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CHAPITRE IV. LA COMÉDIE A ATHÈNES

de la représentation (i), puis se subordonnait à la voix et la soutenait sans jamais la couvrir (2). La déclamation n'était donc ni réglée par la musique comme un chant (3), ni entièrement dépendante des sentiments du moment; c'était une prononciation accentuée, qu'un accompagnement simple et lent faisait mieux ressortir. En cela d'ailleurs on subissait aussi la conséquence des masques : en grossissant démesurément la voix, ils l'empêchaient de nuancer ses modulations, de rester suffisamment personnelle et vivante, de s'impressionner tour à tour de tous les sentiments d'un rôle; elle n'échappait à une monotonie rude et déplaisante qu'en variant les intonations et en les soumettant à un rhythme plus musical. Quoique exagérée jusqu'au grotesque, l'ouverture des masques ne laissait pas apercevoir d'une manière assez distincte le mouvement des lèvres, et les acteurs, emmaillottés dans leur costume et confinés sur une scène sans profondeur, se permettaient à

des Romains et le Silete du moyen âge , tout iv toîit'.v «ùaoî; ^LO'jrjiMi y.m xv) Xûfa,

ce qui dépendait de la pièce et restait en de- toï; -ri'^tzioo'.ui ita-.Yvioiî •

hors,^puis par extension l'Exode proprement a^ms Athénée, 1. xiv^ p. 618 A.

dit (iîoj'î'.y.à ïj 'j-oyt.)fT,Ti/.à), et probablement

l'Ouverture. Au nioins signifiait-il Lever du ^^^^^ ^^e"*^ harmonie était fort imparfaite : on

soleil,et peut-être Action de paraître en pu- appelait même la déclamation dramatique

blic: voy.Plutarque, So/on, ch. xxi, par. 5. ^«P^^-'^ï^' c'est-à-dire d'après Hésychius, s.

(1) 2Tâ<T'.v i^Xôiv ix w; /.iOapo)5uûv vôao,v V., tÔ xà a^i^axa ja-)) ûuo j^iXec T^iy^w, et selon clpYaaiAivv ; Ranae, v. 1 28 I . «l-aal, dit le Sco- Hermann, rccitatio absque moduiatione ; Eleliaste, Ibidem, v. 1264 , HlSiabl^o-j l^YeaGai, ^(^^^(^ doclrinae metricae , p. 286. La déi'xav -/jaj/.la; Tiàvxwv yîvoi;i£vïi; sv5ov ô aù).r,xr,<; aav). claniation de la tragédie était cependant , se-

Tibicen vos interea hic delectaverit : ' ^^^ '^"^," apparence, devenue plus musicale :

„, , „ , , ^ , ,^^ voy. entre autres témoignages le fragment du

Plante, Pseudolus , act. I, se. v, v. 160. p,,ueuripide d'Axionicus , dans Athénée ,

Voy. aussi le Stichus , act. V, se. iv, v. 5 1. iv, p. 170 B.

et 6. Aristote nous apprend, Poetica , ch. (3) Aristophane introduit dans /es Oîsmwa; xvni, par. 7, que depuis Agathou les iuter- un poète dithyrambique dont, par conséquent, mèdes, i^S6\v^a, étaient des chants étran- la déclamation ressemblait à un chant, et gers à la pièce, que le Chœur chantait; mais Pisthétairos lui dit, v. 1382 : il parlait sans doute, non de véritables en- „ - -, t. <^i. » i, , - Ir actes, incouciuables avec la lorme des tragédies qui nous sont connues, mais du temps ^^ 'i* également dans un vers anonyme , cité qui séparait nécessairement la représentation parPhotius, Lexicon, p. 384 : des différentes parties d'une trilogie. riaûirai [j.eXw5oy(7' , àXKà. tcî^yj [aoI <fp«<Tov.

(2) Éphippus disait dans la Vente ou peut- On sait par Lucien, Anacharsis , par. xxui, être la Proslilution ( 'E,xito/,o ) : ,ju<. la déclamation de la comédie était plus

Koivojvit Y«p, i iicifàxiov. Y, naturelle que celle de la tragédie.

peine quelques gestes insignifiants. Il fallait donc que, malgré le déguisement de la voix et sa prononciation factice, Toreille suppléât les yeux, qu'elle reconnût avec assez de certitude les changements d'interlocuteur pour que l'intelligence pût suivre aisément la pièce, et cela fût resté à peu près impossible, sans une mélopée particulière à chaque acteur. A l'origine, il récitait de son mieux ce qu'on lui avait donné à dire, en s'inspirant uniquement de son talent : sa déclamation se conformait à tous les sentiments de son personnage et en prenait le ton; elle se précipitait, se déprimait et s'enflait avec eux. Mais les acteurs , passés sans y penser d'une procession sur la scène, ne pouvaient avoir d'abord le costume de leur rôle, et, par tradition, gardèrent des habits de fête (1), dont ils exagéraient également tous la magnificence (2). Il fallut donc indiquer par d'autres signes au moins la position des personnages dans le drame, et on leur assigna, à chacun selon son importance, une porte particulière et une place sur le théâtre (3). Des distinctions si factices et si absolues ne pouvaient pas être toujours respectées : les exigences du sujet ou les convenances de la mise en scène dérangeaient quelquefois cet ordre officiel (4), et la moindre infraction à des habitudes si arrêtées aurait alors gravement trompé les spectateurs. Pour établir d'une manière définitive une préséance dramatique et caractériser vraiment un premier, un second et un troisième

(1) Voy. Millier, Eumeniùen, p. xxxii. l'avoûs déjà dit, les scoliastes ont généralisé

(2) Voy. Aristophane, Ranae , v. 1061; à tort quelques faits particuliers : ces préten- Lucien, Anacharsis , par. xxiii, et Nigri- dues distinctions auraient été le plus souvent nus, par. xi. aussi impossibles à appliquer avec quelque \rai-

(3) PoUux, 1. IV, par. 124. Jam veroin om- semblance que les fameuses règles des trois nibus, quae populo exhiberentur, fabulis dili- Unités. Ainsi, par exemple, quelque fût leur genter hoc a poeta observatum esse arbitror bonvouloir, les spectateurs du P/i(7or<è<en'auut, quaenam in unaquaque fabula partes raient pu croire à laréalité des trois portes dans essent primae, quae secundae, quae tertiae une île déserte, et Eschyle dit positivement dès accurate indicaret ; Bottiger , Prolusio de le v. 2 du Prome7/iee que la scène était dans actoribus primarum, secundarum et 1er- une solitude inaccessible, iSaTov tl; ifr,;iiav : il tiarum partium in fabulis graecis, p. 8. était encore plus impossible de supposer trois

(4) Probablement même, ainsi que nous portes dans le fond du théâtre.

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