AU SUJET DU PRESBYTERE DE QUEBEC
Le témoignage de M. d'Argenson sur l'union qu'il fut charmé de voir régner à Québec entre M. de Queylus & les Pères Jésuites montre que la querelle survenue en ibSy entre les marguilliers & ces Religieux, à laquelle M. de Queylus fut obligié de prendre part^ n'altéra en rien la bonne harmonie; & pour mettre le lecteur à même de juger de cette affaire, qu'on a présentée sous d'assez fausses couleurs, on nous permettra de la rapporter ici en détail. Nous avons raconté qu'en 1645 les habitants, voulant offrir un presbytère à leur palleur, avaient donné six mille livres aux Jésuites, qui conftruisirent à cette occasion une maison sur leur propre terrain; et il fut convenu alors qu'ils relieraient en possession de la maison, dès qu'ils auraient rendu
la somme donnée. En i655, ils la rendirent en effet à la corporation '
des habitants, de qui ils l'avaient reçue; mais les marguilliers, se voyant alors sans presbytère & sans ressources pour en bâtir un,
demandèrent que la somme rendue à la corporation leur fût remise à '
eux-mêmes, ce que leur accorda en effet un arrêt du Conseil du 4 dé- '
cembre i65 5 (i). Toutefois, malgré cet arrêt, la somme ne leur avait (i) Archives de la pas encore été remise deux ans après, en 1657, lorsque M. de Queylus fabrique de Notre- ^
alla demeurer à Québec. Les marguilliers, voyant alors qu'il exerçait '^^["^ , '^^ ^"^^t'^' >
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les fonctions cunales sans avoir de presbvtere, car il demeurait au „ 5 , '
château Saint-Louis avec M. d'Aillebouft, profitèrent de cette circons- ^1^^
tance pour se faire rendre la somme, déjà adjugée par arrêt. Mais, •''It-'
craignant sans doute de ne pas l'obtenir en attaquant direitement la corporation, ils prièrent M. de Queylus, comme curé, de réclamer luimême des PP. Jésuites la reftitution du presbytère pour s'y loger, ou J la somme donnée pour en bâtir un, alin que ces Religieux obligeassent
eux-mêmes la corporation à la rendre à la Fabrique. M. de Queylus ;
ne crut pas devoir leur refuser son concours pour une demande jutte en soi, qui ne pouvait porter aucun préjudice aux Jésuites. La requête fut donc présentée au nom de M. de Queylus par M. d'AlIet . son