CHAPITRE III
boulevards d'Ivry, de THôpital, d'Italie, Arago, qui rayonnent de la place et traversent des quartiers où la population est très-nombreuse.
Près du chemin de fer de Sceaux, il y avait une petite barricade avec quelques canons. La rive droite était dominée par les buttes Ghaumont et Montmartre, couvertes d'une nombreuse artillerie. Il est vrai que les servants manquaient, mais les moyens d'attaque faisaient également défaut, et des coups de canon ou des décharges de mitrailleuses tirés de ces différents endroits pouvaient incendier Paris. Le Comité dominait. Il n'avait devant lui qu'un gouvernement sans armée et hésitant, derrière lui il était soutenu par trente mille gardes nationaux armés, les milliers d'individus tarés qui accouraient de la province et de l'étranger se mettre à sa disposition. Il avait l'appui moral et matériel de V Internationale, et il pouvait compter sur la complicité ou la lâcheté de beaucoup de maires et de députés de Paris qui useraient de toute leur influence pour faire traîner les choses en longueur, empêcher le gouvernement d'agir en parlant sans cesse du sang versé et permettre à l'insurrection de s'organiser, de se préparer à la lutte que ses chefs étaient parfaitement décidés d'engager.