CHAPITRE XXXII
Sur la première ligne, Tarmée de réserve, commandée par le général Vinoy;
En arrière de l'armée de réserve, le 4* corps, général Douay;
A droite, le i^' corps, général de Ladmirauit;
En arrière, le ^* corps, général Glinchanl;
En troisième ligne, le 2" corps, général de Cissey, ministre de la guerre, qui avait repris pour cette occasion le commandement des troupes avec lesquelles il était entré dans Paris;
En quatrième ligne, la réserve d'artillerie (10 batteries) et la réserve du génie vers la droite.
La cavalerie formant le troisième corps d'armée, général du Barrail, la brigade Galliffèt, le 6« lanciers et le train occupaient les pentes qui descendent du bois de Boulogne vers la plaine et font face aux hauteurs de Montretout.
A deux heures, le maréchal Mac-Mahon, duc de Magenta, suivi de son état-major, arrive sur le champ de manœuvre. Les tambours battent au champ. Le maréchal passe devant le front des troupes.
A deux heures et quart une salve d'artillerie se fait entendre. Le maréchal vient se placer avec son état-major en face de la tribune occupée par le président de l'Assemblée et le chef du pouvoir exécutif. Le défilé commence.
La tenue des troupes est superbe.
Lorsqu'un corps d'armée a défilé, le général qui le commanc^^etsen é.H-majôr s'avancent au grand trot vers le pavillon présidentiel et saluent de l'épée, pendant que le générai ommanu^ at le corps d'armée dont le tour est venu de défiler va prendre place avec son état-major près du maréchal, duc de Magenta.
Le défilé de l'immense armée réunie dans la plaine de Longchamps n'a pas duré moins de trois heures et demie.
Les plus vives acclamations ont accueilli chaque régiment
k son passage devant les tribunes. Elles ont redoublé lorsqu'on a vu passer les glorieux soldats de l'armée de Metz. Les troupes avaient reçu Tordre formel de ne proférer aucun cri. Elles ont gardé scrupuleusement le silence, dont la discipline fait un devoir au soldat sous les armes.
On demandait de tous côtés les troupes de la marine, qui ont pris une si glorieuse part à la double lutte que l'armée vient de soutenir. Nos marins ont élé, depuis plus de quinze jours, dirigés sur les ports et n'ont pu prendre part à cette fête patriotique. Mais des salves d'artillerie ont été tirées par deux canonnières, la Claymore et le Sabre, mouillées dans la Seine, à quelques mètres en arrière des tribunes, et le brave amiral Potbuau pourra porter aux soldats de la flotte les témoignages d'ardente sympathie qu'on n'a cessé de lui prodiguer.
La grosse cavalerie vient de passer au grand trot, en faisant trembler le sol. Le duc de Magenta s'approche du pavillon. Le chef du pouvoir exécutif descend de la tribune pour aller à sa rencontre et presse la main de l'illustre maréchal en le félicitant avec effusion.
Les cris de : Vive M. Thiers I Vive Mac-Mahon ! 'éclatent de toutes parts.
Lorsque le président du conseil est remonté dans le pavillon, les cris de : Vive M. Thiers! se font entendre avec une nouvelle force et se prolongent pendant plus de dix minutes. Le public abandonne les places qu'il occupait, se presse autour de la tribune du président, et fait retentir l'air de ses applaudissements et de ses bravos.
Les mêmes acclamations, poussées par une foule toujours grossissante, saluent M. Thiers au moment où il quitte la tribune. Elles suivent longtemps la voiture qui ramène à Versailles le chef du pouvoir exécutif de la République française.