CHAPITRE XIII
Les coupables, vous les connaissez : ce sont les gendarmes et les sergents de ville de l'Empire, ce sont les royalistes de Charette et de Gathelineau qui marchent contre Paris au cri de : Vive le roi ! et drapeau blanc en tôte.
Le gouvernement de Versailles se met en dehors des lois de la guerre et de Thumanité ; force nous sera d'user de
Si, continuant à méconnaître les conditions habituelles de la guerre entre peuples civilisés, nos ennemis massacrent encore un seul de nos soldats, nous répondrons par l'exécution d'un nombre égal ou double de prisonniers.
Toujours généreux et juste même dans sa colère, le peuple abhorre le sang comme il abhorre la guerre civile ; mais il a le devoir de se protéger contre les attentats sauvages de ses ennemis, et, quoi qu'il lui en coûte, il rendra œil pour œil et dent pour dent.
Voulant avoir un autre appui nacrai que le sien , la Commune fit imprimer à Y Officiel une lettre où Ton relaté en phrases ampoulées que des artilleurs du mont Valérien ont tiré sur des médecins et des voitures des ambulances. Malheureusement les signataires de cette épître offraient peu de garantie , tenant de trop près aux fédérés : c'étaient le médecin en chef et le médecin adjoint de l'Hôtel de ville. Il est probable que si ces individus avaient voulu annoncer un fait blâmant les actes des fédérés, on les eût fait arrêter immédiatement.
On voulait par ces accusations lancer le décret sur les otages, qui, en effet, ne se fit pas attendre. Préparé
depuis longtemps, il parut dans YOfjiciel du 5 avril :
La Commune de Paris,
Considérant que le Gouvernement de Versailles foule ouvertement aux pieds les droits de rhumanité comme ceux de la guerre; qu'il s*est rendu coupable d'horreurs dont ne se sont même pas souillés les envahisseurs du sol français;
Considérant que les représentants de la Commune de Paris ont le devoir impérieux de défendre l'honneur et la vie des deux millions d'habitants qui ont remis entre leurs mains le soin de leurs destinées; qu'il importe de prendre sur l'heure toutes les mesures nécessitées par la situation ;
Considérant que des hommes politiques et des magistrats de la cité doivent concilier le salut commun avec le respect des libertés publiques,
^ DÉCRÈTE
Art. \ «'. Toute personne prévenue de complicité avec le Gouvernement de Versailles sera immédiatement décrétée d'accusation et incarcérée.
Art. 2. Un jury d'accusation sera institué dans les vingtquatre heures pour connaître des crimes qui lui seront déférés.
Art. 3. Le jury statuera dans les quarante-huit heures.
Art. 4. Tous accusés retenus par le verdict du jury d'accusation seront les otages du peuple de Paris.
Art. 5. Toute exécution d'un prisonnier de guerre ou d'un partisan du gouvernement régulier de la Commune de Paris sera sur-le-champ suivie de l'exécution d'un nombre triple des otages retenus en vertu de l'article 4, et qui seront dési- (gnés par le sort.