‹ Histoire de la communeChapitre 115 sur 178 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

Pilotell , se contenta dans V Officiel de lui infliger un blâme anodin, lui reprochant simplement d'avoir un peu outrepassé ses pouvoirs.

Malheureusement nous avons déjà constaté et nous aurons à constater encore souvent ces actes d'arbitraire et de violence des membres de la Commune.

M. Chaudey, rédacteur du Siècle, avait été dénoncé par le Phre Duchéne, qui lui reprochait d'avoir fait tirer sur le peuple, le 21 janvier. Connaissant les attaches que cette feuille avait avec la Commune, M. Chaudey aurait dû , par mesure de simple prudence» quitter son domicile. Mais il y a des degrés d'infamie qu'on ne croit pas pouvoir être franchis par des individus ayant reçu une certaine instruction. Une première fois l'écrivain pris à partie avait répondu dans les colonnes du Siècle aux attaques dirigées contre lui. Le Père Duchêne revint à la charge, le lendemain M. Chaudey était arrêté par Pilotell, conduit à Mazas et mis au secret.

f L'exécuteur des basses œuvres de la Commune fouilla les tiroirs, et y prit la somme de huit cent quinze francs dont il donna un reçu.

Voici le libellé de cette quittance :

Trouvé chez le nommé Chaudey (Gustave) la somme de V huit cent quinze francs, que nous avons emportée, jusqu'à , nouvel ordre, à la préfecture de police ; plus un paquet de

lettres.

7 Le commissaire spécial attacM au cabinet,

G. PiLOTBLL.

M. Cernuschi prolesta énergîquement contre l'arrestation de son collaborateur. Le Temps, le Journal de Paris, le National réclamèrent contre un acte qui rappelait sous un côté grotesque les agissements des inquisiteurs d'État de la république de Venise.

Tout en s'occupant de supprimer les journaux et d'emprisonner les hommes qui lui déplaisaient, le gouvernement de THôtel de ville voulait aussi anéantir l'histoire, et dater la renaissance du jnonde du 18 mars 1871. Il était assez difficile de refaire un nouveau calendrier, on adopta celui de la première République. Déjà vers la fin de l'Empire quelques journaux radicaux avaient pris un système mixte. Les ères chrétiennes et révolutionnaires étaient face à face, de cette façon le lecteur savait à quoi s'en tenir, la manie de 93 était flattée, et le savoir des purs n'était pas mis à une épreuve trop dure.

Depuis longtemps M. Pyat, dans le Vengeur, demandait la destruction de la colonne Vendôme. Ce journaliste aussi lâche que féroce ne rêvait que massacres de . réactionnaires et démolition d'édifices rappelant les faits les plus glorieux de l'histoire nationale de la France.

Le peintre Courbet, qui avait remplacé Pilotell aux Beaux-Arts, demanda à la Commune d'ordonner que la colonne Vendôme serait détruite *. Cette mesure fut aussitôt décrétée, et le monument fut mis en adjudication ; l'affiche officielle était ainsi rédigée : I

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