CHAPITRE IV
La Comédie à Atliènes.
Dans les campagnes si peu favorisées de TAtlique^ les fêtes de Bacchus se célébraient avec la même gaieté et les mêmes folies (1). Bien des années après que la Comédie eut pris une forme plus littéraire et plus complète, les chants phalliques y conservaient encore leur crudité et leur verve grossière (2). On avait voulu, comme dans le Péloponése, ajouter à la joie publique, en les entremêlant d'invectives : Injurier du haut dun chariot gardait même encore, du temps de Ménandre, un sens assez vivant pour que Démoslhène n'ait pas dédaigné de s'en servir dans son plus beau discours (3); et il est au moins probable que les comédies en prose, essayées encore du temps de Pèriclès (4), avaient une raison d'être et voulaient reproduire avec une fidélité plus matérielle les divertissements ordinaires du peuple. Soit que Sousarion ait vraiment apporté de Mégare en Attique des scènes moins imparfaites, ou qu'on ait exprimé par une métaphore, entendue mal à propos dans un sens littéral, les emportements de sa gaieté (5), il fut le premier . qui soumit ces dialogues improvisés à une sorte de versifica-
(1) Constructis aris in honorem divinae la Bodléienne, publié par Gaisford : *k^yy^i rei circum Atticae vicos, villas, pagos et com- ifdt? Iv toTç A'-ov-jalot; jx60'j<rt4yn(; xwjiàÇowi , yxV pita festum carmen soiemniter cantabant j i^ji-ipav ^ï toùç oravTû'/Taç axàirtouaiv èo' i^jaStiitt Evantbius, De Tragoedia et Comoedia, p. 26 , xaOii|Awot.
éd. de Zeun. (4) Par Ion de Chios (voy. Suidas, s. v. Ai-
(2) Yoy. Aristophane, Âchamenses^ v. OupajiSo^iîàffxaXoç) : onne peutraisonna- 241-279, et le Scoliaste ad versum 260. blement supposer qu'il dt voulu imiter les ma- Les masques dont parle Plutarque , De Cupi- lencontreux essais d'Asopodorus, de Phlionte, diiate divitiarum , ch. vm, par. 9 1 , nous qui remontaient aux commencements de l'Art en semblent aussi une preuve au moins très- dramatique; Athénée, 1. x, p. 445 B. vraisemblable. (5) M6voç ^v fikfaq -zô xoTa<rx£ua!^ô|itvov ; Ano-
(3) De Corona , p. 141, éd. Didot. On nynius, De Comorrf/a; dans Meiueke, JÏMtolit tians un passage du manuscrit n" 897 de ria critica comicorum graecorum , p. 540.