‹ Histoire de la Commune de 1871 (volume 2)Chapitre 53 sur 107 · LE DIX II OIT MAKS · texte numérisé non relu

LE DIX II OIT MAKS

le « Parisien » accoutumé aux lisières, s'en plaignant ouours maisne pouvant jamais s'en passer, c'était une ua-

tion anormale très inquiétante aussi que de se sentir en bert Chacun s'alarmait, comme un marmot égaré dans une ouie. H faut un bâton à Faveugle, et un gouvernèrent à la population, dans la nuit d'événements comme Teu. du i-n^ars.On avait depuisl'enfancedepuisplus Ion

ncore par l'atavisme, acquis rhabitude delà lutelle^ Acco^ un a t-tre guidés, commandés pour les actes les plus é étumes a a e g ^^^^ ^^ l'existence privée,

mentaires de la vie puunH" ■ „, t. \a n^n-îf^p

la collectivité, comme l'individu, ^'^^^'f^'ll-l^l'^^ ae se trouver brusquement dépourvus de 1 '^-^^^TZZ Commentse passer du Po^-ir-patron comman ant ou e supposé avoir tout prévu et pourvu atout? Cette absence d^ „aUre déroutait. Paris était alarmé, se voyant ingouverne^ L'inxiélé lé-itime que causait, dans toutes les classes de la popul principalement dans la classe possdane

a sTeri-approche des Prussiens, et leur sépur dans la ville firsurtout déplorer la privation de tout gouvernement^ Le coup de fusil fortuit, que M. Thiers redoutait devenant le signal d'une tuerie atroce et d'une miseà sac furieuse,hantaTaussilesimagiuations bourgeoises.Beaucoupdeceu. u^

réclamaient une audacieuse marche en avant de la garde na ioTale, afin de barrer le passage à l'armée d occupation tremblaient intérieurement que les nsque-tout ne fussent pris au mot; on mourait de peur à la supposit on aueceuxTui conseillaient le calme pourraient ne pas être lou éllls le furent, et alors la détente et le soulagement Shtèrent les poitrines. Comme l'esprit populaire est toujours enclin à attribuer à une intervention positive, à un ZZr visible et acclamable,lesalutd'oùquilm vienne même quand il est issu visiblement de la situation, et qu .1 r,t"a lultante d'une volonté collective, on fit honneur à ce

IliSIUlUE DE LA COMJIUNE DE iS^I

Comité Central, né de la veille, à peine formé, de la tranquillité publique conservée et du péril évité. La reconnaissance de la foule est souvent aussi peu méritée que sa haine. On savait qu'un comité, nouvellement organisé, avait pris la parole au nom de 2i5 bataillons qu'il affirmait représenter, pour déconseiller toute résistance à l'entrée des Prussiens, et qu'il avait été entendu. Donc ce Comité était une force ; il était le pouvoir dont on regrettait l'absence, le tuteur dont on était en peine. On était sauvé! Les sauveurs étaient des inconnus, de petites g-ens, peut-être des illettrés et des incapables ? N'importe ! Ils avaient tenu le lang-ag-e nécessaire, et obtenu le résultat que l'on attendait du g-ouvernement et de l'assemblée, absents et muets. On était bien près de crier : vive le Comité Central ! puisque ce Comité-là avait tout remplacé, avait empêché un désastre et maintenait cette divinité tutélaire, qui semblait à tou.s indispensable : le gouvernement.

La fonction crée l'organe, dit la science moderne : le comité d'inconnus avait remplacé Thiers, Jules Favre et les autres Césars du moment. Il avait fait fonction de gouvernement, à lui donc de gouverner I Let hinpe Coesar/ crie le peuple de Shakespeare au tribun Antoine proclamant qu'il n'y a plus de César. Tout, même un pouvoir dont on ne pouvait désigner par leurs noms ceux qui l'exenjaient, plutôt que pas de pouvoir ! c'était le cri des Parisiens. La population ne pouvait supporter quelques jours, quelques heures, la vacance de gouvernement. Ainsi la nature, selon les anciens physiciens, avait en horreur le vide.

Le Comité Central se trouva donc, par la force des choses, et par le consentement formel de quelques-uns, tacite du plus grand nombre, investi del'autorilé, durant les semaines d'attente qui suivirent l'entrée des Prussiens.jusqu'à la proclamation de la Commune de Paris.

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Ce comité fut un pouvoir, non pns occulte comme la dit faussement M. Tbiers, et comme l'ont répète soUemeot le publicisles d'alors, et aussi les historiens -^^sequents lif obscur et débonnaire. Il n'était pas occulte, puisque Te terme veut dire caché, alors que le Comit se montrait, pa rTrcbaque jour dans vin.t réunions; il f ^^^V?- .T^" nyme non plus, puisqu'il couvrait les murs de Pans d affiches portant les noms de ses membres.

Dès' le 4mars, il publiait le manifeste suivant expliquant son origine, notifiant à tous son existence, rendant compte avec un' légitime orgueil, de son intervention au moment de l'occupation prussienne :

Le Comité Central de la garde nationale ^^^^^^ ^^IX.Z

mission provisoire nommée pour l'élaboration des statuts : c'était l'expression réelle de l'émotion ressentie par la population.

Quand la convention relative à l'occupation fut officiellement connue, le Comité Central, par une déclaration affichée dans Paris, eng^ao-ea les citoyens à assurer, par leur concours énergique, la stricte exécution de cette convention.

A la garde nationale revenait le droit et le devoir de protéger et défendre ses foyers menacés. Levée tout entière spontanément, elle seule, par son attitude, a su faire de l'occupation prussienne une humiliation pour le vainqueur.

Ce placard, bien qu'imprimé sur papier roiig-e, n'avait rien d'effrayant. II était plutôt conçu en termes rassurants, puisque les auteurs repoussaient « les calomnies tendant à l'accuser d'e.xcitation au pillage d'armes, de munitions, et à la guerre civile ».

Il répondait ainsi aux imputations et aux craintes, soigneusement entretenues à Paris, et exagérées à Bordeaux, que pouvaient faire naître la possession des canons soustraits aux Prussiens avec la mise en état de défense de Montmartre, des Buttes-Chaumont et de quelques autres points, où les canons se trouvaient déposés et gardés.

Ce terrible Comité fut cependant si peu entreprenant, si peu agressif, et l'on pourrait ajouter si peu révolutionnaire, que, pendant les trois semaines qu'il exerça le pouvoir, à la tête des bataillons les plus énergiques, ayant les hauteurs et les canons à sa disposition, de plus, respecté, obéi par la majorité de la garde nationale, il ne fit rien, pas même le Dix-Huit Mars.

Le Dix-Huit Mars, en effet, n'a qu'un auteur : Monsieur Thiers.

Cette insurrection, tout le monde en parlait et personne n'y croyait. M. Thiers seul pouvait la prévoir, puisqu'il la préparait, puisqu'il savait comment en provoquer l'explosion. Il est difficile de prouver l'existence d'un plan qui ne

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f„l hmais écrit, et que son auteur a voulu tenir secret. Ni à ; r ni Erne's t Picard, n,,nistre ^e n^^^^--"' ^ ^«^

nLl d'Aurellc de Paladines, investi du commandant :::J^eur de Vde nationale, ni le général Valent.n,

mmé préfet de^lice, trois jours avant le signal ducoup

:;:7o"ce'ne furent'tenus d'avance au courant des combina.

sins machiavélifTues de Tliicrs.

in" nsurreclTonparisiennesemblait possible sansdout,

et des précédents permettaient d'en concevoir éventualité T„.i, bien des raisonnements se présentaient à 1 e>pnt, qui r la- Tent écarter l'h.potb.se. ^^^^^J^^^^ parisienne ne semblait avoir m goût m intérêt a tenter une Eution. Elle était épuisée, appauvrie; elle «va. besom de se refaire des privations et des chômages du siège, elle devait prouver le désir de déposer le fusi et de reprendre Tout -de plus, elle possédait la forme de gouvernement anV^' aimait qu'elle voulait ; elle avait la République. Snt : qTet pourquoi se souléverait-elle . Sans doute cette RéDublinue était instable, et paraissait menacée Des hober au" imprudents et fanfarons, àBordeaux, parlaien t chaque instant de la supprimer. Mais c'était plus ac. e à énoncer qu'à réaliser, cette suppression. U y aura t peutreune majorité parlementaire P^u-oter la decheaiice^ la République, comme on avait voté celle de la d nastie lapolLienne, mais alors il fallait rencontrer aussitôt une au re maiorité, pour restaurer la monarchie.

Laa^c le? l 'empire était, de l'avis de tous, impossible et la îrT érence queBismarck témoignaità ce régime n etai pa faite pour faciliter son', adoption. Serait-ce la ropu orléaniste ? Mais les vrais royalistes, les partisans entêtés de la légitimité repoussaient la fusion, et ne voulaient pas tvaillexpour la branche cadette. Pouva.l-on croire a une rTs uration de la monarchie traditionnelle, à l'avènement

de Henri V? Mais la bourg-eoisie, qui eût peut-être accepté la royauté constitutionnelle, « la meilleure des républiques », disait-on chez le banquier Laffite, après les journéesde i83o, n'avait que de la répulsion pour l'ancien rég-ime. Les orléanistes ne pouvaient se rallier au drapeau blanc; Henri V repoussait le drapeau tricolore, qui était à ses yeux le drapeau de la Révolution. Si le peuple de Paris, recueillant les bruits et les menaces de la réaction, prêtant l'oreille aux forfanteries des adversaires de la République, estimait celle-ci en danger, M. Thiers, lui, savait que c'était une crainte exagérée et vaine, que la fusion était interdite, et que les ruraux de Bordeaux seraient bien forcés de supporter la République, puisqu'on l'avait. On ne savait par qui la remplacer, etelle était le ré^'ime qui « divisait le moins », qui laissait à tous les partis l'espérance et tenait en haleine toutes les convoitises. Cependant, il ne cherchait pas à démentir, par des actes, par des faits, celte rumeur que la République était en danger. Cette crainte servait .ses dosseins.

Ce qui prouve bien que, même parmi les membres de l'Assemblée, peu favorables à la démocratie, on ne croyait pas à l'imminence d'une révolution à Paris, c'est le nombre de ceux qui votèrent le départ de Bordeaux, et l'installation à Versailles. S'ils avaient cru à l'explosion d'un Dix- Huit Mars, les ruraux eussent attendu, avant de siég-er à Versailles, et ne se seraient pas hasardés à venir se log-er à proximité des canons, et même des fusils des insurgés. Ils ne voulurent pas accepter Paris comme siège de l'Assemblée, parce qu'ils redoutaient des surprises populaires, des échauffourées, des envahissements soudains, comme au i5 mai 48, dont le souvenir fut rappelé à Louis Blanc, au cours de la discussion. Ils consentirent à se rendre à Versailles, parce qu'ils ne supposaient pas qu'ils s'y trouve

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raient enfermés comme dans un camp retranché, à la smte a'un formidable soulèvement. Ils avaient admis qu .1 pouvait se produire des troubles, des émeutes, à Pans, ma.s en .nème temps, ils se diraient que le gouvernement aurai ImptemL; raison de ces aventureuses re^belhons, comme !l avait facilement rétabli l'ordre au 3, octobre et au .2 janvier A Versailles, on ne ressentirait rien de ces secousses, ,,ue'les circonstances et l'état des esprits pouvaient faire prévoir, mais nullement redouter.

' Des fortes têtes de la réaction, soutenues par des notoriétés du centre gauche et de la gauche modérée, taisaient ,„ème remarquer que, si les forces répressives dont on pouvait disposer, en ce moment, semblaient un peu taible la convention d'armistice n'ayant permis que le maintien sous les armes de la division Faron, environ '^•°;';^-^™;' avec des i;endarmes et la police.on pouvait toutefois compter, comn« au 3, octobre, si une insurrection « a lumait sur les bataillons modérés, pour l'éteindre aussitôt En grande partie, la garde nationale se '^-"P-^'V n^"l's geois, de commerçants, d'emplovés, qui ne voulaient pas fe désordre, et, comme en juin 48, ces am.s de 1 ordre feraient avec ardeur le coup de feu sur les rouges, sur ceux nui voudraient établir la république socialiste.

L'assemblée nationale était donc rassurée, et, par ^bi voix contre .54 sur 58. votants, elle décida,dans la séance du .0 mars, de siéger à Versailles.La première séance fut lixée au lundi 20 mars. L'assemblée ne se doutait donc pas qu'elle allait au-devant d'une révolution, et que ses memîies ne pourraient pénétrer que par la brèche dans ce Paris, qui leur faisait à la fois peur et envie.

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