‹ Histoire de la communeChapitre 35 sur 178 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

côté, fit imprimer dans l'Officiel et afficher sur les murs la proclamation suivante :

Dans sa séance d'installation, la Commune de Paris a déclaré que la garde nationale et le comité central ont bien mérité de la patrie et de la République.

Les secrétaires. Le président.

Th. Ferret, Raool Rigault. Ch. Beslat.

Ces quelques lignes étaient suivies de celles-ci :

Les citoyens membres de la Commune de Paris sont convoqués pour aujourd'hui mercredi 8 germinal, à une heure Irès-précise, à l'Hôtel de ville, salle du conseil.

On reprenait la tradition révolutionnaire et on cherchait à habituer l'esprit et l'oreille aux vocables de 93.

Le Figaro, qui avait pu supposer qu'aussitôt la Commune établie il pourrait reparaître, avait réuni ses rédacteurs et ses compositeurs dans la matinée du 28. Le 29 au soir, cent cinquante fédérés parcoururent les boulevards, enlevant tous les numéros du journal dans les kiosques. L'imprimerie Dubuisson était envahie, et on signifiait au gérant de ne point imprimer la feuille poursuivie.

La rédaction entière protesta contre cet acte inqualifiable qui ne donnait cependant pas la mesure de oe que la Commune était décidée à faire.

Les individus qui avaient gouverné à l'Hôtel de ville

après le 18 mars disparaissaient peu à peu. Les comte du Bisson, — qui n'était pas comte, — les Lavallette rentraient dans l'ombre. Leur existence était trop connue, leur passé trop peu honorable, pour qu'il fût possible de les conserver. Cela ne veut point dire que ceux qui les remplaçaient valussent beaucoup mieux, mais ils avaient au moins l'avantage d'être, pour la plupart, parfaitement inconnus. A part MM. Ranc et Arthur Amould, il est diflBcile de trouver dans la Commune une personnalité absolument honnête.

Tout ce monde se partagea les différents ministères.

Les soi-disant revendications des droits de la commission se changeaient en modification complète de la forme gouvernementale. On était maître de Paris, il était, ou il paraissait tout naturel que la France entière se soumît aux caprices de la faction au pouvoir.

En même temps qu'on empêchait par la violence le Figaro de reparaître, on saisissait le Constitutionnel dans les kiosques. La Commune expliqua ce fait en disant que le journal n'avait point été arrêté dans son domicile. Quant aux engagements contractés par la ville de Paris, la nouvelle municipalité ne s'en occupa pas. Les porteurs de coupons des différents emprunts qui se présentèrent trouvèrent la caisse fermée. On leur faisait pourtant observer que s'ils voulaient payer leurs impôts on était tout disposé à recevoir leur argent.

Des gardes nationaux porteurs d'un mandat signé par le délégué à la préfecture se présentèrent chez un agent d'affaires de la rue de Luxembourg, ii» 5, bri-

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