‹ Histoire de la communeChapitre 159 sur 178 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

et trouvée bien à propos sur un agent de Versailles, où Ton cherchait à faire croire que la catastrophe avait été préparée par le gouvernement et que des hommes qui lui étaient dévoués avaient mis le feu à la cartoucherie.

L'accident ne put être attribué qu'à l'imprudence d'un ouvrier ou à la Commune, qui, voyant la position désespérée, essayait le 17 mai les effets de l'incendie sur la population parisienne.

Plus approchait le jour de sa chute, plus le Comité de salut public, en la personne de M. Delescluze son représentant, montrait d*étroitesse dans ses idées, d'illogisme dans ses actes. On avait déterré des cadavres à réglise de Saint-Laurent, faubourg Saint-Martin, au couvent de Picpus et à l'église des Petits-Pères. Les journaux de la Commune étaient remplis de détails oîonstrueux et extravagants sur ces découvertes, qui n'avaient rien que de très-naturel, puisque, jusqu'à la révolution, les inhumations des riches se faisaient dans les églises. Mais ils se gardèrent bien de publier le rapport du docteur Piory, où ce savant et^honorable praticien démentait scientifiquement les assertions des communeux.

Pour varier les disputes, MM. Vermorel et Pyat se traitaient dans leurs journaux et aux séances de l'Hôtel de ville comme les derniers des goujats. Pyat avait donné sa démission, qu'il avait ensuite retirée. Ce misérable personnage cherchait à s'éclipser au moment du danger.

Le 18 mai, dix journaux furent supprimés; Lucien Ck)mbatz S chef de la 6» légion, était destitué; le délégué aux finances s'apercevait que la solde de la garde nationale donnait lieu à des abus scandaleux auxquels il fallait remédier. Un décret communal disait que jusqu'à la fin de la guerre tous les fonctionnaires convaincus de vol et de concussion seraient fusillés.

Le même jour un membre du Comité de salut public pénétrait dans l'Alcazar à la tête de gardes nationaux fédérés, s'emparait des papiers du bataillon de la fédération artistique et arrêtait les quelques hommes qui se trouvaient dans cet établissement. Le commandant de la fédération artistique reprit par la force ses hommes et ses papiers. Le lendemain, le bataillon recevait de l'Hôtel de ville Tordre d'arborer le drapeau îouge et de marcher contre Versailles. Les artistes protestèrent, déclarèrent qu'ils ne quitteraient point l'Alcazar.

Le 19, le délégué à la guerre adressait au Comité de salut public un rapport sur l'explosion de la cartoucherie.

La perte en matériel est sans importance, écrivait-il, eu égard aux immenses approvisionnements dont nous disposons : il ne restera à nos ennemis que la honte d'un crime

1. Le lundi 22, quand les troupes occupaient déjà une partie de Paris, ce personnage était au café qui fait le coin de la rue des Écoles et du boulevard Saint-Michel, tremblant et cherchint à se cacher.

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