CHAPITRE X
dépêche, supprima le lui-même à VOfficiel, il ne s'étala que sur les murs.
Ud décret de la Commune mettait en accusation les ministres et le chef du pouvoir exécutif pour les raisons suivantes :
Considérant que les hommes du Grouvernement de Versailles ont ordonné et commencé la guerre civile, attaqué Paris, tué et blessé des gardes nationaux, des soldats de la. ligne, des femmes et des enfants;
Considérant que ce crime a été commis avec préméditation et guet-apens contre tout droit et sans provocation,
DÉCRÈTE
Art. 4«'. MM. Thiers, Favre, Picard, Dufaure, Simon et Pothuau sont mis en accusation.
Art. 2. Leurs biens seront saisis et mis sous séquestre, jusqu'à ce qu'ils aient comparu devant la justice du peuple.
Les délégués de la justice et de la sûreté générale sont chargés de l'exécution du présent décret.
La Commune de Parts,
La Commune adoptait les veuves et les enfants des gardes nationaux tués à son service. Elle déclarait que les compagnies particulières formées par les employés des grandes administrations étaient dissoutes et versées dans différents .bataillons fédérés. Comme ces compagnies gardaient les bâtiments où étaient leurs bureaux, elles pouvaient offrir certains dangers, et à l'Hôtel de ville on l'avait bien compris, puisqu'on disait
dans Tarrêté qu'u il y a là un abus redoutable pour la sécurité générale » ; ensuite il serait plus facile de s'emparer des caisses lorsqu'elles ne seraient plus gardées que par des hommes dévoués à la Commune.
Le délégué à la commission militaire, Lefrançais, signait un décret nommant le général Gluseret délégué à la guerre, conjointement avec Eudes. Le nouveau ministre arrivait trop tard. Opposé à une attaque venant des fédérés, il voulait organiser Paris et attendre les troupes de Versailles derrière les forts. Il déclara hautement que la cause de la Commune était perdue, dès que le premier coup de feu avait été tiré par les gardes nationaux *. Ayant plus d'ambition que de prudence, il accepta un poste dangereux et la responsabilité d'actes .qu'il réprouvait.
Journée du 3 avril.
L'heure n'est plus aux déclarations de principes, disait la Commune dans son Ofp^iel, en parlant de la lutte engagée. Cet article récapitulait les griefs des fédérés contre le gouvernement, et, tout en parlant des sergents de ville et des gendarmes, il glissait une phrase à l'adresse des Vendéens, disant que si le parti royaliste s'était noblement conduit pendant la guerre, c'était par ambition et non par patriotisme.
1. Un de ses familiers nous raconta le fait dans la soirée du 2 avril.