CHAPITRE XVII
de guerre sera volontaire, et de dix-neuf à quarante obligatoire pour les gardes nationaux, mariés ou non.
J'engage les bons patriotes à faire eux-mêmes la police de leur arrondissement et à forcer les réfractaires à servir.
Ce qui restait d'hommes valides dans Paris, ne servant pas la Commune, fut traqué et incorporé de force dans les rangs des fédérés.
Des escouades de gardes nationaux se rendaient chez les réfractaires, les arrêtaient et les mettaient dans les compagnies de marche. Il y eut des quartiers où Ton n'osa pas exécuter le décret. Les opposants étaient nombreux et menaçaient d'opposer la force à la violence.
Le ministère de la guerre faisait appel aux citoyens sortant des écoles spéciales qui désireraient un emploi dans le service des fortifications. Il annonçait des adjudications de fonte pour fabriquer des projectiles, demandait des artiûciers qui, paraît-il, faisaient défaut à la cartoucherie de Vanves, et organisait des bataillons de chasseurs fédérés.
Une commission des barricades, présidée par le commandant de place et composée de capitaines du génie, de deux membres de la Commune et d'un membre élu par chaque arrondissement, était instituée et devait se réunir immédiatement.
Après les plaintes sur les galons, Cluseret se plaignit de l'abus qu'on faisait du tambour et du clairon. Il disait dans son ordre :
Depuis quelques jours il règne une grande confusion dans certains arrondissements; on dirait que des gens payés par Versailles prennent à tâche : 4*" de fatiguer la garde nationale ; 2« de la désorganiser.
On fait battre la générale pendant la nuit.
On bat le rappel à tort et à travers. En sorte que personne ne sachant plus auquel entendre, on ne se dérange même plus, et cette puissante institution, cette armée, espoir et salut du peuple, est à la veille de sombrer sous son triomphe.
Un tel état de choses ne saurait subsister plus longtemps. En conséquence, j'invite tous les bons citoyens à se pénétrer des instructions suivantes :
La générale ne sera battue que par mon ordre ou celui de la commission executive, et dans le seul cas de prise d'armes générale.
Le rappel ne sera battu, dans les arrondissements, que par ordre de ta place, signé du commandant de la place, et pour la réunion d'un certain nombre de bataillons commandés pour un service spécial.
Ce n'est pas tout : malgré mes ordres formels, une canonnade incessante diminue nos provisions, fatigue la population, irrite les esprits et amène d'un côté la fatigue, de l'autre la colère et la passion.
En sorte que cette révolution si grande, si belle et si pacifique, pourrait devenir violente, c'est-à-dire faible.
Nous sommes forts; restons calmes!
Cet état de choses est dû en partie à des chefs militaires trop jeunes et surtout trop faibles pour résister à la pression populaire. L'homme du devoir ne connaît que sa conscience et méprise la popularité. Je réitère l'ordre d'avoir à se tenir