JUGE DE VILLEMARIE
qu'il était convaincu que rien ne pouvait les rendre plus impropres au métier des armes que les vices grossiers qui dégradent Thomme & déshonorent le chrétien , c'était surtout contre ces vices qu'il déployait l'énergie de son caraétère & sa sage & inflexible fermeté. C'eft ce que nous allons admirer dans sa conduite, comme juge particulier de File de Montréal, & Ton nous permettra de faire ici cette digression pour ne pas lui dérober une partie notable de la gloire qu'il s'eft acquise. On eft surpris qu'ayant passé toute sa vie dans le métier des armes, il ait su aUier ensemble & réunir en sa personne, le caradère décidé & résolu d'un Gouverneur militaire toujours prêt à marcher à l'ennemi, & celui d'un juge consommé dans l'exercice de la juftice, par la sagesse qui reluit dans toutes ses sentences, & qui même peut nous laisser incertains s'il a été supérieur comme Gouverneur de place ou comme juge (*).
(*) Appelé & choisi par la divine Providence pour exercer la juftice, M. de Maisonneuve se rendait digne, parla droiture invariable de ses vues & par la sainteté de sa vie, de servir d'organe à Dieu dans les jugements qu'il portait; & la sagesse de ses sentences peut juftifier à bon droit ces paroles de M. Olier, sur les qualités que devraient avoir tous les juges: « S'ils étaient bien purs, ils au- « raient dans leurs cœurs la sagesse & la force de Dieu, véritable « juge de tout le monde, dont ils ne doivent être que de simples n organes extérieurs. Les hommes étant corporels & visibles. Dieu se « sert de la personne sensible des juges pour rendre par eux ses « arrêts. Dans ces magiltrats on devrait donc voir paraître non-seu- « lement sa sagesse pour rendre à chacun ce qui lui appartient, selon u que Dieu le sait & le voit en lui-même, mais encore sa force pour Cl ordonner tout ce qui efl: de la jultice & que la sagesse leur montre, « sans jamais se laisser subjuguer par qui que ce soit, comme tenant « la place de Dieu, qui elf indépendant & ne peut être forcé par perce sonne. Ainsi le juge ert au-dessus de tout, incorruptible pour les « présents, ne recevant jamais rien de ses parties, des biens desquelles « il eft roi, pour en disposer dans l'équité & la juftice. En un mot, « il doit juger comme Dieu jugerait, s'il occupait la charge extérieure (i ) Manuscrits de ^ j^ j^^g tient; & porter des arrêts tels que Dieu même les pro-
M. Ol.er. Attnbuts ^ ^^^^^^^^-^^ ^j jg ^ause était plaidée devant lui (i). »
lElX DE HASARD ET