‹ Histoire de la communeChapitre 87 sur 178 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

r autorisation du Comité de sûreté générale. L'invitation avait été affichée, lorsque, dans la journée, des familiers de THôtel de ville n'hésitèrent pas de dire tout haut que si la foule se rendait au rendez-vous qui lui était fixé, les scènes delà place Vendôme se renouvelleraient, mais dans des proportions plus grandes.

a Le 22 mars, c'est avec des chassepots qu'on a dispersé les manifestants, aujourd'hui ce sera avec des mitrailleuses, » s'écria un membre de la Commune.

Vers quatre heures du soir, un avis signé Delescluze prévenait que la réunion n'aurait pas lieu, qu'elle serait dispersée par la force. Or on savait par expérience comment la Commune se servait de la force, et la place de la Bourse resta vide.

Seulement on voulut arrêter M. Vrignault, qui fut averti, s'échappa et put se cacher. Il écrivit de sa retraite des articles dans son journal, et eut la chance de dépister ses persécuteurs.

Deux des membres les plus considérés de la Commune, MM. Ranc et Lefèvre, avaient donné leur démission dès le 5 avril. Les élections complémentaires qui devaient avoir lieu le 10 furent reculées jusqu'au 16. Comme on arrêtait à tort et à travers dans Paris , la commission executive s'émut. Les prisons menaçaient d'être trop petites vu le nombre des prisonniers. On publia le décret suivant :

Yu le vote de la Commune du 5 avril, relatif à une enquête sur les arreslalions faites par le Comité central et par la corn-

mission de sûreté, la commission executive invite la commission de justice à instruire immédiatement sur le nombre et la cause de ces arrestations, et à donner Tordre de l'élargissement ou de la comparution devant un tribunal et un jury d'accusation. La commission de justice doit d'urgence s'occuper d'une mesure qui intéresse si particulièrement l'un des grands principes de la République, la liberté.

Comme la population s'inquiétait des arrivages des matières premières par les canaux et les chemins de fer, qu'elle craignait de manquer de gaz si la houille faisait défaut, l'ingénieur de la Commune, Bernard Peyrouton, fournit des explications qui donnèrent un peu de tranquillité :

La consommation journalière de houille pour l'éclairage de Paris est actuellement de 670,000 kil. Or, aujourd'hui 7 avril, la Compagnie parisienne a en magasin un tonnage de 18,000,000 kil. de houille qui assure l'éclairage de Paris pendant trente et un jours, si l'on lient compte de la dimi> nution de ta durée de Péclairage pendant le mois qui va suivre.

De plus, il est inexact que les arrivages aient été interrompus un seul jour, et, d'après les renseignements les plus certains, la Compagnie parisienne a reçu par la voie du Nord cinquante et un wagons de charbon, du 6 au 7 avril.

La population de Paris peut donc être assurée que l'éclairage de la ville sera maintenu. Il le sera d'autant plus facilement que la grande majorité des employés de ce service important ont adhéré à Tadministration de la Commune.

De la part des hommes de la Commune on s*att?n-

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