‹ Histoire de la communeChapitre 77 sur 178 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

général Espivent entra dans la ville, chassa les insurg gés des postes qu*ils occupaient , et prit M. Crémieux et ses complices.

Le Polonais Landeck, envoyé de la Commune à Marseille, s'échappa et revint à Paris, laissant, suivant les principes de tout chef révolutionnaire , ceux qu'il était venu soulever entre les mains de l'autorité militaire.

Ces insurgés, si insolents quand ils croyaient tenir la victoire, se dénoncèrent lorsqu'ils passèrent devant les tribunaux militaires.

A Bordeaux, le mouvement socialiste réussit encore moins qu'à Lyon et à Toulouse. La Commune, sachant qu'on n'ignorait point à Paris les échecs successifs qu'elle avait subis dans les départements, n'en continuait pas moins son système de mensonge. Elle annonçait pompeusement que le principe communal prenait un développement considérable. Toute la banlieue de Paris se fédéralisait : Clichy et Saint-Mandé avaient arboré le drapeau rouge. Or il était facile de décider ces villages à prendre parti pour l'Hôtel de ville. Un bataillon fédéré s'y rendait tambours en tête, réquisitionnait et plantait le drapeau rouge sur la mairie. Un officier faisait toujours un discours de circonstance où il félicitait les habitants du bonheur dont ils allaient jouir à l'abri des exactions du gouvernement insurgé de Versailles. Pour leur prouver que la Commune respectait la propriété, on avait déjà fait des réquisitions. Quant à la liberté individuelle, on s'emparait de tous

fes jeunes gens qu'on incorporait dans les bataillons fédérés.

Un pareil système devait évidemment produire de tristes résultats, et les cultivateurs s'empressaient d'appeler les Allemands à leur aide s'ils se trouvaient dans la zone neutre. Mais tous les villages n'avaient pas cette ressource, et ceux qui se trouvaient entre l'enceinte fortifiée et les forts du sud, de même que Neuilly, Levallois- Perret et Clichy au nord-ouest^ durent subir les exigences des communaux.

Le 7 avril, on annonça qu'une révolution venait d'éclater à Limoges. La Commune donnait sur ce fait les détails suivants :

Nous recevons de Limoges des nouvelles d'une haute gravité. Nous nous bornerons aujourd'hui à en faire le narré, que nous tenons d'un habitant notable de cette ville, arrivé ce soir à Paris.

Le 4 de ce mois, un détachement de 450 hommes, appartenant au 9« régiment de ligne, reçut un ordre de départ pour Versailles. Les soldats se dirigèrent vers la gare aux cris de : Vive la République! et tout le long de la route la foule les accueillit par des bravos mille fois répétés. Arrivés à la gare, ils déclarèrent qu'ils ne se battraient point contre leurs frères de Paris. Et, au même instant, pour donner plus d'autorité à leur engagement, ils remirent à la foule, aux ouvriers qui les entouraient, leurs armes et leurs cartouches; puis ils rentrèrent en ville. Leur retour, l'attitude énergique qu'ils venaient de prendre en présence de leurs officiers firent une telle impression sur le peuple, que des centaines

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