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CHAPITRE III

Voulez-vous, sous les Ye\^^ de Tétranger, prêt à profiter de nos discordes, abandonner Paris à la sédition?

Si vous ne l'étoufiez pas dans son germe, c'en est fait de ' la République et peut-être de la France.

Vous avez leur sort entre vos mains.

Le gouvernement a voulu que vos armes vous fussent laissées.

Saisissez-les avec résolution pour rétablir le régime des lois, sauver la République de Tanarchie, qui serait sa perte ; groupez-vous autour de vos chefs; c'est le seul moyen d'échapper à la ruine et à la domination de l'étranger.

Paris, le 18 mars 1871.

Le ministre de l'intérieur, Ernest Pic4rd.

Le général commandant en chef les gardes nationales de la Seine,

D*ACRELLE.

Le gouvernement rappelait en outre le double assassinat commis la veille sur les généraux Clément Thomas et Lecomte, et- donnait sur ces crimes les détails qu'il avait pu réunir.

En même temps il déclarait qu'il avait voulu user de patience à Tégard des insurgés, espérant les ramener sans être obligé de répandre le sang. « C'est à leur action, disait l'organe officiel, qu'est due la concentration des canons à Montmartre, ce sont eux qui ont empêché l'autorité militaire de les enlever. » En effet, un pareil état de choses ne pouvait durer. Le mouvement

commercial s'arrêtait, la reprise du travail était retardée, mais rien encore ne faisait prévoir la lutte horrible qui allait s'engager.

Pendant que le gouvernement, impuissant, parlait, le fameux Comité agissait. Des bandes d'hommes, de femmes et d'enfants suivaient le boulevard militaire, fouillaient les casemates occupées par les soldats et enlevaient les armes, les vivres, les bidons et les capotes. Ces foules, buvant et criant, n'étaient bientôt plus composées que d'êtres avinés. Quelques-uns restaient bien en route, couchés dans la boue, mais les autres continuaient leur expédition aux cris de : Vive la Commune! vive la République! vive la garde nationale!

Les soldats ahuris, isolés pour la plupart, se laissaient enlever leurs armes, qu'ils étaient dans Timpuissance de défendre. Quelques régiments résistèrent; le i3* de ligne quitta le jardin du Luxembourg et partit pour Versailles, sans que les gardes nationaux irrités osassent l'arrêter. Le 96® agit avec le même courage. Le Comité ne se sentait pas encore assez fort.

Le 2^8® bataillon, commandé par M. Longuet, avait occupé le palais et le jardin de l'ancien sénat. Pour contenir le quartier, une barricade défendue par quatre pièces de canon barrait la rue Soufflet , entre l'École de droit et la mairie du 5« arrondissement. Une douzaine de pièces avaient été mises en batterie sur la place d'Italie, prenant en enfilade l'avenue de ce nom, qui s'étend en ligne droite jusqu'à l'enceinte fortifiée et les

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