CHAPITRE II. LES DIALOGUES BACHIQUES
agréables à Bacchus (1), et l'on dénia aux citoyens le droit de s'en offenser et d'invoquer contre leurs énormités la protection des lois (2). Ces dialogues sans lien et sans but, capricieusement improvisés, pendant la course de TOrgie, se groupèrent à Timitation des épisodes tragiques, se soumirent à une vague unilé de temps, de lieu et d'action, et voulurent former une sorte d'ensemble. Maïs, malgré ces ressemblances extérieures, les Phallophores conservèrent leur caractère primitif et différaient essentiellement par leur caractère et par leurs discours des Ithyphalles. Ceux-ci appartenaient au cortège officiel de Bac chus ; ils revenaient comme lui de l'autre monde et en rapportaient des visages de Larves; ils devaient nécessairement parler aux spectateurs des choses passées depuis longtemps, et les épouvanter de leur laideur et de leurs souffrances. Les autres étaient au contraire de joyeux vivants qui se plaisaient même à abuser delà vie ; par leur naissance, leurs ridicules et leur gaieté, ils faisaient partie de la foule accourue pour s'amuser autour de leurs tréteaux ; toutes leurs paroles gardaient leur date, restaient des paroles de fête, et la difformité de leur masque ne pouvait pas être un épouvantail, mais une caricature. La Comédie grecque était trouvée (3), trop âpre encore, trop vagabonde et trop débraillée, même pour les saturnales d'une démocratie, mais il ne lui fallait plus que se discipliner qaelque peu, se tempérer et se contenir, et cela arriva, sans préméditation et sans effort, par le progrès naturel .de la civilité et le développement des instincts délicats de la race.
({) Lueien, PiM<Uor, par. xxr. ch. iy, par. 10 : ol ^ïv àvxi tûv làjiSuv xiayna-
(2] C'est au moÎBB ee qui lemble ressortir ^oicoiol i^ivovro, et U ajoute , par. 12, que la
de ces deux vers d'Aristophane : comédie Tenait dirà tCr* Hla-^id^Tw) tè faXXuâ.
*Hioti( (titf^otKiAviieiirtaw f^TM^ 6« iVc' àmtfit^ti. De là ce passage de Suidas, s. t. £ x rfi kti) « :
iM|&«É^Otl( i» xaXi ««T^idit TtXttottf tttlf 10& aïo- *H «wiiM^la thv «kuhtix^ àici^c^tv nm^tl . Un sou-
Kanae^y. 867-8. [vbcoM • tenir Titant en était resté dans la significa-
(3) Aristotê a dit posititenient , Pœtica , tien de Kwit^^it», Lancer des traits satiriques.
260 LIVRE IV. COMÉDIE GRECQtJE.