IROQUOIS
4'' GUERRE. FAIT d'aRMES DE SAINTE-MARIE. lG()2. 5\C)
courage à toute épreuve, rencontrant la sentinelle qui fuyait, la fait entrer dans la redoute à coups de pied & à coups de poing, lui reprochant son indigne lâcheté, & produit sur elle une si efficace impression, qu'il semble lui rendre le courage. Alors commence, d'une part, l'attaque la plus vive. Si, de l'autre, la résiftance la plus vigoureuse : les Iroquois faisant sur la redoute de furieuses décharges, & les assiégés répondant, de leur côté, avec une confiance intrépide &. toujours avec dommage pour les Iroquois qui, après avoir tiré sur la redoute deux ou trois cents coups de fusil, n'eurent d'autre avantage que d'avoir coupé en deux le fusil de Roulier.
M. de Béleltre, entendant la fusillade, sort au plus vite de Sainte-Marie, avec tout ce qu'il peut y conduire d'hommes, pour dégager les assiégés; & chemin faisant il rencontre les travailleurs dont une partie fuyait & l'autre courait vers la redoute. Il arrête les fuyards, leur reproche une conduite si indigne des hommes de Sainte-Marie & les conduit tous avec lui au combat. Dès leur arrivée, ils commencent à répondre aux ennemis en faisant sur eux leurs décharges & en s'efïorçant de les invertir. Mais les Iroquois, s'apercevant qu'on allait leur couper le passage, s'enfuirent aussitôt dans les bois, emportant avec eux leurs blessés, dont l'un mourut peu après de ses blessures. Enfin on tira tant de coups de part & d'autre dans cette a6tion, qu'à Villemarie, en entendant ces furieuses décharges , on jugea que tous les hommes de ce pofte avaient été pris ou tués. On y courut en toute hâte, & on fut merveilleusement surpris, en arrivant, de voir tout le contraire de ce qu'on avait craint (i^i.
Pour inspirer à ses soldats cette intrépidité de courage dont nous avons raconté tant d'illuftres exemples, 6c ce mépris de la vie au milieu des dangers, le moyen qu'employait M. de Maisonneuve était de procurer (^ de maintenir dans la colonie l'intégrité des mœurs; 8»; parce
I. DE BIÎLESTRE DELI- VRE LES ASSIÉGÉS AVEC PERTE POLB LES IROlilOlS.
I Hiltoiredu MontrJal de lô'Ji à ii"iD2.