‹ Histoire de la communeChapitre 36 sur 178 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

sèrent sa caisse pour y prendre 10,000 francs qu'elle renfermait. Ils enlevèrent également les titres. C'était le début d'une série de vols qui devait se terminer par l'incendie et l'assassinat.

On avait offert à Garibaldi le grade de général en chef de la garde nationale, le chef italien eut par hasard une heure de bon sens et refusa. La lettre qu'il envoya, après des phrases banales contre les despotes, se terminait ainsi :

Choisissez un citoyen honnête, et vous n'en manquez pas : Victor Hugo, Louis Blanc, Félix Pyat, ainsi qu'Edgard Quinet, et les autres doyens de la démocratie radicale peuvent vous servir. Les généraux Cremer et Billot, qui, je vois, qnt votre confiance, peuvent compter dans le nombre.

Rappelez- vous bien cependant qu'un seul honnête homme doit être chargé du poste suprême avec des pleins pouvoirs. Cet homme choisira d'autres honnêtes gens pour l'aider dans la rude besogne de sauver le pays. Et si vous avez le bonheur de trouver un Washington , la France se relèvera de son naufrage dans peu de temps, plus grande que jamais.

Ces conditions ne sont pas une excuse pour me soustraire au devoir de servir la France républicaine. Non I je ne désespère point de combattre moi-même à côté de ses braves, et je suis

Votre dévoué.

Les chefs de la Commune auraient pu s'épargner la ïeçon que leur donnait Garibaldi.

MM. Wurtz et Colmet d'Aage, doyens des facultés

de' médecine et de droit, furent révoqués et remplacés par les citoyens Naquet et Accolas. Cette nomination de deux individus tout à fait inconnus, mais très-communeux, amena une protestation de la part des étudiants restés à Paris, protestation peu flatteuse pour les nouveaux titulaires. Enfin le 30 mars, M. Rampont, directeur des postes, partit pour Versailles. Une fois déjà la Commune l'avait sommé de remettre ses pouvoirs à un délégué. M. Rampont avait déclaré qu'il ne quitterait Thôtel des postes que sur un ordre du gouvernement, ou alors devant l'emploi de la force; les facteurs formaient le 111® bataillon de la garde nationale et étaient en nombre pour tenir en échec les troupes de la Commune.

M. Rampont fit enlever ses archives, l'argent de son administration, et partit précédé de son personnel. On n'osa pas l'arrêter. Le citoyen Theisz, membre du Comité et nommé à la Commune par les 12® et 18® arrondissements, s'installa à l'hôtel des postes. Paris se trouva tout à coup sans communications avec les départements. L'Hôtel de ville avait besoin d'argent, et s'emparer des recettes des postes était un moyen ingénieux d'en avoir. Le délégué Theisz voulut rejeter sur M. Rampont les inconvénients qui allaient résulter de la brusque interruption du service postal. Il publia dans YOfficiel le factum qui suit :

Un fait inouï viept de se produire.

Un service public, relevant directement des citoyens, et

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