CHAPITRE XVII
sur la plus stricte défensive, et à ne pas jouer le jeu de nos adversaires en gaspillant et nos munitions et nos forces, et surtout la vie de ces grands citoyens, enfants du peuple, qui ont fait la révolution actuelle.
Quand le bruit aura cessé, que le calme de la rue aura passé dans les esprits, nous serons beaucoup plus aptes à perfectionner notre organisation, d'où dépend noire avenir.
£n attendant, citoyens, laissons de côté toutes ces petites rivalités, toutes ces personnalités mesquines, qui tendent à désunir ce magnifique faisceau populaire formé par la communauté de la souffrance. Si nous voulons vaincre, il fuut être unis. Et quel plus beau, plus simple et plus noble lien que celui de la fraternité des armes au service de la justice 1
Formez vite vos compagnies de guerre, ou plutôt complétez-les, car elles existent déjà.
De dix-sept à dix-neuf ans, le service est facultatif; de dix-neuf à quarante ans, il est obligatoire, marié ou non.
Faites entre vous la police patriotique, forcez les lâches à marcher sous votre œil vigilant.
Aussitôt que quatre compagnies, formant au minimum un effectif de 500 hommes, seront constituées, que son chef de bataillon demande à la place un casernement. En caserne ou au camp, son organisation s'achèvera rapidement, et alors tout ce trouble, toute cette confusion s'évanouiront au souffle puissant de la victoire.
Danton demandait à nos pères de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace; je vous demande de l'ordre, de la discipline, du calme et de la patience : l'audace alors sera facile. En ce moment, elle est coupable et ridicule.
11 en fut de cet ordre comme' de la suppression des
galons. Le vacarme des tambours et des clairons résonna de plus belle. Le délégué à la guerre ne savait pas se faire obéir.
La suppression des sous-comités avait porté un coup qui pouvait être mortel au Comité central. Celui-ci chercha à reprendre son influence directe sur les bataillons, et força Cluseret de signer Tordre suivant, qui rétablissait, sous une autre forme, les choses dans leur ancien état :
Chaque compagnie doit élire trois délégués, sans distinction de grade, pour former le cercle du bataillon, avec un officier nommé par le corps des officiers et le chef de bataillon.
Les cercles des bataillons d'un arrondissement doivent élire deux délégués pour former le conseil de légion avec les chefs de bataillon de l'arrondissement.
Les conseils de légion de chaque arrondissement doivent élire trois délégués pour former le Comité central.
Les chefs de bataillon d'un arrondissement désignent à l'élection l'un d'eux comme chef de légion pour faire également partie du Comité central.
Un des délégués de compagnie est spécialement désigné pour assister aux assemblées générales de la Fédération et en rendre compte à ses commettants.
Assistent également aux assemblées générales : les officiers élus par le corps d'officiers de leurs bataillons et les chefs de bataillon.
Les cercles de bataillon et les conseils de légion sont des conseils de famille qui doivent spécialement s'occuper des intérêts pariiculiers de leurs mandants ; ils ont à connaître