CHAPITRE X
nel de gendarmerie s'avança et une balle lancée par un garde national retendit mort. Les soldats répondirent par un feu nourri à cet assassinat, et beaucoup de fédérés furent tués ou blessés. Un autre fait acheva d'exaspérer les soldats. Un médecin, le docteur Paquier, soignait un garde national blessé lorsqu'un jeune homme ou plutôt un enfant sortit des rangs des communeux et tua le docteur à bout portant.
Beaucoup de gardes nationaux voyant qu'on n'arriverait pas facilement à Versailles rentrèrent dans Paris, ne voulant pas se faire ,tuer. D'autres bataillons se préparaient à sortir. La lutte devait recommencer le lendemain. La population de Paris savait par les nombreux fuyards comment avait commencé l'action. La Commune, suivant pour les opérations militaires le système de mensonge à outrance dont personne ne fut jamais dupe, fit aflScher dans la soirée du 2 et imprimer le lendemain dans VOfflciel une proclamation à la garde nationale. Nous croyons devoir citer tout au long ce document :
Les conspirateurs royalistes ont attaqué.
Malgré la modération de notre attitude, ils ont attaqué.
Ne pouvant plus compter sur l'armée française, ils ont attaqué avec les zouaves pontificaux et la police impériale.
Non contents de couper les correspondances avec la province et de faire de vains efforts pour nous réduire par la famine, ces furieux ont voulu imiter jusqu'au bout les Prussiens et bombarder la capitale.
Ce matin, les chouans de Charette, les Vendéens de Cathe-
lineau, les Bretons de Trochu, flanqués de gendarmes de. Valentin, ont couvert de mitraille et d'obus le village inoffensif de Neuilly et engagé la guerre civile avec nos gardes nationaux.
II y a eu des morts et des blessés.
Élus par la population de Paris, notre devoir est de défendre la grande cité contre ces coupables agresseurs. Avec votre aide, nous la défendrons.
Paris, 2 avril 1871.
La Commission executive :
Bergeret, Eudes, Doval, Lefrançais, FEUX Pyat, g. Tridon, E. Vaillant.
On n'ignorait pas que MM. de Charette et de Cathelineau n'étaient point à Versailles, où il ne se trouvait ni chouans ni Vendéens. Une autre aflBche qui servit de thème à bien des plaisanteries était signée du colonel, chef d'état-major, Henry.
Bergeret lui-même est à Neuilly. D'après rapport, le feu de l'ennemi a cessé. Esprit des troupes excellent. Soldats de ligne arrivent tous et déclarent que, sauf les officiers supérieurs, personne ne veut se battre. Colonel de gendarmerie qui attaquait, tué.
Une pension de jeunes filles, qui sortait de l'église de Neuilly, a été littéralement hachée par la mitraille des soldats deM M. Favre et Thiers.
La commission executive, à qui était adressée cette