‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 350 sur 428 · I.A VEIVE CLOSSE. AU- TRES COLONS TIÉS AVEC LE MAJOR · texte numérisé non relu

I.A VEIVE CLOSSE. AU- TRES COLONS TIÉS AVEC LE MAJOR

.5 Greffe de Villemarie. A£le de Basset, ."o mars 1667.

(4) Ibid., 3 1 mars

Montréal, ce brave Major, en se dévouant tout entier au soutien de Villemarie, à laquelle il s'était donné, sut pourtant se conserver toujours Tamitié des Membres de la grande Compagnie, spécialement celle des RR. PP. Jésuites, qui, de leur part, lui témoignèrent conltamment une confiance particulière bien méritée (i). C'eft apparemment pour ce motif que, dans la Relation de 1662, ils lui ont donné ces éloges juftement dus à sa mémoire : « C'était « un homme dont la piété ne cédait en rien à la vaillance, (( & qui avait une présence d'esprit tout à fait rare dans « la chaleur des combats. Il a tenu ferme à la tète de vingt- « six hommes seulement contre deux cents Onnontaghe- II ronnons, combattant depuis le matin jusqu'àtrois heures Il après-midi, quoique la partie fût si peu égale. Il leur a Il fait souvent lâcher prise, les repoussant des polies Il avantageux & même des redoutes dont ils s'étaient Il emparés, & a juftement mérité la louange d'avoir sauvé Il Montréal & par son bras & par sa réputation. Aussi Il a-t-on jugé à propos de tenir sa mort cachée aux enne- « mis, de peur qu'ils n'en tirassent de l'avantage. Nous Il devions cet éloge à sa mémoire, puisque Montréal lui Il doit la vie (2). »

Lambert Closse avait épousé, comme il a été dit, Elisabeth Moyen, qui se trouva veuve à dix-neuf ans. La mort prématurée de son mari occasionna quelque embarras dans ses affaires, 8c mademoiselle Mance, sa mère adoptive, qui l'aima toujours comme son enfant, voulut bien s'obliger à payer annuellement aux créanciers les intérêts des sommes qui leur étaient dues (3). Madame Closse détacha pour la même fin dix arpents de son fief (4) ; 8c lorsque le Séminaire eut succédé à la Compagnie de Montréal, comme nous le dirons bientôt, il remit gratuitement à la veuve Closse tous les droits qu'il avait à percevoir sur ce fief; 8c cela, eft-il dit dans l'ade, en considération des bons & agréables services que son maria rendus à l'établissement de cette colonie, oit il a été

4'' GUERRE. FAIT D ARMES Df. SAINTE-MARII: . iflfrj, 517

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tué par les Iroqitois en la défendant (i). Il ne laissa dl'-ilisaheth Moyen, son épouse, qu'une fille, Jeanne Cécile Closse, alors âgée de deux ans, dont nous parlerons dans c'iotse, " la suite. Avec ce brave Major périrent trois courageux colons, Jean Le Comte, de la ville d'Orléans, paroisse de Notre-Dame de Recouvrance, âgé de trente & un ans ; Louis Griffon, de la Rochelle, âgé de vingt & un ans, 8c Simon Leroy, qui tous reçurent les honneurs de la sépulture, le lendemain 7 février, avec le Major, 8: furent inhumés au cimetière. Les communications étaient alors si difficiles, qu'on ne connut à Québec la mort du Major Closse qu'environ deux mois après, c'eft-à-dire à la fin de mars (2).

Pour le remplacer à "Villemarie, M. de Maisonneuve établit Major M. Zacharie du Puis, comme étant le plus digne d'occuper cette place, & même, en cas de besoin, de le remplacer lui-même en qualité de Gouverneur. Après M. du Puis, l'homme de' la colonie le plus propre au métier des armes était, sans doute, M. Picoté de Béleftre, qui commandait les travailleurs de la maison de Sainte-Marie ; &. excités par fexemple & la bravoure de ces chefs, les colons, malgré les pertes qu'ils avaient faites, ne cessèrent pas de montrer toujours le même courage dans les attaques que leur donnaient fréquemment les Iroquois. Trois mois après la mort du Major Closse, jour pour jour, le 6 mai de cette année 1666, eut lieu à Sainte-Marie un fait d'armes où M. de Béleffre eut occasion de faire éclater sa bravoure. M. Dollier, qui nous a conservé les circonftances de cette acfion, fait remarquer que la Reine du ciel, sous l'invocation de laquelle ce polfe avait été placé, semblait l'avoir pris sous sa sauvegarde, en préservant conftamment de la mort & même des blessures ceux qui le défendaient, quoiqu'ils fussent attaqués souvent. Il elf vrai que la plupart étaient des hommes de cœur qui avaient fait preuve de leur courage & étaient singulièrement redoutés par les Iroquois.

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1) Journal

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