‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 68 sur 428 · MM. DE MONTREAL · texte numérisé non relu

MM. DE MONTREAL

pouRCEBiENFAiTEUR. sultc dcveHU paralytiquc & affaibli de cerveau, se mit, au bout de quelques années, à redemander à M. de Maisonneuve ce qu'il avait donné à la Compagnie, alléguant qu'il voulait repasser en France & s'y faire traiter. Une telle demande eût pu surprendre tout autre que M. de Maisonneuve; mais, toujours semblable à lui-même, ce cœur si noble & si élevé, lui fit cette réponse bien digne de lui : « Monsieur, nous n'avons rien fait par intérêt, tout est « encore à vous; vous pouvez en être assuré. Ici je vous

(*) C'étaient la métairie de Saint-Barthélémy, située dans la paroisse de Corhye, proche d'Alençon; le fiel" d'Harinvillers, dans les paroisses de Saint-Aubin & Coulonges, consiflant en rentes seigneuriales; enfin les terres de Launay & de Souches, dans la paroisse de Saint-Aubin; le tout pour la somme de vingt-trois mille livres.

PAIX. M. DE PUISEAUX. 1646. Sy

« donnerai tout ce dont vous aurez besoin; & je vous « adresserai à MM. de la Compagnie de Montréal, en « France, qui reconnaîtront largement le bien que vous « nous avez fait. » Ceci s'était passé en 1644. M. de Puiseaux avait quitté alors Villemarie, avec madame de la Peiterie, au grand regret de tous les colons, & était retourné à Québec, où il avait repris possession de ses biens; ce qui fut cause que, le i3 septembre suivant, il fit une donation devant notaire (i). Deux ans après, le ig odobre i)Aaes de xron- 1646, M. de Maisonneuve, étant donc à Québec, ratifia, au ''"^'' "' ^'^p*' "^^• nom de MM. de la Compagnie de Montréal, la cession qu'il lui avait déjà faite des fiefs de Saint-Michel & de Sainte-Foy, ainsi que celle de tous les biens mobiliers donnés en 1641, Se M. de Montmagny, Gouverneur, assifté du sieur Noël Juchereau, licencié en droit, devant lesquels fut conclu cet accord, déclara que M. de Puiseaux, en rentrant en possession de ses terres, rembourserait à M. de Maisonneuve les sommes que MM. de Montréal avaient dépensées, pour des défrichements faits 'à Saint- Michel (2). Mais, ce qui eft très-remarquable, quoique (2) Documents pour M. de Puiseaux eût repris tous ses biens, les Associés de c^nâj/ jg "g^c à Montréal exécutèrent avec une religieuse fidélité la pro- 1708, in-foi., pièce messe que lui avait faite M. de Maisonneuve. Nonobstant "°°'^ Cluébec. ce désiftement qu ils attribuaient à l'aftaiblissement de ses facultés, ils le considérèrent toujours comme l'un d'eux, lui prodiguèrent toutes sortes de soins, le traitèrent avec la même affeéfion que s'il eût été leur propre frère, & veillèrent sur lui avec la même sollicitude jusqu'à son dernier soupir, qu'il rendit à l'âge de soixante-dix-sept ou soixante-dix-huit ans. Comme tous les Associés de Monttréal, M. de Puiseaux désirait beaucoup de voir ériger un Siège épiscopal en Canada, & donna même par son teftament, fait à la Rochelle le 21 juin 1647, la terre de Sainte-Foy, pour le soutien du futur évêque(3) (*). M. de rs) Notes sur ksre-

sridres de Notre-Dame

de Québec, in- 12, p.

(*) Cette disposition teftamentaire de M. de Puiseaux refta long-

agniersdans la paix qu'ils avaient faite.

Maisonneuve, ayant terminé les arrangements dont nous parlons, repartit donc pour la France le 3 1 odobre, quoique, sans le savoir, il dût trouver sa mère remariée. Il fit cette traversée avec MM. Giffart & Tronquet, qui allaient solliciter, touchant la traite, quelques règlements dont nous parlerons ailleurs ; & M. d'Aillebouft, en l'absence prolongée de M. de Maisonneuve, continua d'être chargé du commandement à Villemarie.

MAUVAISE FOI DES Malgré la joie universelle que Talhance , conclue

en 1645 avec les Iroquois avait fait naître à Québec, à Villemarie & aux Trois-Rivières , on n'avait cependant contrafté la paix qu'avec une seule des cinq nations iroquoises, celle des Agniers, les plus rapprochés de l'île de Montréal. Sous le nom d'Iroquois, on comprenait cinq nations confédérées : les Agniers, les Onneiouts, les Onon- (:) Relation de 1646, tagués, les Sounontouans 8c les GoiogBens (i). Ces quatre ^' ^' dernières n'avaient point paru dans le traité d'alliance ; &

encore les Agniers ne firent avec les Français qu'une paix fourrée, résolus qu'Us étaient de les surprendre lorsqu'ils les verraient le moins sur leurs gardes, & qu'ils pourraient les accabler impunément. Mais, ne jugeant pas que le moment fût favorable pour faire alors quelque coup, ils reftèrent tranquilles cette année 1646. Ceux d'entre eux qui allèrent à Villemarie dirent cependant aux sauvages des diverses nations qu'ils y trouvèrent que les Iroquois d Onneiout & ceux d'Onnontagué, n'étant point entrés dans le traité de paix, ils eussent à se tenir sur leurs gardes, attendu que ces deux nations Iroquoises étaient

temps ignorée, & ne fut connue en Canada que vers l'année lySS.

Mais, quelque diligence que fissent alors les membres du Chapitre de

Québec pour en presser l'exécution, ils ne purent jamais découvrir

(2) o es sur '-sr'-- j^ i^^j-q Je Sainte-Foy (2), qui, après la mort du teftateur, dut être

entres de Notre-Dame , ,, ■' ^ {' ;. ' '^ , i i • j i

de Ouébec in-f p o'^cupee par d autres particuliers, ou rentrer dans le domaine de la

i„ ' ' grande Compagnie, comme un bien abandonné. Cette terre, d'après

(3)Hiftoire duMont- M. DoUier de Casson, était située à une journée au-dessus de Québec,

re'alj.de 1640 à 1641. sur le bord du fleuve Saint-Laurent (3).

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