‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 335 sur 428 · ABUS DES LETTRES DE CACHET. 1 66 I · texte numérisé non relu

ABUS DES LETTRES DE CACHET. 1 66 I

part, manquassent de resped pour la volonté formelle du roi, puisque, d'après le contenu des RuUes, le motif de sa défense n'exiflait plus, & que d'ailleurs les lettres de cachet n'étaient pas toujours alors une marque des ordres intimés par l'autorité royale.

On sait, en effet, que Tustige de ces lettres, accordées par les officiers du Roi, 8: souvent à son insu, donnait lieu à des abus qui tournaient au mépris de son autorité. Par ces lettres, signées quelquefois en blanc, on ordonnait ou Ton défendait, au nom du Roi, tout ce qu'on voulait (*); & ce qu'il y avait de plus étrange, c'eft qu'il n'était pas rare devoir dans la même affaire les parties opposées produire, chacune de son côté, des lettres contradidfoires, qu'elles s'étaient procurées par intrigue. Nous avons raconté que des lettres de cachet du ii mai 1659 avaient ordonné la continuation de l'exercice de la jurididion de l'archevêque de Rouen en Canada, & que d'autres lettres, du 14 du même mois, ordonnaient le contraire. Aussi, trois ans après l'époque où nous sommes parvenus, c'elf-à-dire en 1664, le Roi, qui commençait à prendre connaissance des affaires par lui-même, défendit-il à ses officiers d'accorder aucune de ces sortes de lettres sans un ordre exprès de sa part. Ecrivant au duc de Créquv, son ambassadeur à Rome, & lui parlant entre autres choses de l'éredion du siège de Québec, il ajoutait : « Comme il ne s'expédie « plus, en quelque manière que ce soit, aucune lettre de (I cachet que par mon ordre, & avec une entière con- « naissance de cause, je désire que vous y ayez le « même égard qu'aux lettres que je vous écris; & vous

(*) Ainsi M. de Bretonvilliers reçut une de ces lettres qui l'obligeait de recevoir au Séminaire de Saint-Sulpice deuxCapucins sortis

de leur Ordre, comme si cette maison eût été une prison pour renier- . . • ,

, „ ,. . 1 T, , ,■ T , i , . r . ^i' Archives du semer les Religieux apodats.Tous les directeurs du beminaire, quoique binaire de Saint-Sulpleins de respect envers le monarque , s'opposèrent unanimement pj^^^ 3 Paris. Assemà l'exécution de cet ordre prétendu, qui en effet n'eut aucune suite (1). ble'edu 29 août 1664.

484 H*^ PARTIE. LES CENT. ASSOC. ET LA COMl>. DE MONTRÉAL.

i( ne courrez pas risque, comme il cil arrivé ci-devant <i à d'autres, de recevoir deux ordres contraires dans une (I) Archives du mi- „ même affaire (i ). )•

niltère des aflairt-s '

c'trangères à Paris.

Rome, 1601. Lettre Pour tous ces motifs, Ics Associés de Montréal jusèrent

du Roi à M. de Cré- , ,-, , , , , , ,, . . ^ ,. .

quv, duiyoéL i.;ô4, que, nonobltant la lettre de cachet du 27 lévrier lobo, r'è*:e '23. M. de Queylus pouvait repasser en Canada; & en consé-

quence il se rendit au lieu de rembarquement. Les personnes qui prenaient en France le soin des affaires de M. de Laval, ayant eu connaissance de son dessein, ne manquèrent pas de lui signifier de nouveau, avant qu'il mon- ■j Arci.ivesdei'ar- tcit sur Ic navire, la lettre de cachet obtenue contre lui(2). chevoche de (iuchec, \\ partit néanmoins & arriva incognito (1^) à Québec,

registre .1, page 141. , ., , . . , , , , ,^11

,.,,u,, . , ,, le i août iboi, par la chaloupe du nomme Maheu, qui

(-ijHiltoire du Mont- . ' J^ ^ . ' i

re'a), de 1060 à 1G61. revenait de Tîle Percée (4); & au lieu d'aller directement j Journal des Je- à ViUemarie , il voulut saluer auparavant M. de Laval, '■ & lui faire part du sujet de son voyage.

suites, ,1 août i(

.M. DE LAVAL s'oprOSK

A l'Érection de la

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