CE DE POURVOIR A LA SURETE DU PAYS
D'après ces mêmes articles, le Gouverneur de Québec m.demcxtmag.nychar avait vingt-cinq mille livres d'appointements par an, a^ec privilège de faire venir, chaque année, sans frais pour lui, soixante-dix tonneaux de fret par les vaisseaLix de la flotte, à la charge pour lui d'entretenir le Fort de munitions & d'armes; d'avoir, outre son lieutenant particulier, un autre lieutenant aux Trois-Rivières, &, enfin, soixante-dix hommes de garnison, qui seraient nourris aux frais du magasin, & que le Gouverneur général repartirait dans le pays, selon qu'il le jugerait plus utile. Quant au Gouverneur particulier de 'Villemarie, il devait avoir dix mille livres d'appointements, trente tonneaux de fret & entretenir une garnison de trente hommes; enfin cinq mille
livres étaient accordées, chaque année, aux Jésuites pour
(n Archives de leurs missions (i). En fixant ainsi ces appointements, on
1 Empire, a Pans; re- ^^,g^j,. prétendu Dourvoir d'une manière efficace à la sûreté
giltre des arrêts du tr ir
cor.seii, vol. 1920, p. du pays; & cependant, depuis que ces articles étaient "°^^"'"- censés être en vigueur, on n'avait presc|ue rien fait pour
le défendre. M. de Montmagny, comme Gouverneur général, devait entretenir un lieutenant aux Trois -Rivières, placer un commandant au Fort Richelieu, poLirvoir ces polies d'hommes, de munitions & de vivres ; & on ne voit pas qu'il les ait secoLirus depuis le renouvellement de la guerre, alors qu'ils avaient tout à redouter de l'audace des Iroquois. C'elT: peut-être ce c;[ui explique pourquoi M. de Champflour, qui avait commandé jusqLi'alors aux Trois- Rivières, repassa en France après l'arrangement dont nous parlons, & fut remplacé, pendant un court espace de temps, par M. Bourdon, jusqu'à ce que M. de La Poterie
(2) Relation de 1 668, . , , , ^ /- n / %
(3 prit le commandement de ce polte, en 1048 (2).
M. DEMONTJiAGNY LAISSE Ce fut pcut-êtrc aussl pour le même motif que M. de Senneterre, Commandant au Fort Richelieu, quitta pareil- LEs lement cette place, plus exposée qu'aucune autre aux atiRoauois. taques des Iroquois, & repassa en France; du moins eft-
il certain que le Fort Richelieu, conftruit d'abord à grands frais, fut presque abandonné par M. de Montmagny, qui n'y laissa que huit ou dix soldats, selon la remarque du
(3) Journal des Je- P. Jérôme Lallemaut (3). 11 paraît même que ce Fort fut suites, 1645. entièrement évacué ati commencement de la seconde
guerre des Iroquois, sans doute à cause de la crainte qu'avaient laissée dans tous les esprits les hoftilités si piressantes & la cruauté de ces barbares contre ceux qui le gardaient auparavant. C'eft ce que suppose M. Dollier de Casson, en assurant qu'au commencement de l'hiver 1646, le Fort RicheUeu avait été laissé sans monde, & qu'après l'avoir pillé, les Iroquois le brûlèrent, afin de ne (4)Hiitoiicdu.Mont- pouvoir être accusés de leur pillerie (4); motif qui eût été rea,i 43, 11)47. g^j^g fondement, & contre toute raison, si le Fort eût été occupé encore par huit ou dix hommes. On doit donc
SANS GARNISON FORT KICHELIEl-, QUI EST BRULE PAR