CHAPITRE VI
Voici les noms des journaux qui imprimèrent le manifeste : Journal des Débats, Constitutionnel, Moniteur universel, Figaro, Gaulois, Vérité, Paris-Journal, la Presse, la France, la Liberté, le Pays, le National, V Univers, le Temps, là Cloche, la Patrie, le Bien public, V Union, V Avenir libéral. Journal des Villes et Campagnes, Charivari, Monde, France nouvelle. Gazette de France, Petit Moniteur, Petit National, VÉlecteur libre, Petite Presse. Nous donnons en même temps le texte de cette déclaration aux électeurs de Paris :
a Attendu que la convocation des électeurs est un acte de souveraineté nationale;
a Que Texercice de cette souveraineté n'appartient qu'aux pouvoirs émanés du suffrage universel ;
« Que par suite le Comité qui s'est installé à l'Hôtel de ville n'a ni droit ni qualité pour faire cotte convocation;
« Les représentants des journaux soussignés regardent la convocation affichée pour le i% courant comme nulle et non avenue, et engagent les électeurs à n*en pas tenir compte. »
Cet exemple donné par la presse aurait dû être suivi par les maires et les députés ; mais, on ne peut trop le répéter, ces messieurs ne voulaient pas se mettre mal avec les gredins.
Le Comité, irrité, n'osa point encore agir contre les journaux; dans une note emphatique de ïOfficiel il dit que, partisan de toutes les libertés, il ne souffrirait point cependant qu'ils changeassent ces libertés en
licence en excitant les citoyens à désobéir aux lois ; en même temps il avertissait qu'il sévirait contre les récalcitrants. On ne tint pas compte de cette menace, et à ses risques et périls chacun dit son opinion.
Les maires montrèrent peu d'énergie. Quelques-uns, M. Tirard entre autres, excitaient les électeurs à se présenter au scrutin; les autres laissèrent faire, attendant les événements. Cependant il était encore possible de rétablir le droit.
Le 25 mars, les maires pouvaient encore arrêter le mouvement communal. Vingt mille gardes nationaux de Tordre étaient sous les armes et occupaient les 1**', 2% 8% 9% 16« et 17« arrondissements.
Les mairies de la rue de la Banque et de Saint-Germain-l'Auxerrois, la Bourse, la Banque, le Grand-Hôtel, les gares du Nord et de Saint-Lazare, les hauteurs du Trocadéro sur la rive droite de la Seine, l'École polytechnique, le palais du conseil d'État sur la rive gauche, étaient autant de centres d'où les gardes nationaux, massés, pouvaient rayonner dans tous les sens et repousser les fédérés.
L'hôtel de M. Thiers était déjà menacé; M. de Monicaud, commandant du 6® bataillon, détacha trois compagnies qui s'installèrent rue d'Aumale, 12, près de la place Saint-Georges.
Quelques mairies étaient gardées par des Bellevillois, qui s'en étaient emparés par surprise; pour ne citer qu'un exemple, celle du 6« arrondissement, place Saint- Sulpice, avait été prise par un poste de fédérés, les