‹ Histoire de la communauté de Notre Dame de Charité du Bon-Pasteur deChapitre 13 sur 18 · LES PÉNITENTES · texte numérisé non relu

LES PÉNITENTES

Les personnes qui entrent dans la Communauté ou qui y sont placées pour être réformées ou faire pénitence forment la classe des pénitentes.* Il y en a de toutes les conditions ; leur histoire est quelquefois émouvante et dramatique. Dès leur entrée dans la maison du Bon-Pasteur, ces pauvres pécheresses quittent les livrées du monde pour prendre des habits simples et unis ; on leur permet de s'appeler sœurs et elles donnent le titre de Mère aux religieuses qui les gouvernent.

Elles ont tous les jours leurs heures réglées pour la prière, le chant des cantiques, le travail manuel, les repas et les récréations. Pour les obliger à bien remplir leur devoir et soumettre leur humeur, les religieuses du Bon-Pasteur emploient à leur égard l'influence d'un charitable traitement, la force des instructions et des bons exemples. Elles sont soumises à la surveillance la plus vigilante dans leurs paroles et dans leurs actions, et tous les moyens que l'expérience et la charité peuvent suggé-

* Messire Villeneuve (L. V. Léon) S.S*, aumônier des prisons et des hôpitaux de Montréal, est décédé en cette ville le 25 avril 1873 > ^^ ^^ P^^" ^nt longtemps la providepce des pénitçntes au Bop-Pasteur.

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fer sont employés pour les ramener à la vertu. Les bonnes Sœurs ont souvent des cas difficiles, des sujets au caractère revêche, indomptable même : mais en général elles réussissent à transformer les natures les plus rebelles ; et elles racontent à ce sujet des conversions bien extraordinaires.

En 1870, une pénitente nouvellement venue au monastère insista pour qu'on la laissât partir, disant à plusieurs de ses compagnes qu'elle retournait directement dans le lieu qui venait d'être funeste au salut de son âme : rien ne put la faire changer de résolution. En la voyant partir, ses compagnes pénitentes furent désolées et se mirent à prier pour elle et exposèrent une statue de la Sainte Vierge dans un des châssis de la classe, afin que la madone ramenât la fugitive au Bon-Pasteur. Dès le soir même, l'infortunée revint voir la maîtresse des pénitentes du monastère en lui répétant d'une voix émue : " Ma mère, je vous en prie, recevez-moi de nouveau, si vous saviez l'affreux spectacle qui s'est offert à mes yeux, vous ne me refuseriez pas un seul instant. Imaginez-vous ce qui s'est passé :

" A mon arrivée dans le lieu où j'avais dessein de résider en partant d'ici, j'aperçus, presqu'à l'entrée, un cadavre dont la figure noircie et défigurée, était horrible à voir. Surprise et effrayée, je questionne la maîtresse de cette maison, qui me dit avec indifférence que la malheureuse qui était morte, venait de mourir en blasphémant le saint nom de Dieu. Aussitôt, continua-t-elle, un sentiment étrange s'empara de moi et dans mon

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émotion, je me mis à parler de rétemîté aux autres personnes présentes. Ces malheureuses se mirent à ricaner et à se moquer de mes bons sentiments, je les quittai et m*en revins bien décidée à ne plus me livrer à mes abominables desseins.*'

En entrant dans la classe où elle était parfaitement connue, un cri de joie l'accueillit. Elle se convertit cette fois-là pour tout de bon et devint une personne très recommandable.

Les statistiques de la communauté constatent, que mill^ pénitentes ont été admises pendant les premières vingt-cinq années 397, de 1869 a 1874, et 354, de 1874 à 1878, dont 11 décédées de 1870 à la présente année. Que d'âmes conservées, que de familles sauvées du déshonneur 1

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