I . . • . nonce au Cardinal
sent été des ennemis que le Saint-Siège & l'Eglise Catho- Préfet^-yjuiiictiOOo. lique avaient le plus à craindre dans ce pays. Enfin, une ^*"'-' '"'■ '^°matière d'épreuves plus rudes encore, qui fut pour eux une sorte de cruel martyre de cœur, c'elT: que le Vicaire apostolique se mit à les représenter dans ses lettres à la Cour Romaine, comme des hommes suspecls, prêts à se révolter contre l'autorité du Saint-Siège.
Il écrivait en 1660 : « Il y a à Montréal des prêtres les prêtres de saint i< séculiers que Tabbé de Queylus avait amenés avec lui « en 1657, & j'ai nommé pour faire les fondions de curé, " celui d'entre eux que j'ai cru plus obéissant, ou moins « opposé que les autres à l'autorité du Saint-Siège, en ce « qui concerne la juridiction prétendue de l'archevêque « de Rouen (2). Ils sont quatre prêtres avec un clerc, tous :^. Archives de la
, , ,., . r 1 11 1 ^ Propagande: relatio
« plus portes qu il ne convient en faveur de 1 archevêque, n^j^sionis Canadien-
« & pas assez envers le siège apoftolique ; parce qu'ils sis, anno 1660, an.
« ont puisé les sentiments de l'abbé de Queylus auxquels ' '*' "' ^° • '°-
" ils sont très-attachés (3). » Au sujet des Bulles obtenues ^ /wj., art. 5o,
à Rome pour l'éredion de la Cure de Montréal, M. de Laval
écrivait au Pape : » Je prie 'Votre Sainteté de me faire con-
« naître qu'elle efi: sa volonté touchant la juridiction de
« l'archevêque de Rouen. M. l'abbé de Queylus, venu ici
(I cette année, avec la qualité de vicaire de cet archc-
« véque, a voulu nous tromper par des lettres subrep-
« tices, & n'a obéi ni à nos prières, ni à nos défenses
« réitérées. Mais il a reçu l'ordre du Roi de retourner
« incontinent en France, pour rendre compte de sa déso-
« béissance, & a été contraint par notre Gouverneur de
« se conformer aux volontés du Roi. Maintenant je crains
494 '•'' l'ARTlE. LES CENT ASSOC. KT LA COMP. DE MONTREAL.
« que, de retour en France, usant de tous les moyens, « employant de nouveaux artifices, & faisant un faux « exposé de nos affaires, il n'obtienne de la Cour Romaine « quelque pouvoir qui trouble la paix de notre Église. X Car les prêtres qu'il a amenés avec lui de France, & « qui habitent Montréal , sont animés du même esprit « de désobéissance & de division; & j'appréhende avec « raison que tous ceux qui, dans la suite, viendront se « joindre à eux, du Séminaire de Saint-Sulpice, ne soient « dans les mêmes dispositions. S'il eft vrai que le droit « de patronage de la prétendue paroisse de Montréal ait u été accordé au Supérieur de ce Séminaire, & le droit « d'y pourvoir à l'archevêque de Rouen, comme on dit « qu'ils l'ont obtenu par lettres subreptices, ce serait « élever autel contre autel dans notre Église de Canada; « le clergé de Montréal devant m'être toujours opposé, à « moi Vicaire apoftolique, ou à un autre qui me succéde- (i) Archives de la « fait Lm jour (i). » Il était naturel que, sur de telles LTfobt'iSrfï appréhensions, confirmées par les lettres de la Cour, le 33 verso. Saiut-Siége entrât en défiance; & en effet il donna ordre
au nonce d'empêcher l'exécution des Bulles accordées à M. de Queylus, de peur que, sans cela, tout le fruit de la (2) ibid., lettre du mission du Canada ne fût perdu (2); & l'on fut d'avis de
nonce du 20 janvier r ■ • - 11- j i r-» j
,g5 faire savoir a cet abbe , au nom de la Propagande, ou au
, , , nom du Souverain Pontife, qu'il n'eût à s'attribuer aucun
{i)10id.,-vn''ki\\end. ' ■*
novemb. i665,foi.G5. droit dans la colonie de Montréal (3).
DÉVOUEMENT DES PRÊ- j^g jufflce 6c la vérité nous obligent cependant