‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 69 sur 428 · PAIX M. D AILLEBOLST FORTIFIE VILLEMARIE · texte numérisé non relu

PAIX M. D AILLEBOLST FORTIFIE VILLEMARIE

PAIX. VILLEMARIE FORTIFIÉE. 1646. Sq

parties de leur pays pour surprendre les Hurons & de là venir fondre sur Villemarie. A ce discours la terreur saisit quelques-uns des sauvages ; ils s'éloignèrent incontinent de cette place, & le Borgne de l'île, qui s'était déjà retiré précédemment aux Trois-Rivières, envoya des messagers coup sur coup, pour presser ceux de sa nation qui reftaient encore à Villemarie de descendre au plus vite, ce que

., ,, 1 / \ (ijR(.-lationdeiC4G,

pourtant ils ne nrent pas alors (i). p 3^

Les Agniers ne laissaient pas cependant de rôder a ia faveur de souvent auprès du Fort des Trois-Rivières, & plus souvent encore autour de Villemarie. La défiance qu'ils inspiraient fut cause que, dans ce dernier porte, on crut sagement qu'il fallait se prémunir contre eux. « M. d'Aillebouft, i( rapporte le P. Lallemant, s'eft bravement fortifié ; il eft « louable en ce point, ayant mieux aimé quitter quelques « ouvrages particuliers fort importants, que de manquer « au public (2). )) Il parle ici de plusieurs terres que (2j Relation de 1647, M. d'Aillebouft faisait défricher & mettre en culture, pour son propre compte & pour le bien des colons, quoique sans dessein de se les approprier, les Associés de Montréal ayant promis de renoncer à toute propriété particulière sur les terres de l'île & de travailler gratuitement à l'œuvre de Villemarie. Il profita donc de ce temps de calme pour achever les fortifications de Villemarie, & réduisit le Fort à quatre balfions réguliers, si bien construits & si solides, qu'on n'avait encore rien vu de semblable au Canada. Il eft vrai que ce Fort, ayant été établi trop près du Saint-Laurent, qui sort quelquefois de son lit, était menacé, à certains temps de l'année, d'un entier bouleversement, à cause des montagnes de glace poussées par les eaux de ce fleuve; & il arriva de là que, dans la suite, après que les colons furent sortis du Fort pour se fixer svir les terres, on négligea d'en réparer les battions, qui n'exiftaient plus déjà en 1672, ainsi que nous le dirons en son lieu. Néanmoins, au temps où AL d'Aillebouft les fit conftruire, ces battions furent très-avantageux

p. 2?, anc. édit.

6o II' PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COMP. DE MONTRÉAL.

pour la défense de la place & inspirèrent de la terreur aux Iroquois.

LE PÈRE joGUEs, EN- A roccasioii dc la paix faite avec les Agniers , on

voYE A AGNiE POUR ^yJ^^^. j^„^ ^ Dropos d'envover chez eux le P. Jogues, pour

CONFIRMER LA PAIX ' '^ '^ 'l ■ r C\- t--JHJA/r

PAR DES PRÉSENTS. Icur témoiguer la satisfaction & la joie de M. de Montmagny de voir enfin la bonne harmonie si heureusement rétablie. Mais des Algonquins chrétiens, voyant ce Père qui s'embarquait, l'avertirent de ne point parler de la foi de prime abord aux Agniers : « Il n'y a rien de si rebutant, au commencement, lui dirent-ils, que notre doctrine, qui semble exterminer tout ce que les hommes ont de plus cher; & parce que votre longue robe prêche aussi bien que votre bouche, il serait à propos de paraître chez les Agniers avec un autre habit. » Le P. Jogues suivit ce conseil, comme étant très-sage ; & accompagné du sieur Bourdon, habitant de Québec, il partit, le i6 mai 1646, des Trois-Rivières, conduit par quatre Iroquois Agniers & suivi de jeunes Algonquins, qui portaient dans un canot à part des présents, de la part de M. de Montmagny pour la confirmation de la paix. La veille de la fête du Saint-Sacrement, ils arrivèrent au bout d'un lac qui se joint à un autre plus grand, nommé déjà lac Champlain, 8: ils donnèrent à l'autre le nom de lac du Saint-Sacrement, qu'il a conservé jusqu'à ce jour.

Page 1