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CHAPITRE V. LA COMÉDIE D'ARISTOPHANE

ses prétentions politiques, renoncer à ses gaietés violentes et à ses crudités d*expression , oublier son esprit populaire et» sinon rompre , dénouer de plus en plus avec toutes ses traditions : elle ne fut plus ramusement naïf d'un peuple entier en goguette^ mais un divertissement de gens de lettres goûtant leur plaisir en gourmets. Si purement athénienne qu'elle restât par le style, si parfaite à certains égards qu'elle soit devenue après de nombreux tâtonnements, ce n'était donc pas le libre épanouissement du génie grec^ et elle garda jusqu'au bout la tache de son origine. C'était une littérature de regain, due au travail et au bel-esprit plus encore qu'à la nature du Peuple et à sa sève. La vie réelle y manquait, et sa suprême élégance ne cachait pas sa frivolité. Ces comédies-là étaient plus faites pour être lues à huis clos, pendant les intermèdes d'un banquet , à des rafiSnés de volupté qui les écoutaient en souriant, une couronne de roses sur la tête, que pour être représentées publiquement sur un théâtre, devant de vrais spectateurs, accourus tout exprès de la ville et des faubourgs, et ne songeant qu'à rire.

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