jugeant nuisible au bien de notre Eglise que M. l'abbé de Queylus monte au Montréal avant la venue des premiers vaisseaux, & ne l'avant pas vu dans la disposition de nous rendre l'obéissance qu'il nous doit, je me suis trouvé obligé de lui signifier mes défenses de quitter l'habitation de Québec, pour l'exécution desquelles, au cas qu'il ne veuille s'y soumettre, nous vous prions de tenir la main, selon les ordres que vous en avez du Roi. J'attends de vous cette grâce (i). »
(**) Voici cette lettre :
« Je vous ai prié, par lettre & de vive voix, lorsque hier vous prîtes la peine de venir ici, de tenir la main aux défenses que nous avons été obligé de faire à M. l'abbé de Queylus de monter au Montréal jusqu'à la venue des premiers vaisseaux. J'ai cru qu'il était de notre obligation de vous supplier, pour une troisième fois, de considérer qu'il ne se peut rien de plus clair, ni de plus exprès lue les ordres que vous avez du Roi, lesquels nous lûmes hier en-