‹ Histoire de la colonie française in CanadaChapitre 96 sur 428 · MAISONNEUVE ET DE · texte numérisé non relu

MAISONNEUVE ET DE

gny, continue jusqu alors de trois ans en trois ans ^2; dans ^^ ^, „lebou'tdvns la charge de Gouverneur de la Nouvelle-France. C'est là la révocation de m. cependant ce que M. de La Chesnaye, dans un mémoire demontmagnv.

P -, . , ,. i2)CompIémentsaes

fort peu exact, composé cinquante ans plus tard, qualme ordonnances, commisune cabale ourdie contre ce Gouverneur, par cinq ou six s'°"s &c., Q.uébec, familles, qui passèrent, dit-on, en France, & firent nommer ' ^^' P' ' l'un d'eux (3) (*). Parlant sans doute ici, entre autres, (?) Archives de la de M. de Maisonneuve, de M. d'AiUebouft, de M. des '"='""^.à Paris Mé-

' ' moire de M. de la

Chàtelets, il suppose que ce fut pour s'enrichir eux-mêmes chesnaye, 1695. qu'ils firent révoquer M. de Montmagny. Mais assurément on ne peut attribuer un pareil motif à M. de Maisonneuve; son désintéressement n'a jamais été conteifé ni en France ni en Canada; ce fut lui d'ailleurs qui, dans le Conseil, à Québec, refusa de signer, comme contraire au bien général, un certain article par lequel les autres conseillers voulaient s'attribuer des gratifications exorbitantes, en sorte que, par son refus, cet article n'eut point lieu, malgré les intrigues des intéressés. « Tous ceux du

(*) Ce mémoire, compose' en 1695, eft assez inexaft, pour ne rien dire davantage; l'auteur attribue même à cette prétendue intrigue, ourdie en 1647, l'abandon fait aux habitants du commerce des pelleteries, qui avait eu lieu deux ans auparavant, & qu'il représente comme un coup porté aux Cent-Associés, & la ruine de leur Compagnie.

« Conseil, rapporte le P. Laliemant, se firent puissam- « ment augmenter leurs gages & récompenser de leurs « services ; ce qui apporta une telle confusion qu'on en n eut honte, & que, M. de Maisonneuve n'ayant point (i) Journal des Je- ,, voulu signer, rien ne fut signé de ces gratifications (i). »

suites, ib4 . Q^^ ^^^ pg^j. ^^j^ pj^^g |g soupçonner d'avoir voulu dominer,

en sollicitant la révocation de M. de Montmagny, puisqu'il refusa la place de Gouverneur général, lorsqu'elle lui était offerte. Quant à M. Louis d'Aillehouff, il y aurait de Tinjustice à l'accuser d'avoir brigué cette charge, M. de Maisonneuve lui ayant annoncé, en arrivant de France, qu'elle lui avait été réservée à son insu. On ne pourrait non plus le soupçonner d'avoir voulu s'enrichir, puisque, dans cette occasion, il alla en France comme député des habitants, (2) Archives de la ainsi quc M. des Chàtelets (2) pour demander, entre autres

manne, a Pans ; arrêt ^hoscs , Que les aj-ipointements du Gouvcmeur général,

du conseil du ? mars ^ 1 r r 07

1648. au lieu d'être maintenus à la somme de vingt-cinq mille

livres, fussent réduits à celle de dix mille; ce qui fut approuvé par la Cour ainsi que les autres amendements qu'ils proposèrent de faire à l'arrêt de 1647.

TRISTE ÉTAT DELA co- Au rcfte, la supplique des colons, qui servit de motifs

Gom^ERNEAmNTDEM" ^^^ Houvel Brrêt du conseil du 5 mars 1648, fait assez coude moxtmagny. naître le triffe état où la colonie était réduite à la fin du gouvernement de M. de Montmagny. « L'intention de Sa Majefté & des rois ses prédécesseurs, disent-ils, était d'accroître les colonies & de peupler le Canada de Français catholiques, afin de disposer plus facilement, par leurs exemples, les sauvages à la religion chrétienne & à une vie civile, comme aussi de tirer de ces terres quelque commerce avantageux & utile à ses sujets. Néanmoins, au lieu de cela, le pays se dépeuple & le commerce y dépérit, tant par défaut de police que pour les grandes dettes qu'on y contrade pour subvenir aux dépenses nécessaires, comme aussi pour l'inobservation de plusieurs articles de l'Édit d'établissement de la Compagnie de la Nouvelle-France, & même pour l'inexécution de

2^ GUERRE. ADMINISTRATION DE LA COLONIE. 1648. qS

n Tarrêt du dernier règlement de mars 1647; mais princi-

i( paiement à cause des incursions des Iroquois, ennemis

« communs de tout le pays, qui pillent & ravagent

« les habitations Françaises & sauvages par eau & par

« terre, sans qu'on se mette en devoir d'y remédier. Afin

« donc qu'il soit pourvu par Sa Majefté à ces maux, les

« sieurs dAilleboult 8: des Chàtelets, députés des hahi-

« tants de la Nouvelle-France, supplient qu'en inter-

(i prêtant & modifiant le règlement dernier, il lui plaise

« de leur accorder les articles énoncés dans leur re-

« quête (i). 11

Ces articles, ayant été examinés au Conseil du Roi, en présence de la Reine régente, furent approuvés pour servir de règle à Tavenir. Le Roi ordonna que le Conseil fût composé non plus de trois membres, mais de cinq : du Gouverneur, du Supérieur ecclésiaftique & de MM. de Chavigny, Godefroy de Québec & Giffard, ou même de sept membres, lorsque les Gouverneurs particuliers de Montréal & des Trois-Rivières se trouveraient à Québec ; enfin il déclara qu'en l'absence de quelques-uns des conseillers, il serait nécessaire qu ils fussent au moins deux pour délibérer légitimement avec le Gouverneur, & même trois, si le Gouverneur était continué dans sa charge. Il réduisit les appointements du Gouverneur général à dix mille livres; les soixante-dix tonneaux de fret à douze, & sa garnison à douze soldats, & régla que les Gouverneurs particuliers de Montréal & des Trois-Rivières recevraient trois mille livres, qu'ils auraient six tonneaux de fret & six soldats pour leur garnison. Enfin, quant aux dix-neuf mille livres supprimées par cet arrêt, & prises sur les appointements assignés par celui de 1647, le Roi ordonne qu'elles soient" employées à former, sans délai, un camp volant de quarante soldats, qui seront tirés des garnisons déjà exiftantes, si l'on y trouve ce nombre d'hommes disponibles, ou, dans l'autre cas, qui seront levés le plus tôt qu'il se pourra. L'été, ce camp volant gardera les passages

i I Archives de l'Empire, regillres des arrêts du conseil, 5 mars 1648.

CRÉATION d'un NOUVEAU CONSEIL; ÉTABLISSE- MENT d'un camp volant POUR LA SÛRETÉ DE LA COLONIE.

94 n''rARTiE. les cent assoc. et la comp. de Montréal.

par eau & par terre, sous la conduite de celui qiie le Gouverneur général en jugera capable; & Thiver, il sera départi dans les garnisons pour aller de là battre la campagne & courir le pays. Le reste des dix-neuf mille livres sera employé en achat d'armes, de munitions de gvierre & au soulagement des sauvages, suivant les ordres du Conseil de Québec. Outre ce camp volant, le Roi permet de faire passer tous les ans au pays des Huronsune compagnie composée de ceux des habitants qui auraient le désir d'y aller à leurs frais pour servir d'escorte tant aux Hurons qui seront venus à la traite qu'aux missionnaires, qui ne peuvent plus s'y rendre sans ce secours. Et pour donner à cette Compagnie de volontaires le moyen de subsifter, le Roi leur permet le négoce des pelleteries durant , , , , . , leur voyage, à la charge de les rapporter aux magasins

( I ) Archives de J o ^ o r r ■j ^

rEnipire,re£:iftresdes du pays pour le prix qui aura été fixé par le Conseil de

arrêts du conseil, 5 Q^^^bg^ (l). mars ib^S. ^ ^ ^

MURMURES CONTRE M. Lcs cliangcments que nous énumérons ici, quoique

d'ailleboust. mort tous dans l'intérêt public, ne furent pas cependant goûtés

DEM. DE REPEXTICN'V. , i* 1 " ' J • ^ J ^

par quelques particuliers, qui devaient sans doute en recevoir du dommage, en se voyant déçus de leurs prétentions. Quelques-uns de ces derniers, qui allaient retourner en Canada sur les vaisseaux de la flotte, en prirent même occasion de se montrer ouvertement opposés à M. d'Aillebouft; & il semble que M. de Répentigny, jusqu'alors Général de cette flotte, était du nombre des mécontents. Du moins le Roi, informé des oppositions faites à M. d'Aillebouft, nomma celui-ci Général de la flotte, pour ce voyage seulement, sans que sa nomination dût tirer à conséquence pour l'avenir ; en même temps il lui donna le pouvoir de nommer les Commandants de vaisseaux qu'il aurait pour agréables; & quant à M. de Répentigny, il déclara (2j Archives du mi- q^^jj ^^ serait Général de la flotte qu'au prochain retour en

nistere des affaires J^ . , .

e'trangères,àParis,vo- France des memes vaisseaux (2). Cette mesure severe, qui lume Amérique, fol. réduisait M. de Répentigny à faire la traversée, cette fois,

367, lett. du 9 mars . , .,."",., ■ i- ^i- t. i

ig^s, comme simple particulier, était de nature al anecter beau-

2"= GUERRE. M. d'aILLEBOUST, GOUV. GÉNÉRAL. 1648. g5

coup. Il tomba malade dans la traversée & mourut même

avant que la flotte fût arrivée à Québec (i). ^Ç.^Reia.ion de .g+s,

XXXMl.

Le 20 août, fête de saint Bernard, M. d'Aillebouft m. d'ailleboust sucarriva devant ce pofte (2), & fut reçu comme Gouverneur '^^^^ * *'■ °^ "°'''^-

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