‹ Histoire de la communeChapitre 37 sur 178 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

qui ne pouvait excuser son privilège que par la garantie qu'il devait assurer dans toutes les relations commerciales, a été indignement sacrifié à des questions d'intérêt purement politique.

Le service des postes est, depuis quelijues jours, systématiquement désorganisé par ceux qui avaient accepté le mandat de le diriger.

On a privé Paris de toute communication avec la province, sans se soucier des intérêts qu'une semblable résolution a compromis à la veille de l'échéance d'avril.

A qui incombe la responsabilité d'un pareil acte? Nous en appelons à la conscience publique I

Dans une première entrevue, M. Rampent, ex-directeur général des postes, actuellement en fuite, nous avait demandé l'envoi de deux délégués choisis par le Comité central de la garde nationale pour contrôler sa gestion jusqu'à ce que la Commune, dont il reconnaissait Tautorité, fût régulièrement constituée.

Cette proposition, qui nous parut de nature à écarter tout malentendu entre républicains, devait être prochainement soumise à la Commune. Sans tenir compte des engagements pris, il ne voulut pas attendre, et le 30, dans la journée, la Commune fut instruite que toutes les dispositions étaient prises pour interrompre le service des postes à Paris.

M. Rampent, engagé par sa parole, par sa proposition, a abandonné furtivement son poste, et un ordre anonyme, affiché dans les cours de l'hôtel, a imposé aux employés de quitter immédiatement leurs fonctions.

Les faillites, la ruine que cet acte pouvait provoquer, peu importe ! Le peuple de Paris n'a échappé aux malheurs d'un long siège que pour se trouver investi brutalement par ceux-

là mêmes qui se proclament les mandataires de la France.

Les faits que nous avançons défient tout démenti. Que la responsabilité retombe sur ceux qui ont recours à ces manœuvres criminelles.

Quant à nous, nous ferons tous nos efforts pour réorganiser le service postal, et nous sommes convaincu qu'avec le concours de la population parisienne, il sera promptement rétabli dans Tintérieur de Paris.

Le directeur^

A. Theisz,

Voyant les revenus de la poste lui échapper, la Commune songea à rôctroi, qu'elle trouva également désorganisé. Les employés avaient reçu Tordre de se rendre à Versailles.

Parmi les nombreux décrets qui furent rendus dès les premiers jours de Tinstallation communale, l'un d'eux accordait la remise absolue des trois termes de loyer, un autre abolissait la conscription. Beaucoup de locataires profitèrent du premier pour déménager. Si le propriétaire s'opposait à l'enlèvement des meubles, on allait chercher des gardes fédérés qui surveillaient l'opération, la baïonnette au bout du fusil.

Les premières séances de la Commune étaient secrètes. Le Paris-Journal publiait les procès-verbaux le lendemain. Déjà un traître s'était glissé dans l'assemblée et livrait ses secrets. On essaya de contester l'authenticité de ces comptes rendus, mais bientôt on sut que l'indiscret n'était autre que le citoyen Assi, qui,

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