CHAPITRE XX
du garde national tué pour la défense des droits du peuple, après enquête qui établira ses droits et ses besoins.
Art. 2. Chacun des enfants, reconnus ou non, recevra, jusqu'à rage de dix-huit ans, une pension annuelle de trois cent soixante-cinq francs, payable par douzièmes.
Art. 3. Dans le cas où les enfants seraient déjà privés de leur mère, ils seront élevés aux frais de la Commune, qui leur fera donner l'éducation intégrale nécessaire pour être en mesure de se suffire dans la société.
Art. 4. Les ascendants, père, mère, frères et sœurs de tout citoyen mort pour la défense des droits de Paris, et qui prouveront que le défunt était pour eux un soutien nécessaire, pourront être admis à recevoir une pension proportionnelle à leurs besoins, dans les limites de 100 à 800 fr. par personne.
Art. 5. Toute enquête nécessitée par l'application des articles ci-dessus sera faite par une commission spéciale, composée de six membres délégués à cet effet dans chaque arrondissement, et présidée par un membre de la Commune appartenant à Tarrondissement.
Art. 6. Un comité, composé de trois membres de la Commune, centralisera les résultats produits par l'enquête et statuera en dernier ressort.
Voulant avoir l'air de s'occuper de rinstruction publique, la Commune de Paris invitait les citoyens et les citoyennes qui désireraient un emploi dans les établissements d'instruction primaire de la ville de Paris, à présenter leur demande, avec pièces à Tappui, à la commission d'enseignement séant à THôtel de ville. La guillotine était supprimée. Cette farce humani-
taire qui consista à brûler le bois de justice au pied de la statue de Voltaire*! Les admirateurs de l'Hôtel de ville s'extasièrent devant cet acte de bêtise qu'on voulut trouver sublime, quand au fond personne n'ignorait que la Commune remplaçait la guillotine par le chassepot, beaucoup plus expéditif.
La municipalité du 11® arrondissement revendiqua l'honneur de cet auto-da-fé, et, voulant sans doute se faire un peu de popularité, expliqua ainsi les causes qui l'avaient décidée à brûler Téchafaud :
En présence des versions diverses des journaux et des rumeurs que la réaclion met en circulation dans un but malveillant, je vous prie de préciser les faits sur le document ci-après :
Lorsque les perquisitions eurent fait découvrir les preuves de la véracité des informations; ordre donné et payement fait par le gouvernement de Versailles ; recommandation récente d'accélérer Texéculion d'une guillotine perfectionnée : plan, ouvrier, outils, et enfin le corps du délit;
Réquisition en fut opérée, ainsi que de l'instrument ordinaire; le sous-comité, assemblé en délibération, décida que les deux instruments de supplice seraient brûlés en place publique, après que l'avis en aurait été lu et tambouriné.
Voici le texte du placard affiché :
Citoyens, Informé qu'il se faisait en ce moment une nouvelle guil-
1. Cette statue, résultat d'une souscription organisée par le Siècle, avait remplacé sur son piédestal celle du priuce Eugène.