‹ Histoire de la communeChapitre 103 sur 178 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

lotine, payée et commandée par l'odieux gouvernement déchu (guillotine plus portative et accélératrice).

Le sous-comité du 11« arrondissement a fait saisir ces instruments servîtes de la domination monarchique et en a voté la destruction pour toujours.

En conséquence, la combustion va en être faite, sur la place de la Mairie, pour la purification de Tarrondissement et la consécration de la nouvelle liberté, à dix heures, 6 avril 187^

Le citoyen Beslay publiait un projet de loi sur la question des échéances. Il proposait rétablissement d'un comptoir commercial de liquidation placé sous le patronage de la Commune, qui au besoin devait venir en aide à ce comptoir au moyen d'un crédit spécial. Les opérations de cet établissement ne devaient pas durer plus de trois ans, temps considéré comme nécessaire pour arriver sans secousse au payement des billets arriérés. Au milieu des conseils qui lui arrivaient de tous côtés, la Commune indécise arrêta :

Article unique. — Toutes poursuites pour échéances sont suspendues jusqu'au jour où paraîtra, au Journal officiel, le décret sur les échéances.

L'Affranchi, journal de M. Paschal Grousset, publiait deux lettres écrites à M. Thiers et à l'Assemblée par M»' Darboy et M. Deguerry. Ces ecclésiastiques, affaiblis par les privations et les souffrances, n'avaient aucune communication avec le dehors, et les nouvelles

qui leur arrivaient au fond de leurs cellules de Mazas étaient rédigées d'avance par Raoul Rigault, ils étaient circonvenus, il ne fut donc pas difficile d'en obtenir les lettres que M. Grousset livra à la publicité.

A côté de l'archevêque se trouvait enfermé M. Dardenne de la Orangerie, secrétaire général des ambulances de la Presse. Pris hors des fortifications en relevant des blessés, il avait été gardé comme otage. En échange de la liberté on lui proposait de donner à la Commune les sommes qui restaient de la souscription organisée au commencement de la guerre par le Gaulois; la question d'argent paraissait toujours avec les hommes de l'Hôtel de ville.

M. de la Orangerie refusa énergiquement de de-, mander à M. Tarbé, dépositaire des fonds, de les appliquer à sa rançon; il fut en conséquence transporté à Mazas et menacé de mort. Un des employés de la prison, à qui il avait rendu quelques services, se montra plein de prévenances et se mit entièrement à sa disposition. Le prisonnier profita de cette bonne fortune pour demander des vivres plus sains que ceux que l'administration donnait aux détenus. 11 put ainsi de temps en temps améliorer l'ordinaire de M»' Darboy. Mis provisoirement en liberté, mais sans que sa parole fût engagée, il quitta Paris avec un passe-port anglais. Cette fuite mit Rigault en fureur, le délégué à la police s'en prit à ses collègues de la Commune et les accusa d'avoir par leur faiblesse laissé échapper un otage important.

Comme le nombre des pensions que l'Hôtel de ville

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